Souss Apiculture Rucher d’Inzerki : Le plus grand rucher collectif au monde. 4 000 ruches, 50 000 abeilles et 25 000 litres de miel


Lundi 16 Janvier 2012

Le plus ancien rucher collectif traditionnel au monde, s’appelle Taddart d’Inzerki ou « Taddart ou Guerram ». IL est situé dans la commune rurale d’Argana, à 80 km au nord d’Agadir. Selon les membres de l’association Igounane Igounane-Inzerki, ONG nouvellement créée pour sauvegarder cet important patrimoine apicole, le rucher se compose aujourd’hui de 279 cases. La production est partagée par plusieurs douars de la tribu et reste un héritage ancestral de valeur.



Souss   Apiculture  Rucher d’Inzerki : Le plus grand rucher collectif au monde. 4 000 ruches, 50 000 abeilles et 25 000 litres de miel


 

   Le plus ancien rucher collectif traditionnel au monde, s’appelle  Taddart d’Inzerki ou « Taddart ou Guerram ». IL est situé dans la commune rurale d’Argana, à 80 km au nord d’Agadir. Selon les membres de l’association Igounane Igounane-Inzerki, ONG nouvellement créée pour sauvegarder cet important patrimoine apicole, le rucher se compose aujourd’hui de 279 cases. La production est partagée par plusieurs douars de la tribu et reste un héritage ancestral de valeur.

 

   Chaque case peut contenir en moyenne 15 à 20 ruches traditionnelles, soit environ 4.180 ruches. Si on considère que chaque ruche peut produire 6 litres de miel minimum. Le rendement annuel serait de 25.000 litres de miel, à base de thym (Tazouknnit), le miel le plus prisé et le plus cher également, avec pas moins de 500 Dh le litre. D’autres plantes médicinales locales très variées entrent dans la fabrication du miel à Inzerki ; d’où d’ailleurs, la renommée dans le Souss, de la qualité exceptionnelle du miel qui reste très prisée à la fois pour des usages médicinales et nutritives.

 

 Le Rucher  d’Inzerki,  de part sa longévité, par son emplacement, en pleine nature, dans un milieu végétal particulier, comme par les techniques traditionnelles utilisées pour extraire le miel, est un vrai patrimoine apicole qui mérite des égards. Il s’agit en fait et clairement de mettre tous les moyens nécessaires pour pérenniser à travers la réhabilitation de cette structure, les techniques artisanales et ancestrales en la matière.

 

    Il s’agit, en fait, de préserver à travers ce rucher d’un autre temps, une activité rurale unique en son genre au Maroc. Bref, un patrimoine parti D’autant plus que cela est très productif et rapporte un gain consistant aux populations locales avoisinantes. Un patrimoine qui  doit donc être sauvegardé comme il se doit. Il est par ailleurs associé à  un autre patrimoine, qui est celui des «  Agadirs » (les fameux greniers collectifs du Souss). Ce patrimoine basé sur le collectivisme, issu d’une pratique économique sociale, permettait aux habitants des villages reculés dans des zones de montagne, difficilement accessibles, de protéger leurs économies, leurs récoltes et mêmes les abeilles des incursions des tribus voisines et de la convoitise des voleurs.


    A 1000 mètres d’altitude, orienté sud pour un ensoleillement maximal, le rucher d’Inzerki est intelligemment implanté et conçu. Bâti en pisé, le rucher depuis sa construction a été transmis d’une génération à une autre. Il a fonctionné en partie jusqu’aux crues violentes de 1990 et 1996. Ainsi, plusieurs compartiments se sont écroulés lors de ses intempéries. Ce phénomène conjugué à des années sécheresse avaient engendré la dégradation de la flore a causé la transhumance des apiculteurs et de leurs colonies d’abeilles ailleurs, entraînant le délaissement du rucher pendant des décennies.    

 

    Ces dernières années, l’amélioration de la pluviométrie dans la région, générant un fleurissement de la végétation, a poussé les apiculteurs à envisager la réinstallation leurs ruches sur place. Le rucher
a été restauré en 2006 avec le soutien de l’USAID dans le cadre du développement du tourisme rural. Il avait fait déjà l’objet de rénovation tout d’abord en 1980 avec l’aide d’une association française et par la suite en 1996 avec le soutien de l’Unesco.

 

 

  Notre confrère  l’Economiste, rapporte, dans un article de Malika Alami, que « jadis, l’activité des abeilles sur les lieux engendrait un bruit énorme qui s’entendait à des kilomètres», raconte un habitant de la localité. Normal, le rucher pouvait contenir jusqu’à 4.000 ruches environ lors de son activité maximale. Aussi si l’on considère que chaque ruche contenait 40.000 à 50.000 abeilles on atteint, incroyable mais vrai, une population totale de plus de 150 millions d’abeilles qui travaillaient dans cet immense rucher et son voisinage, ce qui devait provoquer un vrombissement audible à plusieurs kilomètres.

 

   Au cœur des montagnes du Haut-Atlas, le plus ancien et le plus grand rucher collectif au monde est un réel patrimoine dont la construction remonte à 1850. Pour y arriver, après près d’une heure de trajet sur la route nationale 8, il faut encore passer autant de temps sur une longue et sinueuse piste poussiéreuse. Mais le site vaut le détour. Sur un versant sud à une altitude moyenne de 980 mètres, une structure d’un autre temps, trône au milieu de nulle part.


   Aucune habitation à proximité, du moins visible, des montagnes, des collines et le silence au cœur d’une végétation diversifiée. Le choix de l’emplacement n’est pas fortuit. Il aurait été déterminé par la présence de nombreuses plantes mellifères comprenant particulièrement les arganiers, les amandiers, les palmiers, les dattiers, la lavande et diverses sortes de thym. Bref, un environnement exceptionnel naturel, qui mérite amplement le détour agrémenté par un bon vert de thé accompagné du miel et de l’amlou. Un délice pour tous.

Souss   Apiculture  Rucher d’Inzerki : Le plus grand rucher collectif au monde. 4 000 ruches, 50 000 abeilles et 25 000 litres de miel

Souss   Apiculture  Rucher d’Inzerki : Le plus grand rucher collectif au monde. 4 000 ruches, 50 000 abeilles et 25 000 litres de miel

Mohamed Rial