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Les contours de l’autoroute de l’eau se précisent Transfert de 800 millions de m3 par an sur 500 km


Vendredi 24 Août 2012

L’appel d’offres pour les études d’impact lancé
Le coût pourrait dépasser 30 milliards de dirhams
Le tracé du projet de transfert d’eau s’étale sur 500 km et comprend des canaux, des stations de pompage, des conduites gravitaires ainsi que des galeries



Les contours de l’autoroute de l’eau se précisent  Transfert de 800 millions de m3 par an sur 500 km
Le projet de transfert de l’eau sur 500 km du Nord vers le Sud est gigantesque. D’abord par le coût qui pourrait facilement dépasser celui du budget alloué cette année au développement du monde rural (20 milliards de dirhams) ou du programme TGV. Les premières estimations évaluent son coût à plus de 30 milliards de dirhams, mais il faudra attendre que les études soient affinées avant d’avoir une évaluation précise.

Ensuite parce qu’il permettrait d’acheminer l’eau des régions excédentaires en ressources vers celles qui sont déficitaires et éviter ainsi les déperditions. Ce qui assurera une meilleure allocation de l’eau et soutiendra le développement socio économique des  régions bénéficiaires du projet, lesquelles englobent une population importante.  Plus exactement, l’eau sera transférée des bassins de l’oued Laou, du Loukkos et du Sebou, vers ceux déficitaires de l’Oum Er Rbia, du Tensift et du Bouregreg. Le tracé choisi, qui fait suite à une étude sur les schémas de transfert, comprend des canaux, des stations de pompage, des conduites gravitaires ainsi que des galeries.

Ce projet, qui permettra de pallier la répartition inégale de la pluviométrie et des ressources en eau qu’elle génère, vient de faire l’objet d’un appel d’offres pour une étude d’impact sur l’environnement. Mais ce n’est pas l’unique aspect qui sera examiné. Le département de l’Eau demande aussi l’actualisation  des bilans hydrauliques des bassins excédentaires et les impacts financiers ainsi que les effets éventuels sur le tarif de l’eau.

Au total, 800 millions de mètres cubes d’eau seront transférés annuellement. Une allocation préliminaire de ce volume entre les bassins est établie en fonction des déficits actuels et des perspectives d’évolution de la demande. Ainsi, 150 millions de m3 seraient alloués au bassin de Tensift dont 100 millions seraient destinés à l’approvisionnement en eau potable du grand Marrakech à l’horizon 2030. Au niveau de cette zone, les ressources en eau de surface sont irrégulières et inégalement réparties. Selon le département de l’Eau, le bassin du Tensift bénéficie déjà d’un transfert de l’ordre de 300 millions de m3 à partir du bassin de l’Oum Er Rbia destinés à l’alimentation en eau de la ville de Marrakech et à l’irrigation dans le Haouz central.

Les déficits du bas Oum Er Rbia (Doukkala) seraient comblés par 440 millions de m3 alors que 210 millions de m3 seraient destinés à l’irrigation dans la Chaouia intérieure.
Cette «autoroute» de l’eau, dont les contours se précisent, sera ainsi réalisée en trois phases. La première consistera dans le transfert à partir d’une prise d’eau sur l’oued Ouergha au site de Koudiet El Borna (aval barrage Al Wahda) vers le réservoir du barrage Al Massira sur l’Oum Er Rbia, et ce, via le barrage de Sidi Mohammed Ben Abdellah.

La deuxième prévoit l’acheminement de l’eau à partir du projet de barrage de Béni Mansour vers celui du barrage Tfer (amont du barrage El Makhazine) et puis jusqu’à la rencontre avec le tracé de la phase 1 au niveau de la plaine du Gharb. La troisième et dernière phase porterait sur le transfert de l’eau du côté du barrage de Garde Sebou vers  les eaux du bas Sebou jusqu’à la plaine du Gharb.
 
L’Economiste   Khadija MASMOUDI

Mohamed Rial



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