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Essaouira Musique Gnaoua Maâlem Mahmoud Guinéa : maître absolu de « Tagnaouite » pure et dure. La fierté de la musique gnaoua souirie.


Lundi 18 Mai 2015

Depuis sa création en 1998, le festival d’Essaouira s’est imposé en tant que célébration culturelle de la plus haute importance grâce à la participation d’artistes internationaux et d’un public de plus en plus nombreux. Vingt mille personnes participèrent à sa première édition, et la dernière accueillit plus de 400.000 ; la plupart venus des villes marocaines, mais également des festivaliers venus de l’étranger.



   Depuis sa création en 1998, le festival d’Essaouira s’est imposé en tant que célébration culturelle de la plus haute importance grâce à la participation d’artistes internationaux et d’un public de plus en plus nombreux. Vingt mille personnes participèrent à sa première édition, et la dernière accueillit plus de 400.000 ; la plupart venus des villes marocaines, mais également des festivaliers venus de l’étranger.

 Le Festival Gnaoua et des musiques du Monde d’Essaouira est un festival qui accueille artistes et amateurs du monde entier, mais aussi de grands professionnels de musique internationaux. Croisement de dialogues et échanges, le festival inclue tous les courants musicaux mais resté centré sur  la musique gnaoua, dans ses diverses variantes. La fusion entre musique gnaoua et musique du monde donne toujours des œuvres d’une richesse culturelle, artistique et humaine des plus particulières, voire des plus uniques, faisant la force du festival et sa grande renommée.
 



 Les maâlmines gnaoua sont à la base des différents concerts donnés lors du festival. Tout tourne autour d’eux, qu’ils soient originaires d’Essaouira ou venant de Marrakech, Rabat, Tanger et d’autres villes marocaines. Le Maâlem Mahmoud Guinéa, grand vedette du festival, est à chaque vivement attendu et apprécié par ses fans. C’est le représentant par excellente de « tagnaouite » pure et dure, exercé la pure tradition gnaoua, même lors de son entrée en scène. Sa manière spécialisée de conduire la « Lilla » est une grande référence n la matière.
 
  Né en 1951 à Essaouira, Mahmoud Guinea est incontestablement une des figures emblématiques de la musique gnaouie. Son histoire est intimement liée à celle des esclaves puisque son grand-père paternel, d’origine malienne, fut vendu au Sahara. Son père, le grand maâlem Boubker Guinea, a transmis cet héritage à Mahmoud Guinea qui joue du guembri dès l’âge de 12 ans et participe à des « lilas » à 20 ans.
 
  Au-delà de sa parfaite maîtrise de la plus pure tagnaouite, Mahmoud Guinea s’est imposé aussi comme un maître en matière de fusions musicales avec des musiciens de légende comme Carlos Santana, Adam Rudolph, Will Calhoun, Issaka Sow, et Aly Keita… Des fusions réussies également avec des troupes venus d’Amérique du sud, d’Afrique et même d’Asie. Des moments de bonheur musicale inégalables qu’on ne rencontre qu’au festival Gnaoua, grâce et des fusions inédites. La fusion exceptionnelle avec le chanteur mauritanien Daby Touré, entre autres, reste dans les annales du Festival.
 
 
   Pour rappel, le meilleur de ce genre durant cette 16 ème édition fut la belle fusion entre le pianiste cubain Omar Sossa et le Maâlem souiri Mahmoud Guinéa. Les deux hommes étaient aux anges en jouant ensemble, loin du langage des paroles, et des langues dans une fusion musicale enchantante des plus inédites. Les retrouvailles des rythmes afro-cubains et musique gnaoua portés par deux grands musiciens est un moment musical privilégié.
 
  Mahmoud Guinéa a aussi participé à de nombreux festivals en Espagne, France, Italie, Japon, Canada, Autriche, Norvège, Belgique, Pays-Bas… Mahmoud ne cesse à chaque fois d’enflammer le public lors de ses concerts dont certains peuvent durer plus de deux heures, avec des fans qui dansent jusqu’à tomber en transe, en plein public.
 
   Chez Mahmoud, tout se fait au rythme de « Tagnaouite ». Toute la famille pratique la musique gnaoua. Sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et ses fils. Toute la grande famille respire Tagnaouite comme elle respire de l’air. Ses prestations sont très méticuleuses et professionnelles : un grand représentant de l’école de la musique gnaoua pure et traditionnelle, exercée avec une grande passion et une maîtrise bien appréciée par les amoureux de la musique gnaoua dans sa version authentique, à la fois dans les paroles, dans la manière de jouer, de chanter, de danser et de respecter le répertoire ancestrale (Ftouh errahba : début du répertoire Mlouk ; Derdeba ou Lila : cérémonie du rite de possession ; Koyo etc…
 

 Fatigué ces derniers temps, Maâlem est apparu à la 18 ème édition du festival gnaoua, affaibli, presque à bout de force. IL a passé le relais officiellement, en public, à son fils qui va prendre la relève gnaouie et continue dans le chemin déjà bien tracé par son père et son grand père ; celui de « tagnaouite », dans son aspect le plus authentique, le plus pur, pour la sauvegarde de ce patrimoine ancestral, mis en valeur à travers le festival Gnaoua d’Essaouira.Très longue vie à Mahmoud Guinéa, le grand des grands ; l’une des fiertés de la musique gnaoua à Essaouira et au Maroc.
 
Mohamed RIAL
 





Mohamed Rial



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