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Tourisme Gouverance ( 4 ème Partie) : « Professionnalisme, Compétence, Coordination, Communication et Efficacité… » Des Mots d’ordre pour les ADT.


Lundi 8 Octobre 2012

Les Agences de Développement Touristiques (ADT) constituent une nouvelle approche de la gestion, dans le cadre de la nouvelle gouvernance, du tourisme à l’échelon régional. Il est évident qu’entre la théorie et la pratique, il y a un monde. C’est donc avec l’application sur le terrain que ce nouveau concept va démontrer son efficacité ou non. Il est certain qui si l’on comprend les dispositions nécessaires, si on effectue un travail dans le cadre d’une synergie entre tutelle, autorités, professionnels, élus, services extérieurs de l’Etat et autres intervenants dans le secteur du tourisme, on est capable de faire du bon travail pour le développement du secteur et pour mener à bien les objectifs de la Vision 2020. Il est évident aussi que tout travail reste sujet à des remarques et critiques et demeure perfectible.



Tourisme     Gouverance  ( 4 ème Partie) : «  Professionnalisme, Compétence, Coordination, Communication et Efficacité… » Des Mots d’ordre pour les ADT.
     Les Agences de Développement Touristiques (ADT) constituent une nouvelle approche de la gestion, dans le cadre de la nouvelle gouvernance, du tourisme à l’échelon régional. Il est évident qu’entre la théorie et la pratique, il y a un monde. C’est donc avec l’application sur le terrain que ce nouveau concept va démontrer son efficacité ou non. Il est certain qui si l’on comprend les dispositions nécessaires, si on effectue un travail dans le cadre d’une synergie entre tutelle, autorités, professionnels, élus, services extérieurs de l’Etat et autres intervenants dans le secteur du tourisme, on est capable de faire du bon travail pour le développement du secteur et pour mener à bien les objectifs de la Vision 2020. Il est évident aussi que tout travail reste sujet à des remarques et critiques et demeure perfectible.
   Les facteurs clés de succès des ADT sont par ailleurs bien consignés par les concepteurs et sont comme suit :
un pouvoir décisionnel ; des moyens financiers ; un cadre attractif pour attirer les bonnes compétences ; une agilité et souplesse des modalités de gestion pour être cohérent avec la spécificité de l’activité. IL est demandé à l’Etat d’appuyer les ADT, à travers ces facteurs, pour faire émerger des structures leaders du tourisme en tant qu’interlocuteur unique dans les territoires qui font faire fédérer et mobiliser l’ensemble des acteurs locaux. Tout est donc dit, reste à bien l’appliquer sur le terrain.
  Une des missions qui fait tiquer les professionnels au sujet de la nouvelle configuration en vue est celle relative à la promotion des destinations régionales. Il est prévu que l’ONMT continuera toujours, entre autres, à assurer la Veille marchés et être une force commerciale sur les marchés émetteurs, mener les négociations avec les TO et Compagnies aériennes. Or dans le cadre de la régionalisation cette main mise sur la promotion n’a plus sa place, ou presque. IL est vrai qu’on ne peut réduire démesurément les actions l’ONMT outil de promotion du produit Maroc. Mais il n’est pas question non plus de le laisser agir à sa guise, comme il s’est toujours fait, en dehors de toute implication des professionnels, à la fois dans la décision et l’exécution de la Promotion Régionale ; ce qui cadre d’ailleurs avec l’esprit de la Régionalisation avancée.
  EN d’autres termes l’institutionnel national revient de fait à l’ONMT. Tout ce qui est régional : conception de brochures, campagnes promotionnelles, négociations avec les TO et compagnies aériennes, marketing, démarchage, présence dans les salons et aux évènements de promotion, doit revenir aux Régions, c’est à dire aux ADT, donc aux professionnels locaux appuyés par les compétences qu’il faut, notamment les délégations de l’ONMT à l’étranger et celles de la compagnie aérienne nationale RAM qui doit s’impliquer d’une manière plus dynamique et sérieuse à cette promotion. La maîtrise de la promotion régionale est un facteur déterminent qui va permettre aux Régions d’assumer leur responsabilité dans le développement touristique régional et ne plus rester tributaire des décisions qui émanent de Rabat, qui dans la plupart du temps ne cadrent pas avec les convictions,  les objectifs et les voeux des professionnels.
