thrmagazine

Hôtellerie: Où sont les mesures exceptionnelles?


Mardi 19 Juin 2012

Le plan de soutien n’avance pas alors que la crise s’installe, selon les opérateurs.
La FNIH tient son conseil d’administration sur fond de crise
Les principales destinations en recul.



Hôtellerie: Où sont les mesures exceptionnelles?

 

Il y a péril en la demeure. Les hôteliers, réunis à Marrakech sur fond de crise, en conseil d’administration de la Fédération Nationale de l’Industrie Hôtelière, ne cachent plus leur désarroi. «Les chiffres dont nous disposons ne sont pas reluisants», déplorent les hôteliers. A fin mai, les deux premières destinations du Maroc -Agadir et Marrakech- affichent un recul alarmant aux yeux des professionnels.

 

La première enregistre un repli de 3,77% au niveau des arrivées et de -12% pour les nuitées. A Marrakech, la baisse est beaucoup plus importante avec une régression de 6% pour les arrivées et 6,5% pour les nuitées et un taux d’occupation de 38% dans une ville où le nombre d’unités classées dépasse les 140. La destination Ouarzazate est, quant à elle, au bord du gouffre. «Les mesures de soutien prévues pour le secteur avancent très lentement et nous risquons fort de perdre la saison», observe Lahcen Zemat. Rappelons qu’un plan anti-crise devait être mis en place.


Une task force public-privé à laquelle participe aussi bien la FNIH que la Fédération Nationale du Tourisme a été constituée. A la différence, ce plan anti-crise 2012 ne prévoit pas de rallonge budgétaire, puisque l’office dispose d’un budget promotionnel de 550 millions DH dont près de 0% a déjà été consommé, indiquent les hôteliers. Le plan de soutien devait élaborer une stratégie en vue de contrer et limiter l’impact de la crise sur le secteur. A l’instar de ce qui avait été fait il y a trois ans avec le plan Cap 2009, la task force a défini un plan d’aide autour de trois axes avec des actions à mettre en œuvre à court, moyen et long terme.


D’abord un accompagnement personnalisé des établissements hôteliers, principalement ceux qui se sont déclarés en difficulté à Agadir et Marrakech. Ce plan de soutien pourrait être ensuite généralisé à l’ensemble des filières touristiques et des régions du Royaume. 


Si la crise actuelle s’aggrave, il était prévu de passer à un autre palier de mesures de soutien, qui pourrait aller jusqu’à un moratoire en matière de charges sociales et d’exonérations fiscales et un rallongement des échéances de crédit, explique le président de la FNT, Ali Ghanam. «Force est de constater que jusqu’à maintenant, rien de concret n’en est sorti alors que nous avons besoin de mesures exceptionnelles face à une conjoncture qui ne l’est pas moins», insiste Ghanam. Bref, la volonté existe, constatent les professionnels, mais la réactivité est lente. Or l’industrie hôtelière doit faire face à des exigences immédiates d’autant plus que ce sont des milliers d’emplois qui sont en jeu.

 

Pas de solutions sans aérien

L’autre inquiétude des professionnels du tourisme est le déficit aérien.  Le ministre du Tourisme, Lahcen Haddad,  en convient d’ailleurs. « Il faut solutionner l’équation aérienne sans laquelle nous ne pouvons avancer», dit-il. On le sait, l’aérien passe en ce moment par une zone de turbulences. Les dessertes aériennes vers le Maroc ont baissé de 16% par rapport à  2011. Sans oublier le prix des billets d’avion des vols qui demeurent hors de portée et découragent les TO. Ce qui n’est pas pour aider l’activité touristique.  A cela s’ajoute, le désengagement de RAM envers le tourisme. 

 

Il n’a pas de solution miracle, insiste Kabbaj.  «Pour solutionner les problèmes de crise et de remplissage des unités hôtelières, il faut respecter l’équation une chambre = un siège aérien. Et on en est très loin », dit-il. Rien que pour Marrakech, l’écart devient de plus en plus important. La ville dispose de 60.000 lits face à une offre aérienne de 20.000 sièges.

 L’ Economiste  B. B.


Mohamed Rial