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Tinghir, une province en pleine métamorphose…


Vendredi 27 Juin 2014

Située aux confins de la région Souss Massa Drâa, Tinghir fait la jonction entre le Haut Atlas et l’Anti-Atlas. Ses magnifiques palmeraies et oasis tapissent le fond des vallées. Ses gorges majestueuses sont autant de points de passage et de rencontre pour les populations montagnardes et celles du désert. Depuis la nuit des temps, Tinghir est le carrefour ethnique et culturel du Grand Sud Marocain. En témoigne l’héritage somptueux de Kasbah et de Ksours, qui tous portent des traces de ces influence : Amazigh, Juif, Arabe, Subsaharien, Européen,…



Depuis longtemps, Tinghir semblait avoir été délaissée. Sa population s’est tournée vers l’étranger, suivant le flux de différents courants migratoires. Le « Mellah » (quartier juif), s’est vidé de ses habitants, dans les années 50-60, au moment de la création d’Israël. Nombreux sont ceux qui ont répondu à l’appel de la terre promise. Pour ceux qui sont intéressés par cette histoire, un film documentaire de Kamal Hachkar : « Tinghir-Jérusalem, Les échos du Mellah » (visible sur Youtube), retrace l’histoire de cette double identité des Juifs-Marocains.

 

L’Europe vit aussi l’arrivée de nombreux habitants de la région, qui sont partis dans « les bonnes années », tenter leur chance sur le marché du travail, alors en pleine expension. Ceux qu’on appelle maintenant les MRE (Marocains résidents à l’étranger), ou plus ironiquement « Les immigrés », n’ont cessé d’alimenter l’économie de la région en ramenant des devises. Encore une fois, cet état de fait à façonné le paysage de la région, parsemée de construction modernes (mais dans le style particulier de la région), parfois gigantesques, bâties par les MRE de retour au pays, pour les vacances ou pour la retraite.


Le fabriquant de souflets
Le fabriquant de souflets

Le tourisme des années 80-90, surtout basé sur les circuits du Grand-Sud, à lui aussi d’une certaine façon modifié le paysage, en faisant fleurir une multitude d’hôtels, auberges, maisons d’hôtes, restaurants,… Sur tous les axes routiers touristiques.

 

Et puis, durant une bonne quinzaine d’années, Tinghir sembla entrer en léthargie. Le déclin de ce type de tourisme, la crise mondiale, et différents éléments amenèrent un certain désintéressement pour cette région. Finalement, en 2009, Tinghir acquiert le statut officiel de « Province », se détachant de Ouarzazate dont elle dépendait auparavant. Ce nouveau statut fut un « réveil » pour la région et depuis elle ne cesse d’évoluer. La ville de Tinghir compte actuellement près de quarante mille habitants, alors que la province en totalise plus de deux cent quatre vingt mille.


Le potier
Le potier

Sous l’impulsion du nouveau Gouverneur : M. Lahcen AGHJDAM, le défi de redonner vie à cette région est relévé. Pour ceux qui n’y sont plus passé depuis quatre ou cinq ans, ce défi est nettement visible dès l’approche de la ville. Une politique de grands travaux à été mise en place, permettant de mettre la ville à niveau. Réfection et élargissement des voiries, rénovation du système d’approvisionnement en eau potable et l’égouttage. Construction de nouveaux bâtiments officiels abritant les services à la population. Désenclavement des douars et villages difficilement accessibles auparavant.

 

Au niveau des initiatives privées, de nombreux hôtels, auberges et maisons d’hôtes sont aussi remises à niveau. Le Conseil Provincial du Tourisme, très dynamique, à entamé avec les instances régionales, une cartographie complète de tous les hébergements, dans le but de les classifier et d’officialiser les pratiques d’accueil touristique. Nombre d’hébergeurs officient sans autorisation ! Ceci n’étant pas fait dans un but répressif, mais dans un but d’aide à ces structures pour apporter un meilleur service aux touristes et valoriser la région. Le Conseil Provincial du Tourisme essaye aussi au maximum de protéger le patrimoine des Kasbah de la région, souvent laissées à l’abandon. Les propriétaires sont motivés à entamer le processus de restauration de ce patrimoine, en sollicitant des aides de la région.

 

Toutes ces actions ont un résultat visible, faisant de cet endroit l’un des plus beaux et des plus accueillants pour le touriste dans le Sud du Maroc. Quand on y ajoute la diversité des lieux et le potentiel de développement touristique, on commence à rêver… Et ce qui est merveilleux, c’est que ce n’est pas un rêve utopique. Tinghir peut très rapidement redevenir une région phare pour le tourisme au Maroc. Ce n’est qu’une question de volonté, de ténacité, d’organisation et surtout de promotion. Repensons à cette phrase : « Le faire : c’est bien, le faire savoir : c’est encore mieux » !!!


Petit tour non exhaustif du potentiel touristique de la région de Tinghir :

Les gorges du Todgha
Les gorges du Todgha

Les Gorges du Todgha : emblème de la région, ces gorges sont certainement les plus belles du Maroc. Pour preuve, de nombreux films y ont été tournés (Lawrence d’Arabie, 100.000 Dollars au Soleil, La Momie,… Aujourd’hui, ses falaises de plus de 300 mètres de haut font le bonheur des alpinistes. Avec plus de 650 voies d’escalade répertoriées, c’est le premier site d’escalade au Maroc.