  Rappelons à ce titre que chaque région touristique a ses propres spécificités, ses propres atouts, ses propres produits, et intéressent une clientèle définie. Le produit touristique de Marrakech n’est pas celui d’Agadir, celui d’Agadir n’a rien à voir avec le produit de Fès, Fès n’a rien avoir non plus avec le produit de Ouarzazate etc.... On ne peut mettre tout le monde dans le même moule et faire appliquer une promotion conçue à la nationale pour des produits régionaux spécifiques. Le tourisme doit  s’inscrire dans la nouvelle démarche de la régionalisation et se détacher de toute centralité et concentration des décisions issues de Rabat au risque d’être en dehors de la Nouvelle Constitution ; mais également au risque d’entraver le développement touristique du fait de la marginalisation de nombreuses destination, dont Ouarzazate est l’exemple type.
  Les mots d’ordre des ADT, doivent être donc : «  Professionnalisme, Compétence, Coordination, communication, efficacité et autonomie dans la décision et l’exécution et gestion de proximité… ». On croit inventer la roue là, mais c’est ce qui se fait depuis des décennies dans les pays à vocation touristique véridique : Espagne, Turquie, France, Italie … Ils suffit de faire un tour dans les salons touristiques internationaux  pour voir la place importante des produits régionaux exposés et défendus par les professionnels. Le marché scandinave, intéresse d’abord le produit balnéaire d’Agadir, idem pour le marché allemand russe et polonais.
    Le marché vivier de Marrakech est la France. QU’on donne les moyens financiers et humains aux professionnels, à travers les ADT, pour gérer selon leurs besoins de marchés, leur vision pratique de promotion, signer les partenariats, à leur guise leur permettant ainsi  d’être maîtres des décisions qu’ils jugent prioritaires et nécessaires pour le développement touristique régional, ce qui n’exclue nullement une coordination intelligente avec l’ONMT.
  L’expérience du CRT Agadir, avec l’acquisition il y a quelques années de son propre stand au salon WTM de Londres et au salon de Moscou, a été très concluante et avait bien dynamisée les ventes et l’arrivée des clients sur Agadir, au moment ou les responsables du tourisme de l’époque ne juraient qu’avec les marchés prioritaires excluant les pays de l’Est, la Russie et la Scandinavie. IL est impensable de savoir que le marché scandinave générait il y a des années 75 000  clients sur Agadir (remplissait la destination balnéaire tout au long de six mois) et qu’actuellement on n’arrive même pas à 10 000, pour la simple raison que la « stratégie » de l’ONMT avait exclu la promotion le marketing et la stimulation des réseaux de distribution scandinaves au point de les marginaliser, durant des années consécutives. Eh bien au fil des ans, le résultat est là et pour reprendre le marché il faut se lever bien tôt.
  On n’a plus le droit de retomber dans ces erreurs stratégiques dictées et forcées par l’ONMT, seul acteur décisionnel de la promotion concernant la promotion régionale. Le moyen pour ne pas le faire est de permettre aux Régions Touristiques (Territoires dans la nouvelle appellation) de se prendre en charge totalement, en restant évidemment attachées aux orientations de la Vision 2020, en comptant sur l’appui de l’Etat, l’appui de l’ONMT, mais dans l’indépendance de gestion touristique nécessaire qui doit être sujette à des évaluations, des contrôles, des audits… l’un n’empêchant pas l’autre.
   On peut aller plus loin encore et réclamer à l’Etat l’ouverture de facultés du tourisme, dans les Universités de Marrakech, Agadir et Fès, pour permettre aux ADT d’avoir des outils de recherches universitaires devant les aides à voir clair dans le secteur, à travers des enquêtes de satisfaction, enquêtes de comportement, de consommateurs, sur l’aérien, l’impact du produit, de communication etc. Il est important aussi d’évaluer toutes les actions de promotion (présence dans les salons du tourisme, Road show, work shop…), de communication ( Eductours, voyages de presse, publicité institutionnelle dans les médias étrangers), faites par l’ONMT, pour savoir leurs impacts et leurs retombées sur le tourisme et surtout pour rectifier le tir et concrétiser un savoir faire professionnel et efficace.
