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Dakar Argentina Bolivia Chile 2014 - Etape 5 : Chilecito – Tucuman « hommages aux mécanos »


Mardi 14 Janvier 2014

Liaison : 384 km - Spéciale : 527 km (en deux sections)
Après deux jours de course aux parcours totalement dissociés, tout le monde se retrouve pour attaquer la plus longue étape du rallye. Il s’agira bien de résistance extrême pour venir à bout des deux portions de spéciale essentiellement sablonneuses. On y évolue toute la journée en hors-pistes : ceux qui évaluent mal les limites de leur moteur seront constamment au bord de la surchauffe. D’autant plus que les températures atteignent généralement des pics très élevés dans la région. Au bivouac de Tucuman, les prétendants au podium pourront se compter, car une bonne partie sera sortie de cette élite. Pour beaucoup d’autres, c’est au milieu de la nuit que l’on constatera les dégâts chronométriques… et mécaniques.



Finalement, la principale difficulté viendra d’une lecture de terrain à hauteur du KM 162. Là il fallait choisir entre plusieurs lits de rivières à sec. Induits en erreur par des traces de motos, la majorité des leaders de la course ont pris le mauvais embranchement ! A part quelques uns dont Nani Roma. Certains n’ont perdu que quelques minutes, d’autres par contre, tels Stéphane Peterhansel, ou Carlos Sainz, on « jardiné » pendant pas mal de temps.

 

Heureusement, Isabelle et Thierry ne sont pas tombés dans le piège. Ils ont pris le bon embranchement, en effectuant du coup une remontée exceptionnelle au classement.


En autos, c'est la « Catalane attitude » qui s'est exprimée avec force, avec une prestation de premier ordre de Nani Roma, il est vrai aidé dans son sans-faute par son copilote rémois Michel Périn. C'est sur cette ligne de réussite qu'a fonctionné le duo, Roma se chargeant du rythme et de l'agilité, tandis que Périn assurait l'inspiration, particulièrement payante en navigation aujourd'hui. Sur la ligne d'arrivée, le premier vainqueur espagnol du Dakar (2004, moto) distance au classement de la spéciale Giniel De Villiers, seul à limiter les dégâts avec 4'20'' de retard. Le supporter du Barça, assurément engagé dans la conquête du titre, peut se réjouir à double titre des déconvenues du 'socio' du Real le plus titré sur le Dakar. C'est en effet un cauchemar qu'a vécu Carlos Sainz, parti de Chilecito aux commandes du rallye, et longuement stoppé au km 163 par un problème électronique sur son buggy. Sur la première partie de la spéciale, « El Matador » perdait 1h15'' sur Roma, pour finir la journée à 59' du leader… le vent tourne sur le derby espagnol.

La confrontation ne se limite pas à un duel hispanico-espagnol, et ce sont d'ailleurs quatre Mini qui dominent le classement général à Tucuman. Du haut de son expérience, Roma devra d'abord gérer la fougue de Nasser Al Attiyah, qui pointe à 26' mais n'a pas abdiqué. « Orly » Terranova ne se trouve qu'à 4 minutes du Qatarien, et tentera nécessairement de se hisser un peu plus haut sur le podium provisoire. Et il est certain que Stéphane Peterhansel, en retard de 39' pour le moment, ne se contentera pas de sa 4ème place, surtout avec la menace du Toyota Hilux de Giniel De Villiers, 5ème à 41' de Roma. Enfin, le clan américain peut pour la première fois se réjouir, avec le 3ème temps du jour pour Robby Gordon, chronométré à 20' de Roma. Sa « Gordini » court après une spéciale… 


La parole aux pilotes

 

Nani Roma

« Je suis satisfait de la journée. Mais c'était dur. Sans doute l'une des étapes les plus dures que j'ai eues à courir. On a essayé de s'en sortir du mieux possible, de survivre. On s'est un peu plantés mais on n'a perdu que 10'. Les autres ont eu es problèmes plus importants. Je félicite Michel (Perrin) mon copilote qui a fait un super travail. On est là. On est vivants. Mais il reste encore beaucoup  de rallye. Attendons pour voir. »

 

Stéphane Peterhansel

Probablement la spéciale la plus difficile depuis que nous sommes en Amérique du Sud! Très compliquée, et ça s'est encore plus compliqué avec une mauvaise navigation de notre part. On a mis plus de 40 minutes à chercher un waypoint. On s'est trop déporté en suivant les traces des motos, et ça nous a induits en erreur. Donc pas une très bonne navigation aujourd'hui, donc a fait plus de kilomètres, mais en plus ça nous a beaucoup stressé dans la voiture.