 

Depuis peu, une initiative locale de la société « Aventures Verticales » à amené à la création de la première « Via Ferrata » au Maroc. Un équipement d’une partie des falaises permet à tout un chacun de vivre les sensations de l’alpinisme, en toute sécurité. Un câble d’acier scellé dans la roche par des pitons, ainsi que des marches et autres accessoires, donnent la possibilité de parcourir une vraie voie d’escalade. Le participant est équipé d’un casque, d’un baudrier et d’un système de double sangle avec mousquetons. Cet équipement assure la sécurité : le candidat escaladeur est toujours relié avec une ou les deux sangles au câble d’acier et aucune chute n’est possible. L’organisateur nous confie : cette initiative est surtout dédiée aux touristes nationaux, n’ayant pas la culture de l’escalade qu’on les occidentaux. En Europe, l’escalade est très développée depuis de nombreuses années, pas au Maroc. De cette façon nous apportons aux Marocains la joie de connaître cette activité magnifique. Chaque semaine, des jeunes de la région sont invités a pratiquer le Via Ferrata gratuitement, pour aussi les sensibiliser à ce sport. Un club local d’escalade à été crée pour les jeunes et une école de guide d’escalade est en projet.

 

Après le passage des gorges, la vallée du Todgha remonte vers les sommets du Haut Atlas, par une succession de passages plus beaux les uns que les autres. Des paysages dignes du Grand Canyon du Colorado se succèdent sur des dizaines de kilomètres. Les petits villages de montagne, les Kasbah et autres Ksours sont nombreux. La population est accueillante et les touristes bienvenus.


l'oasis de Tinghir
l'oasis de Tinghir

L’oasis de Tinghir : Longue de plus de 30 kilomètres, l’oasis de Tinghir est le lieu le plus haut en altitude consacré à la culture du palmier dattier. Quoi que ces dernières années, la culture de l’olivier prends de plus en plus de place. Cette oasis est magnifique, parsemée elle aussi d’une multitude de Kasbah et Ksours. Les cultures traditionnelles et le système d’irrigation y vient de la nuit des temps. Une ancienne mosquée en cours de restauration dans le Ksar de Tinghir vaut vraiment le détour. Preuve de l’implication des habitants, qui avec l’aide d’européens tentent de sauvegarder le patrimoine.

 

De nombreux artisans perpétuent aussi un savoir faire ancestral : poterie, tissage de tapis, fabrication de soufflets ou de poignards… Vous pouvez visiter les ateliers ou les coopératives artisanales.


Les gorges du Dadès
Les gorges du Dadès

Les Gorges du Dadès : longues de soixante kilomètres, les gorges du Dadès sont une succession de passages étroits et plus larges, dans une ambiance minérale de parois, amoncellements rocheux, et formations rocheuses exceptionnelles, telle les doigts de singe… Une route à effectuer en prenant le temps de s’arrêter et de visiter les nombreuses curiosités. Bien entendu, les Kasbah s’étendent tout au long des vallées, parfois perchées sur des promontoirs rocheux, offrant des vues à couper le souffle. La route semble accrochée au bord du vide, donnant le vertige aux passagers…


Les Gorges du M'Goun
Les Gorges du M'Goun

Gorges du M’Goun et Kelaat M’Gouna : la vallée des roses est connue pour la culture des roses de Damas et les produits dérivés telle « l’eau de rose » réputée même au-delà des frontières du Royaume. En partant de la petite ville de Kelaat M’Gouna, riche en boutiques, coopératives et autres centres de traitement des produits des roses, la vallé remonte vers les gorges du M’Goun, communiquant ensuite avec celles du Dadès et formant un circuit touristique de toute beauté.


Les hautes vallées
Les hautes vallées

Au-delà de ces lieux à fort potentiel touristique bien connus, la région regorge entre-autre de nombreuses curiosités qui valent le détour. Parfois plus difficiles d’accès, parfois carrément isolées et demandant de longues marches à pieds dans les montagnes ou un solide 4x4 bien équipé. Des agences de trekking locales proposent la découverte de vallées montagneuses isolées, où l’on rencontre des nomades et des tribus montagnardes. Une expérience à vivre pour les amateurs de nature et d’exercice physique.

 

A l’opposé, le massif du Jebel Saghro offre lui aussi un potentiel inestimable de découvertes et d’aventures sportives et culturelles. Ce massif montagneux très aride et sauvage est lui aussi chargé d’histoire. On vous recommande la randonnée, accompagnée de mulets qui portent les bagages, à la découverte des petits villages de la tribu des « Ait Atta », de valeureux guerriers qui tinrent tête à l’armée Française dans les années 1930…


INFOS:

Les gorges du Dadès
Les gorges du Dadès

Pour plus d’infos sur la région, de nombreux portails et sites internet donnent une multitude d’informations.

 

http://cu-tinghir.com/

 

http://tinghir.ma/


http://www.escalade-au-maroc.com/

 

https://www.facebook.com/CPTTinghir

 

 


Bienvenue...
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La Via Ferrata des gorges du Todgha
La Via Ferrata des gorges du Todgha


Marc D'Haenen




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