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CGEM : Miriem Bensalah-Chaqroun Unique candidate. Mon projet : «Nous voulons réhabiliter l’acte d’entreprendre»


Mardi 8 Mai 2012

Première sortie médiatique de Miriem Bensalah, en tant que candidate unique pour la CGEM. «Il faut améliorer l’environnement juridique de l’entreprise marocaine en adoptant, au plus vite, les textes et les réformes à même de doper sa compétitivité et d’améliorer ses performances», soutient la future patronne des patrons.



Mireiem Bensalah
Mireiem Bensalah
La CGEM devrait agir encore plus pour les PME
Dialogue social: sortir  de la logique des tensions


 Première sortie médiatique de Miriem Bensalah, en tant que candidate unique pour la CGEM. «Il faut améliorer l’environnement juridique de l’entreprise marocaine en adoptant, au plus vite, les textes et les réformes à même de doper sa compétitivité et d’améliorer ses performances», soutient la future patronne des patrons.
 
  L’enjeu de la compétitivité est au cœur des préoccupations de l’entreprise et restera au centre du diagnostic de Miriem Bensalah-Chaqroun. Dans sa première sortie médiatique, l’unique candidate, avec son colistier Salaheddine Kadmiri, à la présidence du groupement patronal annonce d’ores et déjà une CGEM plus offensive. Dans cet entretien, elle détaille ce qui devrait être ses dossiers prioritaires pour le prochain mandat.
 
Question : Vous êtes l’unique candidate à la présidence de la CGEM. Qu’est-ce que cela vous fait d’être élue sans compétition? 
- Miriem Bensalah-Chaqroun:  Je n’ai pas souhaité être dans cette situation et, à l’instar de la majorité des membres de la confédération, je n’aurais pas boudé une compétition à la présidence qui permette une confrontation constructive des programmes et des idées. M. Horani a choisi de se retirer et de m’apporter son soutien. Je l’en remercie. Ceci étant, je suis aujourd’hui candidate avec Salaheddine Kadmiri comme colistier à la vice-présidence générale et nous menons campagne avec encore plus de vigueur. Nous avons entamé une tournée qui nous mènera dans toutes les unions régionales et nous nous réunirons, si les emplois du temps des uns et des autres le permettent, avec la quasi-totalité des fédérations sectorielles. Dans toutes ces réunions, nous exposons notre programme, notre vision de la CGEM et notre ferme volonté de nous engager franchement pour les entreprises de notre pays. Cet exercice nous permet également d’entendre les revendications de nos entrepreneurs dans les différentes régions et les différents secteurs d’activité, car nous sommes avant tout à l’écoute des propositions de nos adhérents. Nous nous présentons pour fédérer.
 
- A votre avis,  que faudrait-il  améliorer dans le fonctionnement de la CGEM, dans ses statuts?
- La CGEM est une institution démocratique et représentative qui fonctionne correctement, et ce, grâce au travail accompli par l’ensemble de mes prédécesseurs. Ceci étant, notre ambition est de permettre à la confédération d’accompagner activement les grands changements en cours dans notre pays. Les entreprises ont une responsabilité qu’elles assument et continueront d’assumer pleinement, et ce, en partenariat avec les pouvoirs publics et les partenaires sociaux. La CGEM devrait agir encore plus pour les PME et s’ouvrir également davantage sur celles-ci et les jeunes entrepreneurs pour leur permettre de se développer, de créer de la richesse, de l’emploi et donc de la croissance. Cette ouverture lui permettra de se renforcer et de développer sa base.
 
  • Quelles seront vos priorités à la tête du groupement patronal?
    - C’est simple, nous voulons réhabiliter l’acte d’entreprendre. Il faut libérer l’initiative privée, rehausser le moral des patrons et des entrepreneurs marocains pour qu’ils soient fiers d’être ces locomotives que l’on doit célébrer à leur juste valeur. La conjoncture que nous traversons est difficile, mais on doit l’accepter sans combattre? Nous devons être offensifs. Dans ce nouvel esprit de consultation constitutionnelle, nous voulons impliquer la CGEM dans la conception, le pilotage et la mise en œuvre de programmes sectoriels comme le pacte national pour l’émergence industrielle, destiné à renforcer notre industrie que nous avons, malheureusement, trop longtemps négligée.
  •  
  •  Il faut par ailleurs être un élément actif de la régionalisation économique. Il est également primordial de développer la compétitivité de l’offre Maroc en travaillant sur la fiscalité, le cadre juridique et l’ouverture sur de nouveaux marchés, notamment en Afrique. La formation de notre capital humain et l’adaptation de cette formation aux besoins du marché revêtent une importance primordiale aux yeux des entrepreneurs. Il faut améliorer l’environnement juridique de l’entreprise marocaine en adoptant, au plus vite, les textes et les réformes à même de doper sa compétitivité et améliorer ses performances.
    Nous devons être pragmatiques et nous atteler à la promulgation du décret d’application de la loi sur les délais de paiement qui déséquilibrent et mettent en péril toutes nos entreprises.
«Nous devrons être vigilantset agiles dans notre capacité à réagir pour trouver des solutions efficaces dans des périodes de crise telle que celle que nous vivons actuellement»
 
