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Marrakech Crise du Tourisme: L’aérien, le maillon faible Les besoins de Marrakech sont estimés à 70.000 sièges alors que l’offre actuelle est de 29.000


Mercredi 11 Juillet 2012

Inquiets, les professionnels militent pour des stratégies régionales. Un fonds pour les charters et un soutien aux compagnies en période de crise. Les professionnels continuent de le clamer. La vraie crise du tourisme à Marrakech est celle de l’aérien.



Marrakech Crise du Tourisme: L’aérien, le maillon faible Les besoins de Marrakech sont estimés à 70.000 sièges alors que l’offre actuelle est de 29.000
 
L’annonce par Ryanair de la diminution à partir d’octobre de ses fréquences sur plusieurs aéroports marocains (34 vols au total) était la goutte de trop. Après RAM, c’est au tour d’une des compagnies low-cost les plus actives sur le ciel marocain de réduire la voilure. L’irlandais diminue 8 fréquences hebdomadaires à Nador, 6 à Fès, 6 à Marrakech, 4 à Tanger, et ferme complètement ses opérations à l’aéroport d’Oujda.
La compagnie justifie sa décision par une rupture des engagements du coté des autorités marocaines. D’après son communiqué, Ryanair aurait négocié des accords à long terme -5ans- avec les autorités du tourisme marocain et l’ONDA, dans le cadre d’un plan en faveur du développement du tourisme et aurait spectaculairement surpassé ses engagements. En quelques années, elle est devenue la deuxième compagnie aérienne du Maroc.
Aujourd’hui, elle ne peut plus assurer à cause de la cherté des tarifs de handling. «Il ne faut pas perdre de vue que la clé de la réussite de notre partenariat est une offre à bas prix basée sur des coûts faibles»,  soulignent ses responsables qui pointent du doigt l’augmentation des coûts annoncés par Swissport/Gloabalia. Ce consortium, pour rappel se chargera à partir d’octobre du handling dans les aéroports du Sud et a déjà annoncé une augmentation des prix de ses services. Et pour Ryanair, en laissant faire, l’ONDA ne respecte pas ses engagements.
L’Office, quant à lui, s’en défend. D’abord, la fixation des prix de services n’est pas de son ressort. Du reste, il a mis en place des mesures incitatives en 2005 (réduction des redevances) qui ont été prolongées jusqu’à 2013 dont les premiers bénéficiaires sont les compagnies low-cost. Si pour certains, l’annonce de Ryanair ressemble plus à une pression, voire un chantage que la compagnie exercerait  sur l’ONDA, d’autres craignent surtout un effet contagion. D’autant plus que le trafic aérien a sensiblement baissé depuis 2011.
Mohamed Bahaj, directeur de l’aéroport Marrakech Menara tempère. «Des signes positifs sont visibles chez d’autres compagnies aériennes depuis avril». Il cite pour exemple Jet4you qui, à travers Jetairfly est passé depuis avril de 7 vols à 26 vols par semaine ou encore British Airways qui passe de 3 vols par semaine à 7 vols à compter d’octobre prochain. Ce n’est pas suffisant aux yeux des professionnels. Argumentation à l’appui, ils brandissent les exemples d’Istanbul et de Barcelone reliées à l’ensemble des villes britanniques et allemandes qui portent de grands potentiels touristiques.
 D’après les opérateurs, vu sa capacité litière, Marrakech a besoin de plus de 70.000 sièges alors que les rotations actuelles n’en offrent que 29.000. «Nous sommes très loin de l’équilibre entre l’offre aérienne et la capacité litière. L’écart se creuse chaque an, notamment face aux ouvertures d’hôtels à Marrakech», argumente Ali Kassimi, directeur général de Travel Link, agence de voyage spécialisée sur les marchés anglo-saxons.
Le ciel marrakchi accueille 232 vols hebdomadaires dont plus de la moitié est réalisée par les low-cost. Le régulier est, en revanche, en nette régression et ne réalise plus que 69 vols par semaine dans l’aéroport Menara. Au moment même où Marrakech qui se positionne sur le luxe a besoin de vols réguliers en provenance de marchés en pleine croissance. «Toute stratégie touristique ne pourrait aboutir sans une véritable politique aérienne avec un maillage plus dense comprenant low-cost, charters, et réguliers», insiste ce professionnel.

Cette stratégie devrait impliquer l’ensemble des partenaires avec des mesures choc qui augmenteraient l’attractivité de Marrakech. « Du reste, en période de crise, il faut se solidariser avec les compagnies aériennes avec plus d’avantages à consentir», souligne Kassimi. En l’absence d’une stratégie nationale, les professionnels veulent prendre les devants pour une politique aérienne régionale. Une commission dédiée à ce volet vient d’être mise en place au sein du CRT, présidée par un professionnel de la place, Abdelatif Kabbaj et devrait se pencher sur une stratégie régionale pour le volet aérien.
Une des premières pistes à explorer, la création d’un fonds d’aide pour les charters en partenariat entre les départements du tourisme, transport, les élus régionaux et les professionnels). Ce fonds pourrait subventionner des sièges pour les TO qui s’engagent sur des charters. Ce scénario permettra de freiner la perte des TO, tout en gardant les avantages qu’offre l’open sky (low-cost).
Autre piste à exploiter, les vols point à point à partir des provinces. «C’est là où se trouve le potentiel dans les pays émetteurs, celui en provenance des capitales étant largement exploité», souligne Kassimi.  Enfin, le troisième axe de travail, selon les professionnels serait la politique tarifaire de l’aérien. Pour Kabbaj, elle n’est pas adaptée aux besoins de la destination Marrakech qui reste très peu compétitive durant les périodes creuses. C’est que ces dernières coïncident avec les hautes saisons des compagnies aériennes où les tarifs connaissent leur pic.
Réduction des fréquences à Agadir aussi.
S’il est un point sur lequel les professionnels du tourisme nationaux s’accordent unanimement, c’est bien celui de l’aérien qui est aussi au cœur des préoccupations des opérateurs gadiris. Pour cette destination balnéaire, la suppression de 15 vols point à point reliant la station aux marchés émetteurs et la cherté des billets d’avions rend les packages d’Agadir plus chers, face à des destinations voisines. Les professionnels d’Agadir travaillent aussi sur des plans de riposte et creusent la piste d’un fonds régional pour l’aérien qui pourra subventionner des vols vers la ville.
 
L’Economiste   Badra BERRISSOULE

Mohamed Rial



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