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Marrakech : Tourisme informel ; La traque est lancée.


Mardi 1 Mai 2012

Plus de répit pour l’hébergement clandestin. Les ministères du Tourisme et de l’Intérieur, dans une lutte conjointe, ont décidé de mettre fin à ce fléau dont les retombées sur la première destination touristique du Maroc, Marrakech, nuisent autant à son image qu’à celle du pays. Et cela sans compter le risque sécuritaire encouru par les touristes, premières «victimes» des locataires «volants», totalement inconnus des services de police.



Place Jamäa Lfna
Place Jamäa Lfna

   Le phénomène qui a pris racine depuis des années, avec une croissance exponentielle, a permis à des canaux de distribution de se mettre en place sans encadrement réglementaire et encore moins de fiscalisation, manne qui échappe à l’Etat. Deux types d’hébergement ont particulièrement fleuri dans la cité ocre sans aucun contrôle: les maisons d’hôtes et les appartements meublés.
 
  Un hébergement sauvage qui nuit aussi aux hôteliers, les autres victimes de cet informel. Depuis plus d’un mois, les autorités locales et la délégation du tourisme sont sur plusieurs fronts pour la traque. «Nous allons ratisser large», promet-on du côté des autorités locales. Sur le terrain, la riposte s’organise. Le travail des commissions de contrôle et de classement s’intensifie.
 
  L’objectif premier est de dresser un état des lieux exhaustif de l’offre informelle. Selon les résultats préliminaires, près 116 nouvelles maisons d’hôtes, qui opéraient sans autorisation, ont été forcées à basculer dans le circuit légal. Ce qui devrait porter à 780 le nombre de maisons d’hôtes officiellement déclarées. Les autorités ne sont pas au bout de leurs peines.
 
  La commission, qui avait espéré terminer la première phase de recensement en mars dernier, a rallongé les délais car «Marrakech compte en réalité beaucoup plus de riads et villas qui se sont transformés en maisons d’hôtes et qui exercent la profession en toute illégalité», indique Mohamed Gabroun, délégué du ministère du Tourisme. Des unités qui opèrent clandestinement sans payer de taxes, ce qui fait grincer les dents des hôteliers.
 
  “Nous sommes assujettis à une vingtaine de taxes et il est inconcevable que la concurrence ne le soit pas”, estiment les professionnels. L’Association des maisons d’hôtes de Marrakech et du Sud (AMHMS) partage cet avis et réclame ce «nettoyage» depuis 2009, indique son président Wadie Tyouss, qui souhaite que «l’étape de recensement soit accompagnée de sanctions». C’est également prévu.
 
  La circulaire des ministères du Tourisme et de l’Intérieur prévoit des sanctions qui vont du blâme à la fermeture des établissements exerçant dans l’illégalité. Car, l’enjeu est d’assainir le secteur, reclasser les établissements connus et identifier les brebis galeuses qui échappent au fisc. 
 
L’autre type d’hébergement dans le collimateur, les appartements meublés, en floraison aussi depuis plusieurs années. Ils appartiennent à des propriétaires traditionnels qui ont préféré des locations sauvages et épisodiques, leur permettant de garder le contrôle sur leur bien. Ce cas est beaucoup plus compliqué. D’abord,  à cause de leur emplacement, dans des lieux éclatés de la ville (Hivernage, Guéliz, Saada, Hay Hassani, Nakhil…). Et de plus, certains propriétaires sont munis d’une autorisation délivrée par l’arrondissement.
 
Les premiers recensements de la commission de contrôle ont fait état de 480 unités (appartements, villas et maisons) meublées et situées dans les districts de l’Hivernage  et Hay Mohammadi. Ces résultats ne citent aucun bien dans le quartier Guéliz, où la location meublée par nuit fait pourtant rage. Ces appartements, studios et villas, s’inscrivent en effet dans un marché noir échappant au minimum à deux taxes en dehors de celles qui sont imposées aux établissements d’hébergements: l’impôt sur le revenu (puisque la location n’est pas sous contrat) et la taxe d’édilité.
 
Dans tous les cas, la mise en œuvre de cette traque à l’informel sera suivie par une sensibilisation des structures hôtelières sur l’importance de leur classification pour leur permettre de se mettre à niveau dans les meilleurs délais avant un contrôle de classement.
 
Source: L’Economiste

Mohamed Rial



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