 

Carlos Sainz

Une journée vraiment très compliquée (sans autres commentaires !)

 

Giniel De villiers

Plutôt pas une mauvaise journée, en dehors du fait que dans la 1ère spéciale on a mis pas mal de temps à trouver un way point, mais comme tout le monde, je crois. Le point positif est que nous n'avons pas eu de vrais problèmes mécaniques aujourd'hui, excepté les freins qui nous ont lâchés à 15 km de l'arrivée. Par précaution, nous nous sommes arrêtés pour voir ce que c'était, ce qui nous a coûté environ 2 minutes, mais rien de très grave, si ce n'est que j'ai fini doucement puisque sans freins. La spéciale du jour était vraiment dure, particulièrement pour les voitures, et je pense que pas mal de monde va dormir dehors ce soir.

 

Isabelle Patissier, dans son message du jour, tiens à rendre hommage à Louis son mécanicien d’assistance. Il fait un travail magnifique depuis le début du Dakar. Par contre il enchaîne les nuits blanches. Mais grâce à cela, le buggy est en parfaite condition. Il se révèle être un régal à piloter dans les dunes, surtout avec la puissance du moteur V8… Isabelle ajoute quand même que cette journée était corsée.

 

A notre niveau, ce fut aussi un régal de suivre cette spéciale, au satellite, au gré des classements aux points de passages et des dépêches. Quand on a vu que les pilotes de la tête de course ont commencé à se perdre autour du KM 162, on a croisé les doigts pour qu’Isabelle et Thierry passent correctement, ce qui fut le cas. On les a vus remonter au classement, jusqu'à la 15ème position au WP 7. Ensuite, dans le deuxième secteur chronométré, les « gros bras » qui s’étaient perdus on tout donné pour remonter. Finalement, Isabelle et Thierry terminent la spéciale à une magnifique 23ème place au scratch. Ce qui les placent à la 29ème position au classement général et à la 7ème place au classement de leur catégorie, véhicules deux roues motrices essence.


Les dix premiers au classement général

 

ROMA (ESP), sur  MINI, en 19:21:54

AL-ATTIYAH (QAT), sur  MINI, en 19:48:22

TERRANOVA (ARG), sur  MINI, en 19:53:40

PETERHANSEL (FRA), sur  MINI, en 20:01:53

DE VILLIERS (ZAF), sur  TOYOTA, en 20:03:18

SAINZ (ESP), sur  SMG, en 20:21:37

LAVIEILLE (FRA), sur  HAVAL, en 21:03:44

VILLAGRA (ARG), sur  MINI, en 21:04:36

DABROWSKI (POL), sur  TOYOTA, en 21:07:52

THOMASSE (FRA), sur  BUGGY MD RALLYE, en 21:34:04

 

Demain, vendredi 10 janvier, 6ème étape : Tucuman – Salta

 

Liaison : 270 km

Spéciale : 424 km

Après avoir quitté Tucuman, les autos mettront le cap au nord en longeant approximativement la célèbre Ruta 40, et évolueront au cœur d’un des plus beaux décors d’Argentine. Les possibilités de creuser des écarts seront limitées, mais les pilotes les plus habiles peuvent saisir l’opportunité d’accrocher une étape à leur palmarès. La vigilance reste de mise jusqu’au bout, la région étant largement fréquentée en animaux de toutes tailles. Ensuite, c’est repos.

 

Par Marc d’Haenen – Correspondant du Dakar.



Thierry Delli Zotti
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