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Agadir Tourisme Le All Inclusive « nous a tuer ». UN mal nécessaire ? Non un mal tout court !


Jeudi 15 Mai 2014

Le secteur touristique est une composante économique importante à Agadir. Ces dernières années depuis 90, des activités liées directement au secteur de l’hôtellerie et du tourisme, (bazars, restaurants, commerce divers, transport touristique, excursions…) souffrent sérieusement de la formule Tout Compris, le fameux All Inclusive ( All In pour les professionnels). C’est tellement véridique que les victimes de ce phénomène crient « le All Inclusive nous a tuer ». Est-ce un mal nécessaire ? Non, répondent-ils, c’est un mal tout court.



Agadir   Tourisme   Le All Inclusive « nous a tuer ». UN mal nécessaire ? Non un mal tout court !
 
    Le secteur touristique est une composante économique importante à Agadir. Ces dernières années depuis 90, des activités liées directement au secteur de l’hôtellerie et du tourisme, (bazars, restaurants, commerce divers, transport touristique, excursions…) souffrent sérieusement de la formule Tout Compris, le  fameux All Inclusive ( All In pour les professionnels). C’est tellement véridique que les victimes de ce phénomène crient « le All Inclusive nous a tuer ». Est-ce un mal nécessaire ? Non, répondent-ils, c’est un mal tout court.
 
  En effet, il ne se passe plus une année, sans que ce nouveau mode  de commercialisation en hôtellerie ne fasse des victimes économiques au niveau du secteur.  Les touristes sont cloîtrés, pour ne pas dire volontairement séquestrés, dans  les hôtels, en grande majorité des villages club, sans sortir, nuit et jour.  Evidemment il y en a qui sortent, malheureusement, ils restent une très fine  minorité. D’ailleurs, on ne voit plus les touristes en ville comme avant depuis l’instauration du All In.
 
       Nombreux seront ces touristes qui sont venus passer une semaine à Agadir  sans connaître de la ville que la  plage et l’hôtel. Non seulement des activités économiques parallèle au secteur en  souffre sérieusement : des commerces qui ferment, des bazars qui font faillite, des restaurants qui se sont  transformés en cabaret pour survivre, quand ils ne sont pas en vente, des taxis dont le chiffre affaires a baissé effroyablement, mais en plus les touristes se font rares le jour et la nuit en ville, pourtant ils sont dans des hôtels.
 
   Dans cette formule, il y a tout de même un gagnant, bien sûr, ce sont les Tour  Operateurs, qui imposent leur loi Le phénomène du regroupement des TO, donnant comme résultat la naissance des géants du tourisme (TUI, Thomas Cook, respectivement premier et deuxième opérateurs européens et mondiaux),  qui a révolutionné la donne en matière du tourisme. Les TO regroupés (cinq grands européens) maîtrisent le tourisme dans ses différents composantes (production de voyage, hôtellerie, excursions, golf, transport touristique, bien-être , tourisme thermal, croisières, aérien, etc…
 
  Résultat ils dictent leur loi et imposent leur vision des choses. En des moments de crise, ils le font avec un forcing marketing sans scrupules, face à des hôteliers pris en « otage marketing » qui ne cherchent que le remplissage des établissements, à n’importe quel prix. Le All inclusive est parmi la formule la plus avantagée, la plus poussée à l’extrême, par ces opérateurs du tourisme. Evidement, cela se fait au détriment des prestations et avec des tarifs, souvent très bas voir incroyables dans certains cas. Des hôtels qui  vendent la chambre en All inclusive à 220 DH : par jour, soit 20 euros. IL y en a qui le font plus bas encore !
 
         Pour des hôtels qui vendent le All inclusive à de tels tarifs, avoir l’établissement plein à 80% ne peut pas dire forcément  faire un bon chiffre d’affaires et  encore moins un bénéfice. Lorsqu’un hôtel quatre étoiles, pied dans l’eau  vend le All Inclusive (qui permet au client de boire et de manger  non stop de 6 heures du matin à minuit, autant qu’il le désire) à 210  euros la semaine, soit 250 DH par jour, on  se demande comment il fait pour s’en sortir et pour rentabiliser. Et surtout  ce qu’il peut proposer comme nourriture de  bonne qualité. Le résultat sur le terrain est vraiment décevant.
 
    Ce qui est important à savoir dans cette situation  touristique particulière relevant du All Incusive qui fait un vrai ravage dans la  destination, est que cette formule a été inventée par les TO pour être  appliquée dans des destinations touristiques se trouvant dans des îles, hors de  toute zone urbaine, donc loin des villes et des populations locales. Dans ces îles, le client n’a pas où aller, ne peut rien  acheter, ni rien voir non plus. On lui amène donc le nécessaire dont  il a besoin, chez lui dans l’établissement de séjour. Une bonne formule All  Inclusive offre au client  l’hébergement, la nourriture, les boissons alcoolisées et autres, animation, à  volonté de 6 heures du matin à minuit.
 
