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Aérien Les dessous de l’affaire Ryanair-ONDA


Mercredi 4 Juillet 2012

S’agit-il d’une maladresse de Ryanair, qui a menacé de se désengager du Maroc à cause de l’ONDA ? Sûrement, puisque la responsabilité de l’ONDA est quasi-absente. D’ailleurs, les frais de l’ONDA sont loin d’être aussi coûteux qu’on le prétend. Explications.



Aérien   Les dessous de l’affaire Ryanair-ONDA
 
S’agit-il d’une maladresse de Ryanair, qui a menacé de se désengager du Maroc à cause de l’ONDA ? Sûrement, puisque la responsabilité de l’ONDA est quasi-absente. D’ailleurs, les frais de l’ONDA sont loin d’être aussi coûteux qu’on le prétend. Explications.
 
L’objet du litige entre Ryanair et l’ONDA tourne autour du hadling. La compagnie irlandaise a enregistré de mauvaises performances depuis octobre 2011, ce qui a poussé les handlers a revoir les tarifs de leurs prestations à la hausse.
 
A quoi joue la compagnie low-cost Ryanair qui a menacé récemment les autorités du tourisme et l’Office national des aéroports (ONDA) d’un éventuel désengagement du Maroc ? Et quel est l’objet précis du litige invoqué par Ryanair à l’encontre de l’ONDA ? Il convient de rappeler que Ryanair a tiré à boulets rouges sur l’ONDA car, selon Ryanair, ce dernier n’aurait pas respecté ses engagement ni le contrat signé avec la compagnie sur le volet Handling.
 
 Ryanair accuse en effet l’ONDA de monopole au niveau du handling, ce qui aurait entrainé une augmentation des tarifs. Toutefois, aucun contrat ou accord spécifique n’a été signé entre les deux parties, à en croire une source bien informée. De plus, l’ONDA ne s’est nullement engagé avec Ryanair sur certaines clauses relatives au handling. Pour tirer cette affaire au clair et savoir ce que reproche exactement la compagnie irlandaise à l’ONDA, le Soir Echos a tenté de joindre Ryanair, en vain.
Swissport négocie avec Ryanair. Ceci-dit, pour avoir plus de précisions, Le Soir Echos a contacté l’un des plus grands handlers opérant au Maroc, à savoir Swissport. Si Gion-Pieder Pfister, PDG de Swissport Maroc ne nous a pas révélé de détails sur cette affaire, il nous a confirmé par ailleurs que les négociations sont en cours avec la compagnie aérienne. « Les négociations avec Ryanair ne sont pas terminées, donc il est impossible de vous dire quoi que ce soit maintenant. En plus, nous ne pourrons pas communiquer les détails des accords entre Swissport et les clients car ils sont toujours soumis à une clause de confidentialité.
 
Ryanair est un excellent client de Swissport dans les aéroports de London Luton ainsi que de Madrid où nous gérons l’assistance de leurs hubs. Notre interprétation est qu’il s’agit de l’annulation de 17 rotations (paires de vols équivalant à 34 allés ou retours simples). Cela pourrait mettre les choses dans une perspective un peu différente », nous déclare Pfister.
 
Pas de monopole de handling
L’objet du litige se situe au niveau des handlers et non de l’ONDA. Car même si ce dernier sélectionne des handlers suite à des appels d’offre internationaux, le cahier des charges imposé par l’Office marocain prévoit, entre autres, des niveaux de qualité répondant à des standards internationaux ainsi qu’un prix plafond qui reste « très compétitif », selon l’ONDA. De plus, l’Office a reçu des niveaux de remise prévus par les handlers en fonction de différents critères (nombre de vols, tonnage, nombre de passagers…). Par la suite, les compagnies aériennes négocient leur tarifs directement avec les handlers sélectionnés, qui sont tenus de respecter les remises proposées lors de l’appel d’offre sur les tarifs plafond. 
 
 Actuellement, une répartition géographique en trois zones (Nord, Sud et Casablanca) a été opérée lors de la concession de l’activité handling au Maroc. Les sociétés qui se partagent ces zones sont Swissport, Globalia et RAM Handling. Difficile donc de parler de situation de monopole, comme cela a été évoqué par Ryanair. Aussi, l’ONDA n’a pas autorité pour interférer dans les négociations commerciales entre les compagnies et les handlers. Et c’est là où se situe le différend. Ryanair, depuis octobre 2011, a enregistré de mauvaises performances. Ses volumes ne sont plus conséquents et les arrivées ont considérablement baissé.
 
