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Marrakech !... Marrakech... Cri de détresse


Mercredi 14 Mars 2012

Parler de Marrakech et de son histoire demeure une tâche difficile au regard de la richesse éblouissante de sa géographie, de sa nature, de ses monuments grandioses, de ses demeures, de ses jardins, de sa mentalité, de ses riverains, de son hospitalité à tout hôte, de ses sept saints et enfin de sa psychologie difficile à déceler qui complète le décor tout en beauté.



Marrakech !... Marrakech...   Cri de détresse

  Marrakech, dont je veux parler, c'est cette terre qui m’a donné naissance et qui m’a accepté en son sein.
Marrakech (la rouge) par sa couleur qui alimentait tout le paysage en lui donnant les caractéristiques suivantes : amour, fraternité, serviabilité, gentillesse, accueil généreux, droit de sol à tout étranger, sans distinction de race, de couleur, ni de nationalité qui désire honorer cette charitable terre de sa présence.


  Mon attachement viscéral à cette terre, m’a poussé à parler de Marrakech et à être son porte-parole dans tous les continents visités et en particulier dans des symposiums internationaux de psychiatrie où, j’ai décrit dans mon exposé (La notion de l'espace et du corps chez le traditionaliste marocain), le charme de cette ville envoûtante.


   Marrakech où deux verbes seraient tout le temps conjugués dans tous les temps : aimer et servir.
Aimer, serait l'essence de la communauté en créant une solide solidarité entre tous ses membres, dans la joie comme dans la peine. Par cet amour réciproque, la communauté vivait une sorte de partage de tout et de rien et aucun membre ne serait laissé à l'écart. Dans cette communauté, le riche vit côte à côte avec le pauvre où aucun signe, que se soit de supériorité ou d'infériorité, ne perturbait la vie commune tout court.
Marrakech, qui m’avait appris la gentillesse et la politesse où le sourire fût le mot -clé !
Grands et petits se saluaient avec respect et avec un sourire angélique !


  Marrakech, où la dignité de l'homme fût sacrée et aucun n'aurait le droit de piétiner l'honneur d'une fille, d'un garçon, d'un homme ou d'une femme ! Marrakech, où la notion de la famille fût sacrée avec un père vénéré, une mère adorée, un frère aimé et une sœur respectée !,Ce portrait-robot de cette éblouissante ville appelée «la perle du Sud» remontait aux années quatre-vingt -dix du siècle dernier.


  Le (vieux jeu) que je suis (épithète qu'on nous attribue), me laissait découvrir un autre visage de cette ville si tant adorée, après une absence qui avait duré à peu près une trentaine d'années : neuf ans à Paris pour poursuivre mes études supérieures, onze ans à l'hôpital universitaire de Rabat / Salé et vingt deux ans à l'hôpital Ben Msik Sidi Ottman à Casablanca en tant que docteur en psychologie clinique et psychologue clinicien.


  Le réveil fût terrible et la belle cité n'était plus la même qu'avant ?
Que s'est-il passé au juste ?
Si, nous commencions par l'aspect architectural de cette ancienne ville impériale, nous constatons que sa figure avait été transformée de fond en comble en perdant tout son charme.
Marrakech, ville de lumière, de contrastes éblouissants, de demeures spacieuses où l'intimité était respectée, s'est transformée en un ensemble d'immeubles sans charme et vie.


 Elle nous donne l'impression d'être une nouvelle cité dortoir comme des centaines de cités-dortoirs étrangères, construites à la halte pour absorber des résidents venus d'ailleurs. En plus, le Marocain n'a pas l'habitude d'habiter ce genre de logement où l'intimité n'existe pas et le soleil ne pénètre point.


  La plupart des anciens riads, se sont transformés en bazars et l'intimité du quartier ainsi que celle du derb a été atteinte au premier degré. Ce corps de Marrakech qui est constitué de quartiers et de derbs, a été morcelé.
Presque toutes les belles fontaines qui alimentaient les quartiers ont été supprimées et les jardins publics, remplacés par d'autres constructions sans âme.
Certes, à l'époque de notre génération, le Maroc comptait à peu près quatorze à quinze millions d'habitants et Marrakech comptait huit cent mille habitants.


   Mais quelque soit l'évolution, une ville impériale comme Marrakech, devait être considérée comme un immense corps qui devait respirer le grand air pour charmer tout visiteur par sa beauté, par ses parfums enivrants et par son haleine de musc. Ajoutez à cette anarchie architecturelle, la saleté des rues et des ruelles.


   Cette mondialisation à outrance, a favorisé un certain libertinage n'épargnant ni grand ni petit, en favorisant une certaine perversité à tous les échelons. Marrakech, avec ses bas- fonds, ses quelques riads, ses bars, ses night-clubs, ses résidences tapageuses est en passe de dépasser certaines villes mondiales réputées pour être des destinations du tourisme sexuel ?


  Des jeunes attirés par la facilité de la vie, offrent leur service avec l'espoir de gagner quelques sous.
Marrakech en un mot, est devenue un véritable souk où la perversion est de toutes les couleurs. Ajoutez à ce lamentable décor, des bandes de gens de tous les âges qui se livrent à toutes sortes de drogues en particulier les inhalants, en vente dans toutes les drogueries, qui seraient des produits chimiques à vapeur psychotrope.
Le plus choquant, c'est que ces produits seraient recherchés par les pauvres gens et notamment par les enfants abandonnés dans les rues.


  Ces drogues sont peu couteuses avec des effets dévastateurs, qu'il s'agisse de colle à séchage rapide, des solvants comme diluants ou des solvants à ongle, de cirage, de liquide servant à nettoyage ou de l'essence à briquet.


   Les consommateurs de ces produits les versent ou les vaporisent dans des sacs ou sur un torchon. Leur inhalation procure un sentiment d'allégresse et d'euphorie, semblable à celui causé par l'alcool qui s'accompagne d'une sensation d'engourdissement, d'un manque de coordination motrice, de difficultés d'élocution et de ralentissement respiratoire et cardiaque.


   Leur utilisation prolongée entraîne une détérioration physique et psychologique progressive, allant de la confusion mentale à la paranoïa et des dommages cérébraux. Que le lecteur se réfère à notre livre intitulé: «La Drogue ou la peste blanche». Voilà, un triste bilan d'un observateur natif de cette adorable ville et qui avait soif de passer ses derniers jours sur cette terre hospitalière, en rejoignant les siens.


   Je ne voulais point alourdir cet article par des tas de choses rapportées qui feraient hérisser les cheveux du lecteur. Qui est responsable de ce désordre à Marrakech ? Je pense que tout le monde partage une certaine responsabilité à commencer par les riverains, les élus et ceux qui possèdent une certaine responsabilité au niveau des décisions et, enfin une lamentable organisation à tous les échelons.


  Ah ! Si tous ces saints qui étaient de grands savants en théologie islamique ou de grands mystiques soufis se réveillaient et voyaient comment cette terre choisie comme refuge, est devenue une cité calomniée, morcelée où le vice a pris le contrôle de toute action!
C'est un cri d'alarme que je lance à tous les hommes de bonne foi pour remédier à la situation.
«Il n'y a de force et de puissance qu'en Dieu, le très haut et l'omnipotent».

 

  L’Opinion    Dr Khazraji  Abdelouahab


Mohamed Rial



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