          Or Agadir étant une destination balnéaire urbaine, se situant en plein  centre ville, le All Inclusive  n’a nullement sa place du tout. Agadir ne peut être  comparée à des destinations touristiques tunisiennes, turques, ou égyptiennes se trouvant hors des zones urbaines, dans des stations purement balnéaires loin des agglomérations urbaines. Il est intéressant de rappeler que partout au Maroc, le tourisme  est  d’abord urbain. Nous avons un tourisme de ville. Marrakech qui vient d’être rattrapé par le All Inclusive, en est un cas vraiment flagrant. La capitale nationale du tourisme culturel du pays, rattrapée par le All In, quelle horreur ! C’est un vrai non sens touristique.
 
  La vie dans nos villes  intègre justement la composante touristique et inversement : c’est le cas  de Fès, Meknès, Marrakech, comme est le cas pour Agadir. Cette particularité du tourisme marocain est justement une spécificité bien appréciée par les visiteurs étrangers. Marrakech en tant que destination culturelle par excellence illustre bien ce fait touristique. La   combinaison du tourisme et de l’urbain dans son cadre activités des citoyens au quotidien, fait que le touriste vit des  moments de plaisir, de bons souvenirs, vit également des échanges, des expériences avec la population locale, fait des découvertes sensationnels et exotiques. La rencontre avec autres mentalités, d’autres habitudes, c’est qui rend son séjour touristique plus riche, plus humain et plus agréable et déclenche, après satisfaction, un bon taux de retour.
 
   Le All IN est à l’opposé de tout cela. C’est un tourisme qui transforme l’hôtel en un ghetto. En effet, enfermer des touristes 7j / 7 dans des hôtels, c’est faire tout sauf du  tourisme basé d’abord sur le contact entre visiteur et population d’accueil. L’approche négative du All In poussent les hôteliers jusqu’à faire des mini souks au sein des établissements, de proposer une animation chaque soir et donc boucler la boucler. Le client n’a plus aucune envie (ni « raison ») pour sortir puisqu’il a payé en totalité son séjour avant d’arriver à l’hôtel.
 
  Que faire alors ? Des solutions existent, il suffit d’y prêter toute l’intention, la réflexion et la volonté qu’il faut. Cela exige bien des solutions politiques à court, moyen et long terme. Le All Inclusive n’est pas une fatalité contre laquelle on ne peut rien. Tout est corrigible, lorsque la volonté politique et la conjugaison des efforts y est, dans un bon esprit de concertation et de responsabilité partagée, entre les différents intervenants et opérateurs nationaux du secteur.
 
   En tout cas, pour arriver minimiser les dégâts du All Inclusive sur la destination, dans l’attente d’une radiation totale en milieu urbain, il faut adopter plusieurs solutions pratiques sur plusieurs fronts. La première disposition à prendre, par les Pouvoirs Publics est de pousser au développement du tourisme, des zones touristiques non urbaines, exclusivement adaptées pour le All Inclusive. A Oued Chbika, Plage Blanche, par exemple.
 
   Elaborer des textes réglementaires suite à des décrets ministériels, voire des lois pour adopter des solutions pratiques de terrain. Cela veut dire  penser à bien développer des destinations tout en préservant les partenariats et les relations commerciales avec les TO. Ainsi décréter, à l’instar de la fameuse loi sur la taxe aérienne, que le All In  ne sera désormais plus permis à partir de 2016, dans les destinations urbaines : Agadir, Marrakech, Fès… pour donner le temps aux TO de prendre les dispositions qu’il faut à ce sujet. «  Le Maroc est un pays souverain, avait dit le ministère de tutelle au sujet de la taxe aérienne… » Allez-y monsieur le ministre, appliquez cette souveraineté économique pour nous débarrasser de ce phénomène All In. Tout le grand mérite vous reviendra alors d’avoir marquer un bon point à ce sujet.
 
  Ceci dit, une stratégie d’accompagnement doit suivre en parallèle concernant l’amélioration du produit touristique dans toutes ses composantes. Pour la destination Agadir, beaucoup de travail reste à faire encore dont une stratégie d’animation grand public et des réalisations d’unités culturelles et distractives : aquarium, parcs d’attraction, musées spécialisés, piscine couverte, patinoire, salles de cinéma, salle de théâtre, parcs à thèmes et non des moindres un bon palais de congrès.
 
     Les hôtels emploient un nombre important de personnes. A eux seuls à titre d’exemple, 14 établissements hôteliers dans le STB (Secteur Touristique et Balnéaire), ce sont eux qui marchent d’ailleurs (une quasi totalité en front de mer), et qui font bouger le secteur ; emploient pas moins de 5 000 personnes soit, (5 000 familles à raison de 4 membres par famille), cela fait 20 000 personnes, soit une population assez nombreuse et importante. Si on y ajoute les autres établissements d’Agadir et les emplois directs et indirects du secteur, le poids du tourisme est vraiment lourd à Agadir.
 
    Moralité le secteur du tourisme à Agadir a grandement besoin d’être sérieusement pris en compte, soutenu, accompagné par les Pouvoirs Publics ( ministères compétents, ONMT, ONDA, entre autres) et par les institutions élues dont le Conseil Régional et le Conseil Communal pour jouer pleinement son rôle économique et social en tant que grande vecteur de développement régional grâce aux effets multiplicateurs d’emplois et ce lui de dynamisation de la vie active avec l’amélioration de niveau de vie des populations locales et la lutte contre les disparités sociales.
A bon entendeur, salut
 
Mohamed RIAL

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