De ce fait, les tarifs appliqués par les handlers ont été revus à la hausse, en prenant en considération notamment le tonnage et le nombre de passagers. Alors pourquoi s’en prendre directement à l’ONDA et au ministère du Tourisme si les autorités marocaines ne fixent pas les tarifs de handling directement avec les compagnies et qu’aucune situation de monopole n’existe au Maroc depuis 2004 ?
 
Des tarifs aéroportuaires compétitifs
On pourrait, par ailleurs, s’interroger sur les frais et tarifs aéroportuaires appliqués par l’ONDA à Ryanair et qui n’ont, rappelons-le, rien à voir avec le handling. Ainsi, sur le volet des redevances perçues par l’ONDA, l’aéroport de Casablanca comme les autres aéroports nationaux connaissent une baisse de 120 DH (100 DH + 20 DH du timbre par titre de voyage) relative à la suppression de la taxe d’équipement aéroportuaire (TEA).
 
Parallèlement à cette suppression de la TEA, l’ONDA a procédé à la reconfiguration des redevances. Aussi, tous les aéroports autres que Casablanca connaissent une baisse de la redevance passager depuis le 1er avril 2012. « En ce qui concerne l’aéroport de Casablanca, l’effet de la suppression de la TEA viendra contrebalancer la hausse des redevances, en vigueur depuis le 1er avril 2012 », nous précise l’ONDA. 
 
Suite à ces efforts, consentis selon l’Office pour rendre les aéroports marocains plus compétitifs et les moins chers du pourtour méditerranéen (voir encadré), le chiffre d’affaires de l’ONDA sera impacté d’environ 90 millions de dirhams par la suppression de la TEA et de 67 millions de dirhams par la baisse de la redevance passagers. De ce fait, la question qui revient en boucle et reste en suspens est donc de savoir pourquoi Ryanair menace directement, par des communiqués de presse fracassants, les autorités marocaines alors que l’objet du conflit se situe au niveau des handlers.
 
Benchmark avec d’autres aéroports
Prix moyen du billet Rabat-PARIS aller simple: 2 200 DH
Avant 1er avril 2012 : Redevance aéroport+TEA/Billet d’avion : 11% du billet d’avion, soit 248 DH
Après 1er avril 2012 : Redevance aéroport/Billet d’avion : 6% du billet d’avion, soit 141 DH

Prix moyen billet Marrakech-PARIS aller simple 1800 DH
Avant 1er avril 2012 : Redevance aéroport+TEA/Billet d’avion : 14% du billet d’avion soit 248 DH
Après 1er avril 2012 : Redevance aéroport/Billet d’avion : 8% du billet d’avion soit 141 DH

Prix moyen billet Casa-PARIS aller simple 1800 DH
Avant 1er avril 2012 : Redevance aéroport+TEA/Billet d’avion : 16% du billet d’avion soit 283 DH
Après 1er avril 2012 : Redevance aéroport/Billet d’avion : 16% du billet d’avion soit 283 DH.
 
Baisse des redevances
Mis à part l’aéroport de Casablanca, les tarifs des autres aéroports marocains restent inférieurs à la majorité des aéroports méditerranéens. Un benchmark a été réalisé au niveau de l’ONDA, dont voici les grandes lignes :
 
Les aéroports marocains (autres que Casablanca) sont inférieurs de 20% par rapport à certains aéroports tunisiens ; ils sont inférieurs de 35% par rapport à Madrid, inférieurs de 40% par rapport à Lisbonne, inférieurs de 26% par rapport à Istanbul et inférieurs de 53% par rapport à Paris. « Cela encouragera certainement les compagnies à atterrir à Rabat- Salé, Marrakech par exemple qui sont respectivement à 1 heure et 2 heures de Casablanca », ajoute l’Office.
 
Ainsi, avec cette restructuration tarifaire, l’aéroport de Casablanca reste moins cher d’environ 10% par rapport aux aéroports de Paris, un hub international plus cher que certains aéroports méditerranéens
 
 Le Soir-echos   Mohamed Amine HAFIDI

Mohamed Rial



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