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Agadir Tourisme / Plaidoyer La destination balnéaire en perdition : une stratégie de relance urgente, s’impose.


Jeudi 26 Mars 2015

Les handicaps touristiques de la destination balnéaire Agadir sont connus de tous, notamment des responsables : ministère du tourisme, ONMT Autorités, élus, professionnels, entre autres... Le produit touristique gadiri est resté figé, depuis des années, dans sa forme comme dans son offre et sa qualité.




   Les handicaps touristiques de la destination balnéaire Agadir sont connus de tous, notamment des responsables : ministère du tourisme, ONMT Autorités, élus, professionnels, entre autres... Le produit touristique gadiri est resté figé, depuis des années, dans sa forme comme dans son offre  et sa qualité. Première destination balnéaire du Royaume, le produit gadiri a besoin d’un vrai relooking tout azimut. D’une vraie stratégie de sauvetage. La destination est en train de sombrer année après l’autre…
 
    En effet, la destination s’enfonce, ces dernières années, dans une perdition regrettable, avec  une commercialisation très limitée, une « rentabilité » hôtelière de plus en plus régressive. Premier frein  au  développement du secteur touristique: la capacité  hôtelière. Avec à peine 15 000 lits commercialisables, Agadir peine à suivre le rythme d’expansion des stations balnéaires concurrentes qui disposent, elles,  de capacité frôlant les 500 000 lits. Un document de cadrage destiné aux participants à la journée sur le tourisme à Agadir, initié par le CRT et prévue le 28 courant, est en de plus clair.
  Au-delà de la capacité hôtelière insuffisante et défaillante, c’est la vétusté de l’offre dont  souffre en premier lieu la destination. Aujourd’hui, à peine 50% de la capacité hôtelière gadirie est en mesure d’être commercialisée. La restructuration du parc hôtelier impose à travers des mesures d’urgence. Or la complexité des mécanismes de financement actuels freine la  mise à niveau du parc hôtelier. Des solutions pratiques et opérationnelles, s’imposent, hors du fameux plan Révo hôtel (avec toutes ses versions) qui n’a rien donné et n’aura connu qu’une rare adoption vu ses complications administratives et réglementaires.
  Une stratégie de relooking, voire de sauvetage de la destination s’impose, donc plus que jamais. Aux grands Maux, les grands moyens et des solutions pratiques sur le terrain. Les handicaps de la destination, ne sont secrets pour personne et ce depuis des années. C ‘est justement ce cumul des handicaps qui a abouti à la situation sinistrée où se trouve le produit touristique et son offre global. Parce qu’on n’avait rien fait avant au moment où il le fallait, qu’on se trouve actuellement dans cette impasse regrettable portant un préjudice énorme à la destination.


  Les handicaps du tourisme à Agadir concernent notamment une absence flagrante d’animation touristique grand publique (que nous n’avons cessé de soulever dans ces colonnes mêmes depuis des années, sans écho favorable malheureusement). Vient, également en tête de liste, le handicap de manque de capacités litières soulevé par les Tour Opérateurs depuis des années également, notamment par rapport à l’émergence de nouvelles destinations, de dernières générations, dans les pays concurrents.
 
  Ajouter à cela l’éternel problème de chantiers hôteliers inachevés depuis des années, celui des hôtels fermés et celui des établissements hôteliers vétustes. ET dire que le problème dure depuis plus de 15 ans. C’est vraiment incroyable, durant tout ce temps passé, avec le passage des ministres du tourisme qui se sont succédés ces dernières années et de celui des Walis d’Agadir, rien de positif n’a bougé.  Malgré les interventions des élus, la dénonciation, l’explication et les doléances des opérateurs et promoteurs touristiques locaux, on n’aura pas vu de solutions sur le terrain. Rien que des discours et des réunions officielles, incultes. Des paroles, jamais suivies d’actes concrets sur le terrain.

   Jusqu’à quand va encore durer ce délaissement de la destination ? Les Pouvoirs Publics doivent assumer la responsabilité de réagir comme il se doit pour trouver les solutions adéquates et définitives qu’il faut. On ne peut laisser une destination à l’abandon et ce depuis des années. Agadir, destination balnéaire qui se veut l’unique station du pays qui concurrence certaines destinations balnéaires, est délaissée et ignorée de la sorte, face à toute seule à une panoplie de destinations internationales ; est représenté actuellement par un produit peu valorisant décrié par tous. C’est tout de même inacceptable. C’est à la fois insensé et absurde… La situation s’empire d’années en années.
 