   La faculté du Tourisme peut bien mener ce genre d’actions au  et faire ce travail en partenariat avec des experts, pour dresser un bilan de ce qui est réussi, ce qui est raté, afin d’approfondir les actions ou de les corriger pour être performent en matière de communication au service du développement du tourisme. La bataille du tourisme est aussi celle de la communication qui doit être menée d’une manière professionnelle, dans un secteur où la concurrence est à la fois agressive et rude entre destinations internationales. Bref, faire que le tourisme intègre son environnement régional dans une dynamique de développement économique et surtout durable, faite dans les règles de l’art.
  Signalons qu’en matière de communication et d’information touristique le produit marocain, avec toutes ses composantes connaît un déficit grave. Déjà dans les chaines de télé nationale, comme dans les radios, ln n’y pas d’émissions largement suffisantes et professionnelles sur le tourisme, encore moins des émissions de débats touristiques, pas de reportages sur les destinations et sur les divers produits touristiques non plus, et pourtant le secteur est reconnu comme priorité économique nationale, qui malheureusement ne jouit pas de la communication efficace qu’il faut.
   D’ailleurs au niveau des journalistes spécialisés en tourisme, le Maroc connaît  aussi un déficit flagrant. Une poignée de journalistes (comptés pour le bout des doigts des deux mains et pas plus), essaient de faire le nécessaire malgré le non accès à la source d’information, dans la marginalisation, lorsque ce n’est pas dans le rejet, le dénigrement de la part de certains responsables  à cause  de positions qui émanent du terrain et de la profession ne visant que la participation médiatique au développement du tourisme, chaque à travers son champ d’actions et ses compétences.
  En résumé, notre tourisme a effectivement besoin, à travers ces nouveaux moyens de gouvernance (Haute Autorité du Tourisme et ADT), de s’inscrire dans une nouvelle dynamique qui coupe cour avec des méthodes présentes et anciennes portant préjudice au secteur. La gestion de proximité, dans la cohérence, l’implication de tous les acteurs, la synergie entre les différents intervenants, doivent être à la règle. Le tourisme est l’affaire de tous et non uniquement celle du ministère de tutelle, de l’ONMT  ou de la SMIT. Les outils administratifs nationaux doivent être au service des Régions pour les appuyer dans le développement qu’il faut, en respectant les spécificités de chaque territoire touristique et en conforme coordination avec les professionnels, les premiers et les derniers intéressés.
  Il faut faire attention également à ne pas faire tomber les ADT dans des structures administratives trop lourdes qui handicaperaient  une gestion de proximité qui doit être très réactive, et bien efficace. L’objectif principal doit être surtout de faire de la promotion pour amener le plus de monde possible, en provenance de marchés les plus diversifiés possible, grâce à des liaisons aériennes  de point à point. L’objectif aussi de faire un bon suivi du produit et des prestations, dont une politique novatrice en matière d’animation et loisirs.
  Les ADT doivent fonctionner avec une dynamique qui fait avancer les choses, à l’écoute des professionnels, en gestion participative et s’éloigner de toute dépendance aveugle et handicapante de la décision centrale. Attention à ne pas accorder trop de missions aux ADT, car cela finira par se résumer à ne réussir aucune. IL y a déjà du beau travail à faire avec la promotion, la gestion de l’existent (au sujet du remplissage des hôtels et la résolution urgente du handicap de l’aérien), surtout en ces moments de difficultés économiques qui n’encouragent pas le développement du tourisme, comme dans le passé.
   Les ADT c’est pour 2014 nous apprend-on officiellement, oui mais d’ici là il faut parer à l’urgent. Et l’urgent est incontestablement l’aérien, d’abord l’aérien, puis l’aérien avant tout, en faisant le nécessaire pour appliquer le principe d’un siège - un lit car avec l’offre aérienne actuelle en perpétuelle déficit sur toutes les destinations touristiques, sans exception, le secteur souffre et sérieusement au risque de s’effondrer si l’on ne prend pas ce problème au sérieux. La bonne stratégie pour l’instant est celle qui va permettre de résoudre le problème de l’aérien et aujourd’hui, car demain c’est trop tard.
 
 Mohamed RIAL

Mohamed Rial




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