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Marrakech Tourisme: Plus d’aérien pour sauver la destination. Combler un déficit de 41%. L’écart entre les capacités litière et aérienne se creuse chaque année.


Jeudi 10 Avril 2014

Le déficit aérien pour la ville de Marrakech était estimé à 41% en 2013. L’offre actuelle, et même en tablant sur un remplissage à 100%, permettra à peine d’occuper 50% de la capacité hôtelière
IL y a péril sur les recettes touristiques. Le taux d’occupation des établissements hôteliers, véritable baromètre de l’activité touristique, est en chute.



 
   Le déficit aérien pour la ville de Marrakech était estimé à 41% en 2013. L’offre actuelle, et même en tablant sur un remplissage à 100%, permettra à peine d’occuper 50% de la capacité hôtelière
IL y a péril sur les recettes touristiques. Le taux d’occupation des établissements hôteliers, véritable baromètre de l’activité touristique, est en chute.

  En 10 ans, il a perdu 24 points avec des conséquences fâcheuses sur les trésoreries des établissements. Malgré la reprise de 2013, le taux d’occupation est encore très loin des 60%, qui permettent une stabilité de l’activité touristique. Et vu la capacité grandissante de la ville, les hôtels de Marrakech auront besoin de plusieurs années pour atteindre une rentabilité.
 
  Encore faut-il résoudre la problématique de l’aérien qui, aux yeux des opérateurs locaux, demeure le maillon faible. Et une réaction efficace supposerait des démarches communes pour  pallier le problème, pour sonder les compagnies aériennes, présenter les meilleures incitations et surtout s’appuyer sur une compagnie nationale impliquée dans le développement de l’aérien touristique. Jusqu’à maintenant, les actions pour la promotion de l’aérien restent limitées et individuelles et la team Marrakech impliquant aussi bien la RAM, l’ONMT, l’ONDA et le CRT, n’a jamais pu être mise en œuvre.

  Pourtant, l’enjeu est important. La destination a besoin de plus de 70.000 sièges alors que l’offre actuelle ne dépasse pas les 32.550 sièges hebdomadaires. En effet, la capacité hôtelière de la ville, de près de 66.000 lits a besoin d’un trafic aérien tout aussi conséquent. Et avec ses sièges actuels, et même en tablant sur un remplissage à 100% des rotations programmées (du quasi impossible), les flux aériens actuels permettront à peine d’occuper 50% de la capacité hôtelière.
 
  D’un côté, l’offre en hébergement a connu durant les dix dernières années une croissance soutenue encouragée par l’Etat à travers des conventions d’investissement. Elle est en effet passée de 18.000 lits en 2001 à près de 66.000 lits, avec tendance à l’augmentation. Soit une croissance annuelle de 10%. D’un autre côté, cette offre litière n’a pas été accompagnée d’une augmentation proportionnelle en termes d’arrivées touristiques «et ce en raison d’un déficit aérien et une insuffisance de budgets dédiés à la promotion et la communication institutionnelle», déplore le Conseil Régional du Tourisme de Marrakech.
 
  Et c’est ainsi que l’écart entre les capacités litière et aérienne se creuse chaque année, notamment   face aux ouvertures d’hôtels à Marrakech, sans qu’une stratégie n’ait été établie, estime Ali Kasmi, directeur général de Travel Link, voyagiste spécialiste des marchés anglo-saxons et membre de la commission de l’aérien au CRT. En plus d’un plus grand nombre de sièges, Marrakech a besoin aussi d’une offre aérienne plus diversifiée.
 
  Depuis, l’ouverture du ciel en 2003, l’aéroport de Marrakech Menara a enregistré une forte croissance et le nombre de ses passagers  a presque triplé entre 2001 et 2013, en passant de 1.400.000 en 2001 à 3.832.000 en 2013.
Les flux touristiques émanent des marchés européens, notamment du marché britannique. Cela grâce surtout à l’installation des compagnies low-cost comme Ryanair et Easy Jet.
 
 Le revers de la médaille est que l’arrivée des LC s’est traduite soit par un retrait partiel des liaisons régulières, soit par une substitution de filiales sous forme du modèle low-cost et un important recul des vols charters qui ne représentent plus que 4% du volume des vols. Le régulier est, en revanche, en nette régression au moment même où Marrakech se positionne sur le luxe. «Or, toute stratégie touristique ne pourrait aboutir sans une véritable politique aérienne avec un maillage plus dense comprenant low-cost, charter et vols réguliers», rappelle un professionnel de la place.
 
  On en est encore loin à Marrakech. Malgré le retour timide en 2013 de compagnies comme Lufthansa, les fréquences programmées pourraient à tout moment être supprimées, surtout en l’absence d’une stratégie globale et de packages incitatifs.

 Quant au fameux fonds régional de promotion pour Marrakech, présenté comme solution «miracle» à la problématique de l’aérien, ses actions demeurent confidentielles alors que sa démarche est partie du principe d’un soutien à l’aérien. Ce fonds, pour rappel, devait doter Marrakech d’un budget additionnel de 100 millions de DH sur une période de 4 ans.

  Le Conseil régional du tourisme de Marrakech a même identifié des aéroports prioritaires en Allemagne, en Grande-Bretagne, en province française et à New York. En attendant la mise en place «réelle ou hypothétique» de ce fonds, les modalités d’affectation et le déblocage des budgets, la prochaine touristique d’hiver, dont les campagnes démarrent dès juin, risque d’être ratée.

Source : L’Economiste par Badra BERRISSOULE



Mohamed Rial



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