   Ainsi, la fermeture ces dernières années d’établissements hôteliers en plein centre ville et pour lesquelles l’état de délabrement ne fait qu’empirer alimente tout autant le déficit d’image de la destination et de son infrastructure hôtelière.  L’absence de dispositif juridique empêche aujourd’hui le règlement de cette épineuse question et nécessite d’envisager des mécanismes juridiques innovants et opérationnels.  Cela frôle le crime économique,  car le manque à gagner en matière économique et social et en devises est énorme à cause de tous ces handicaps décriés par tous, sans un écho favorable de la part du gouvernement et des Pouvoirs Publics.
  Tous les avis sont unanimes pour dire qu’Agadir est une ville morte, rien ne s’y passe et rien de positif n’y bouge depuis des années. Aucune attractivité particulière, pas d’animation structurée, pas d’endroits de loisirs touristiques dans le vrai sens du terme. Bref une destination banale qui ne « survit »  que grâce son seul capital : la plage. La nouvelle promenade en front de mer censée apporter un plus, n’est pas valorisée comme il se doit. En bref, c’est l’ennui total chez les visiteurs ; la déception par rapport à ce qu’offre les autres destinations.
 
  La destination est dans une vraie impasse qui doit cesser de durer. Ce n’est pas une fatalité si la volonté politique de faire changer les choses se met en place dans une synergie entre Pouvoirs Publics, Autorités, élus et opérateurs et professionnels locaux. Sans une stratégie de sauvetage réelle, car c’est bien de cela qu’il s’agit, bien pensée et bien mis en place, avec les moyens et les décisions adéquates, qu’il faut, dans le court, moyen et long terme, on ne sauvera pas Agadir, en tant que destination touristique balnéaire, de l’agonie dont elle est terrassée ces dernières années. Le tourisme est tout de même un important levier économique et social tant au niveau local et régional.
 
   On est arrivé dans une phase critique touristique, bien critique même, à tel point que les grands TO ne trouvent plus d’intérêt à commercialiser la destination, sinon pour vendre le fameux All Inclusive, à bas prix, ne faisant que compliquer encore plus la donne, les prestations et la renommée… La grande preuve nous vient  tout dernièrement du marché allemand (bien exprimé lors de l’ITB  dernier) qui ne s’intéresse plus à la destination et qui l’exprime avec la suppression de sept vols d’un coup. Or sans aérien : vols directs, charters et low cost, aucun développement correct ne se fera pour la bonne raison que 94% des touristes européens utilisent l’avion pour venir à Agadir.
 
 Tout développement touristique donc commence par l’aérien, continue par l’aérien et ne peut se faire sans l’aérien mais … Mais l’aérien doit être basé, soutenu et accompagné par un bon produit hôtelier.  Ainsi donc, une mise à niveau urbaine convenable ( particulièrement celle du secteur touristique et balnéaire), le déblocage des hôtels fermés, en chantiers éternels ou ceux vétustes et à travers une animation touristique riche et variée étalée sur toute l’année, sont nécessaire.
 
   En conclusion, Agadir a besoin d’une sorte de « Plan Marchal » local pour la sauver de la déchéance actuelle qui sera plus grave encore si rien n’est fait dans les trois ans à venir. Le temps n’est plus aux réunions mais aux actions. Aux grands maux, les grands moyens avec la dynamique constructive qu’il faut.
 
 Un dernier point important. Le benchmarking des destinations est intéressant mais il faut comparer le comparable. La destination balnéaire Agadir est actuellement hors compétition et ne peut indiscutablement  être comparée ni Aux Canaries, encore moins à la Turquie ou à l’Egypte. Lorsque ces pays à vocation touristique réalisaient des stations balnéaires entières dernières générations, chez  nous on ouvre un hôtel tous les cinq ans. On est incapable de terminer des chantiers hôteliers éternels et de procéder à la bonne ouverture des établissements fermés.
 
  Le mal est vraiment chez nous. Nous n’avons ni les stratégies de développement touristiques des pays touristiques soit disant « concurrents », encore moins leur dynamique de promotion, le déploiement de leur aérien, l’implication de leur professionnels, de leurs autorités de tutelle et l’intelligence pratique des structures et moyens de financement, d’encouragement des investissements dans le secteur du tourisme. Alors que ces pays avancent bien, nous stagnons voire nous reculons et gravement.
 
  Première destination balnéaire du Royaume, l’avenir touristique d’Agadir est sérieusement menacé, si rien de concret et d’urgent n’est fait. Le produit a besoin d’un nouveau souffle, un nouveau positionnement, une nouvelle vision, de nouveaux Resorts dernières générations, d’une nouvelle dynamique … et une meilleure implication de tous : élus, autorités, professionnels et pouvoirs publics. Déjà de nombreux professionnels crient que la destination est  actuellement en phase de « sinistre ». Comment sera demain si on ne fait rien et tout de suite ? On vous laisse deviner. Ce cri d’alarme est réaliste, responsable et nullement fallacieux…
A bon entendeur, salut

Mohamed RIAL
 

Mohamed Rial




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