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Presse Touristique : quel journalisme pour quel apport ?


Vendredi 23 Mai 2014

Le secteur du tourisme, décrété priorité économique nationale depuis 2010, n’est, malheureusement, pas bien médiatisé comme il se doit. Plus de 44 ans de pratique touristique dans le pays n’ont pas permet, hélas, l’émergence d’une presse touristique spécialisée dans les règles de la profession.



 
  Le secteur du tourisme, décrété priorité économique nationale depuis 2010, n’est, malheureusement, pas bien médiatisé comme il se doit. Plus de 44 ans de pratique touristique dans le pays n’ont pas permet, hélas, l’émergence d’une presse touristique spécialisée dans les règles de la profession. Or cette dimension de priorité économique actuelle du tourisme, réclame une bonne médiation du secteur dans les divers médias (journaux, télévisions, presse électronique, radios…). Ce n’est pas le cas ce qui laisse le champ libre de dire n’importe quoi et traiter les sujets n’importe comment.
  Or le tourisme est un secteur pointu aux ramifications nombreuses (voyages, transport aérien, transport terrestre, hôtellerie, restauration, excursions, golf, Bien Etre, formation professionnelle, salons du tourisme, croisières, tourisme de masse, écologique, du luxe, balnéaire, culturel…). Il est décevant de remarquer au niveau des télévisions nationales, qu’aucune grande importance n’est accordée au secteur du tourisme. Absence de reportages sur les différents produits touristiques, absence d’émissions débats pour discuter des diverses problématiques touristiques, absence d’entretiens avec les différents responsables, opérateurs et professionnels …

  Du côté de la presse écrite, la presse spécialisée et les journalistes spécialisés en tourisme sont comptés sur les doigts d’une seule main. Le tourisme est donc souvent traité par des journalistes généralistes qui traitent les sujets selon les éléments mis à leur disposition par tel ou tel organisme ou tel ou tel professionnel. Le travail de terrain ainsi que l’investigation dans le vrai sens du terme sont quasi absentes dans ce domaine. Résultat on tombe, dans la plupart du temps, dans une pratique sous forme de caisse de résonance des activités des responsables, loin de tout recul par rapport à des sujets relevant du tourisme, prise de position ou critique constructive.

  Or un tel secteur prioritaire, d’un grand apport pour l’économie nationale comme pour les économies régionales, demande une médiatisation qui doit être au niveau  de cette priorité nationale. Cela suppose d’abord un bon accès aux sources d’information (ce qui n’est pas le cas actuellement du tout et à tous les niveaux) pour pouvoir véhiculer l’information qu’il faut à la fois pour le grand public comme pour les professionnels et opérateurs du secteur, dans le cadre d’un droit véridique à l’information.

Ne peut bien informer que celui qui est bien informé, d’abord. Puis ne peut bien informé que celui qui fait du terrain, qui fait de l’investigation et qui cumule avec le temps de l’expérience dans la pratique du métier à travers le contact et la présence effective dans les diverses manifestations, réunions et évènements qui touchent de près ou de loin le secteur. Pour illustrer cela, nous rappelons que la dernière édition du premier salon touristique mondiale, l’ITB de Berlin, avait connu l’accréditation de plus de  6 000 journalistes, en provenance de 94 pays, tout média confondu. Allez-y demander combien de journalistes spécialisés marocains étaient présents?

   Quand des journalistes généralistes sont invités pour couvrir tel ou tel salon international du tourisme, c’est dans la majorité des cas pour rapporter des activités officielles de tel ou tel responsable national du tourisme, notamment celles du  ministre et le DG de l’ONMT. Il s’agit là d’une information qui ne doit en aucun cas occulter un bon reportage (sinon deux ou trois) sur les activités des professionnels participants, des pays concurrents. A la fois une approche d’analyse critique est demandée pour éclairer l’opinion publique et les professionnels du secteur ainsi que les opérateurs économiques.

  Moralité une presse touristique spécialisée est nécessaire pour l’accompagnement du secteur dans toutes ses composantes et ses phases de développement. La pratique démocratique et déontologique de la profession stipule que l’information est sacrée et que le commentaire libre, sinon on sort définitivement du droit à la liberté d’expression et on tombe dans la désinformation sinon dans l’amplification et le maquillage d’une information qui ne sert que les intérêts de ceux qui tiennent à la véhiculer et rien d’autre, à n’importe quel prix et avec n’importe quelle pratique…
  Aucune évaluation ou accompagnement sérieux ne seront possible, dans le cadre de l’exercice du journalisme spécialisé en tourisme sans le respect de la déontologie professionnelle. Mais surtout sans une reconnaissance, une participation dynamique dans le cadre d’un bon accès à l’information, de la part des responsables mais de tous les intervenants du secteur.

  En conclusion, une presse responsable n’est pas faite pour plaire. Les grands reporters et journalistes chevronnés disent qu’une presse responsable doit déranger dans l’objectif d’attirer l’attention comme  le faut sur les problèmes économiques, sociaux, culturels et politiques.... Sa mission noble est de soulever des problématiques, alerter, critiquer, analyser, prendre position, dénoncer, mais aussi proposer des solutions et mettre également en valeur, quand il le faut, tout travail méritant dans le cadre du vrai développement du secteur.

L’un n’empêche pas l’autre quand c’est fait avec sincérité, professionnalisme, efficacité et responsabilité. La conviction qui prime est de participer à valoriser un secteur priorité et à le défendre, sur la base de vérités mêmes si ces vérités dérangent souvent et ne font pas plaisir aux responsables du secteur et autres. Jamais un journaliste qui se respecte n’écrit pour faire plaisir. IL assure en quelque sorte le rôle d’une douleur physique qui annonce qu’il y a un mal quelque part. AU malade de se soigner ou non mais à condition de ne pas contaminer les autres et transformer des contre vérité en vérité absolue.
 
Mohamed RIAL

Mohamed Rial




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