- Etes-vous inquiète par les dernières évolutions des chiffres du chômage qui frôle la barre des 10%?
- Comment ne pas être inquiet devant un tel constat? On peut évoquer la crise internationale et ses répercussions sur notre pays, mais est-ce vraiment une fatalité quand on a tant ignoré le développement de notre outil productif et donc notre industrie? Un emploi perdu, c’est une famille en détresse, des enfants en difficulté et c’est le début de l’exclusion. L’emploi a toujours été un thème central à la CGEM. Au-delà de réaliser de la valeur, créer de l’emploi garantit la stabilité sociale et préserve la dignité de chaque citoyen. La confédération a déjà proposé, dans le cadre de la Vision 2020, qui est une vision à long terme non encore franchement entamée, une batterie de mesures.
 
 Celles-ci portent sur l’adéquation entre la formation et les besoins des entreprises, ainsi que le développement de la formation par l’apprentissage qui passe par le renforcement des partenariats entre les entreprises et les universités. Nous militerons pour la réforme du code du travail en favorisant la flexibilité et non la précarité de l’emploi. Nous veillerons à l’enrichissement de ces mesures et surtout à leur mise en application.
 
- Quelle sera votre vision pour le dialogue social?
- Le dialogue social est un élément nodal de la croissance et du développement économique d’un pays. La CGEM est un partenaire responsable et engagé aux côtés du gouvernement et des partenaires sociaux dans le cadre du dialogue social. Le climat de confiance qui s’est peu à peu instauré au fil des ans entre les trois partenaires est un acquis qu’il faut préserver. Cela dit, nous devons travailler tous ensemble pour sortir  de la logique des tensions récurrentes et du dialogue de sourds.
La nouvelle Constitution a clairement consacré un ensemble de droits tels que le droit syndical, le droit d’entreprendre et le droit de grève. Mais il faut savoir que notre future et forte insistance à légiférer sur la réglementation du droit de grève est une revendication forte et légitime, non seulement pour nos entreprises, mais également pour nos cadres, employés et ouvriers.  
 
  • Ne pensez-vous pas que la CGEM devrait être plus pugnace dans ses prises de position sur les grandes réformes que le pays devrait conduire: finances publiques, justice, export?
    - Dans les réformes que vous citez, certaines figurent parmi nos priorités. Permettez-moi de préciser que notre plateforme de travail s’articule autour de 7 axes majeurs qui sont l’industrie, la compétitivité de l’offre Maroc, le capital humain, l’accès aux financements et aux marchés publics, l’environnement juridique de l’entreprise, la responsabilité sociale des entreprises et, enfin, l’opérationnalisation du partenariat public/privé. Ces 7 axes sont un passage obligé si on veut réhabiliter l’acte d’entreprendre. Nous nous mobiliserons donc sans compter et avec détermination pour que ces réformes soient menées surtout au vu des changements en cours au Maroc et dans le monde.
  •  
  • Ces changements nous obligent tous à accélérer le train des grandes réformes.  Mais nous devrons être tout aussi vigilants et agiles dans notre capacité à réagir pour trouver des solutions efficaces dans des périodes de crise telle que celle que nous vivons actuellement. La confédération continuera à défendre, sereinement et avec pugnacité s’il le faut, sa vision d’une économie saine et compétitive.

  • - Approuvez-vous l’idée d’une imposition sur la fortune qui vient d’être proposée au Parlement?
    - La question peut prêter à confusion, permettez-moi donc d’apporter une précision: être entrepreneur ne veut certainement pas dire être riche. Pour être plus précis, la majorité des patrons de PME ont hypothéqué leurs biens pour entreprendre. Ce risque-là est une épée de Damoclès sur leur tête en permanence, ne l’oublions jamais. La réponse ne sera donc pas polémique, mais l’économie doit s’affranchir de tout raccourci inutile. Les solutions de facilité, la stigmatisation du capital lorsqu’il est légitimement acquis et lorsqu’il participe au développement ne sont en général pas constructives. Plusieurs simulations et analyses ont démontré l’effet extrêmement faible de cet impôt et l’essentiel des pays développés, à l’exception de la France, l’ont abandonné car il peut être anti-économique à plusieurs égards. En tout état de cause, le Parlement étudiera l’opportunité ou non de ce sujet.
 
 Source : l’Economiste

Mohamed Rial



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