thrmagazine

Tourisme Formation professionnelle / SOS. Revoir le processus de A à Z et bien impliquer les professionnels


Lundi 24 Mars 2014

Le Maroc connaît, d’année en année, un important investissement hôtelier dans les principales destinations touristiques : Marrakech, en premier lieu, Casablanca, Agadir, Fès, Tanger etc… Mais qu’en est-il de l’investissement dans la formation professionnelle ? Rien de bien positif à signaler, malheureusement, pour accompagner la réalisation de nouvelles unités hôtelières.



 
 Le Maroc connaît, d’année en année, un important investissement hôtelier dans les principales destinations touristiques : Marrakech, en premier lieu, Casablanca, Agadir, Fès, Tanger etc… Mais qu’en est-il de l’investissement dans la formation professionnelle ? Rien de bien positif à signaler, malheureusement, pour accompagner la réalisation de nouvelles unités hôtelières.
  Or sans maîtrise de la formation professionnelle en tourisme et hôtellerie, point de salut pour le secteur qui pâtit des mauvaises prestations d’une qualité très reprochable. Résultat un produit non satisfaisant et qui laisse de loin à désirer au long de toute l’échelle, à commencer par l’accueil, hébergement, restauration, l’information touristique, les taxis etc….
  Sur le terrain, le constat est amère, dénoncé par les clients (nationaux et internationaux) et par les professionnels eux mêmes confrontés au quotidien aux néfastes conséquences d’une formation mal conçue et mal adaptée. On dispose de grands établissements hôteliers de grande qualité voire même de dernière génération, alors que le service est de bas de gamme, fait par un personnel formé à la va-vite, par des pseudos formateurs et par des approches qui privilégient la quantité à la qualité. La formation dispensée par l’OFPPT, en matière d’hôtellerie et tourisme, dénoncée par tous les professionnels, est un cas flagrant dont sont victimes nos jeunes qui sortent avec des « diplômes » non reconnus par les professionnels de terrain, dans la grande majorité des filières enseignées, ne faisant qu’amplifier encore la lourde liste des chômeurs diplômés.
   Justement l’une des solutions pratiques à adopter pour palier au mal que vit le pays en matière de  formation professionnelle en tourisme et hôtellerie, est d’impliquer les professionnels du tourisme dans tous le processus de la formation, soit de A à Z : élaboration de cursus, cours théoriques et pratiques, stages encadrés, élaboration des examens, pré - embauches et recrutement final. Bref, les professionnels doivent  participer à la formation  des profils dont ils en besoin, assumant ainsi une bonne partie dans la réalisation de prestation de qualité, car ne pouvant plus rejeter le tort sur les autres.

   Ceci dit, cette implication des professionnels dans le déroulement de la formation, doit être bien définie, bien structurée, approuvée par les Pouvoirs Publics et doit concerner à la fois les établissements étatiques comme les établissements privés, de formation. ON ne peut plus permettre à n’importe qui de faire n’importe quoi, n’importe comment et n’importe où avec n’importe quelle approche sur la base de n’importe quel programme dans de la formation professionnelle dans le secteur du tourisme, érigé en priorité économique nationale depuis 14 ans.
  IL est par ailleurs grave de constater que la formation professionnelle reste le parent pauvre des deux Visions ( 2010 et 2020). Aussi paradoxal que cela puisse paraître jamais un ministre du tourisme n’a démontré son souci réel d’améliorer la formation de professionnelle et encore moins une réelle implication pour revoir, corriger et donner un élan à la qualité de formation, à travers des approches novatrices, à travers des méthodologies modernes et à travers des pédagogies qui favorisent l’éveil de l’apprenant et non son abrutissement à travers des cours qu’il doit apprendre sans comprendre.
  Quant au volet stage pratique, c’est là un vrai drame faisant des stagiaires de vrais « esclaves » entre les mains de certains hôteliers, restaurateurs et autres, sans scrupules, les exploitant au maximum, dans les divers services, sans aucun vrai apport en matière de stage et aucun suivi ni par les formateurs ni par l’établissements et encore moins par les chefs de services des établissements hôteliers. Bref, ce qui se passe sur le terrain, c ‘est de l’anti formation professionnelle pure et dure qui porte un vrai préjudice au secteur et qui déstabilise nos jeunes, pleins de volonté qui croient apprendre un métier alors qu’ils sont en train de vivre un leurre vraiment cauchemardesque, qu’il découvre en fin de « dé » formation.
  Il est grand temps de faire des métiers du tourisme de vrais métiers d’excellence avec tout ce que porte le sens de ce mot. Il est vraiment incroyable que le sujet de la formation professionnelle, en tourisme et hôtellerie, soit vraiment négligée par les gouvernements précédents, par l’actuel aussi, alors que tous les «  politiciens » vous parlent dans leur discours pompeux de formation de jeunes, de recrutements, de créations d’emplois, d’égalité des changes, de lutte contre les disparités sociales…
  IL s’agit tout de même d’un secteur pilier de l’économie nationale ; grâce aux apports de devises, aux effets multiplicateurs sur les autres secteurs, créations d’emplois… Le Maroc est un pays à grande vocation touristique qui demande l’implication de tous, à commencer par une réelle implication des Pouvoirs Publics à travers les réglementations, les accords, les partenariats qu’il faut. ET si vraiment on est à court d’idée, on n’a qu’à regarder du côté de l’expérience française en la matière,  de l’expérience allemande, l’expérience suisse et de l’expérience canadienne pour tirer les enseignements qu’il faut pour les  besoins de notre tourisme dans ses différentes composantes et facettes.
 Et pour recommencer à bien faire les choses ; l’organisation d’un grand débat, sur la formation professionnelle, au niveau des régions touristiques,(vu les spécificités de chaque produit régional); puis par un débat national pour faire la synthèse qu’il faut et tracer le chemin qu’il faut prendre afin de mettre le train de la formation sur les rails, car là il a trop dérivé faisant des victimes partout, s’impose. Il faut savoir se remettre en question. La sagesse veut qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire… C’est à la fois une question de bon sens ; de volonté et de responsabilité visa vis d’un secteur, d’une jeunesse avide de formation et d’emplois et d’un secteur en développement.
 
 Mohamed  RIAL



Mohamed Rial




Recherche

Météo Agadir

Facebook







Partager ce site


Galerie
THR-Jan_Fev_2016_Magazine1-1
THR-NOV_DEC_2015_Magazine1-1-1
C1_Aout_Sep_15 (2)
Couverture_THR_Nov_Dec_2014 (2)
THR_Couv_01_Sep_Oct
THR-Juillet_Aout_2014_On_Line-1




Galerie
020
019
018
016
017
015
014
013
012
011
005
bateaux