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Tourisme Gouvernance ( 3 ème Partie) « De la Haute Autorité du Tourisme : des oublis à corriger…)


Jeudi 4 Octobre 2012

Selon un document officiel émanent du ministère du tourisme, la raison d’être de là création de la Haute Autorité du Tourisme ( HAT) est de garantir la bonne exécution de la stratégie Vison 2020, dans le temps en appui de l’action gouvernementale. Parmi les missions assignés à la HAT, le fait de « favoriser la concertation avec le secteur privé et la société civile ». Ce que réclament les professionnels c’est une concertation pratique qui se caractérise par leur implication réelle et non uniquement la possibilité de donner un avis, qui ne sera pas pris en compte par l’Administration de tutelle.



Kasba Tamadot ds les environs de  Marrakech
Kasba Tamadot ds les environs de Marrakech
 Selon un document officiel émanent du ministère du tourisme, la raison d’être de là création de la Haute Autorité du Tourisme ( HAT) est de garantir la bonne exécution de la stratégie Vison 2020, dans le temps en appui de l’action gouvernementale. Parmi les missions assignés à la HAT, le fait de «  favoriser la concertation avec le secteur privé et la société civile ». Ce que réclament les professionnels c’est une concertation pratique qui se caractérise par leur  implication réelle et non uniquement la possibilité de donner un avis, qui ne sera pas pris en compte par l’Administration de tutelle.
  Précisons que dans les pays où le tourisme est une vraie priorité économique, les professionnels sont partie prenante et intégrante du développement du secteur, dans sa phase de réflexion, de la recherche de solutions, de participation à la promotion, de l’élaborer d’une bonne communication et de l’exécution des décisions prises en commun, notamment à l’échelon régional. Des réunions périodiques sont tenues avec les décideurs politiques (membres du gouvernement et autres) pour le suivi du développement touristique. Parfois, des invitations sont accordées aux TO pour venir donner leur avis et faire les propositions concrètes pour faire avancer le secteur.
   C’est le cas en Turquie, aux Canaries (où chaque commune rurale et urbaine dispose d’un département du tourisme dynamique qui facilite et accompagne le développement touristique). Ce fut le cas également en Tunisie (sous Ben Ali) où le tourisme rassemblait dans une grande réunion élargie, membres du gouvernement et professionnels, chaque premier vendredi du mois. Rappelons à titre d’exemple que lors des salons touristiques internationaux, une délégation  officielle composée par le ministre du tourisme, le DG de l’ONTT (Office National du Tourisme Tunisien), l’ambassadeur en exercice du pays qui abrite le salon, le PDG de Tunisair… va la rencontre des professionnels tunisiens présents dans le salon, les écoute et consignent  leurs doléances. Du jamais vu chez nous.
   Les ambassadeurs du Maroc, encore moins le DG de la RAM ne dédaignent pas se  déplacer dans les grands salons ( Top Resa, World Travel Market ou l’ ITB Berlin, à titre d’exemple) pour s’enquérir de la situation du tourisme à l’international, faire des contacts fructueux et mesurer à sa juste mesure la valeur de tourisme dans l’économie internationale. Cela nous conduit à parler droit des oublis de la HAT. Justement parmi les membres du gouvernement prévus dans le document relatif à la composition de cette instance, on remarque, étonnement, l’absence du ministre des Affaires étrangères, celle du ministre de la Jeunesse et Sports et celle du ministre de la Justice.
   Dans tous les pays, les ambassades ont la principale fonction diplomatique mais parallèlement assure également la fonction de facilitateur des relations économiques envers leurs pays respectifs. Un bon ambassadeur est un bon VPR qui cherche et développe toutes les opportunités possibles de développement économique vers son pays. Etant donné que le tourisme est érigé en priorité économique nationale, les ambassadeurs du Royaume doivent assurer la responsabilité de faire le nécessaire pour appuyer et accompagner le développement du tourisme. Malheureusement ce n’est pas le cas, et nos ambassadeurs n’osent même pas faire le déplacement dans les salons du tourisme, sauf pour accompagner, le ministre de tutelle s’il est sur place, pour un bout de temps. Et encore, tous ne le font pas du tout…
   Notre tourisme se base sur des clients étrangers qui sont nos hôtes pour des séjours touristiques. Des interventions du ministère des affaires Etrangères sont sollicitées pour la solution des problèmes de parcours ; la présence du ministre au sein de la HAT, est nécessaire. Elle l’est d’autant plus dans le cadre de la recherche d’investisseurs et opérateurs touristiques, qui en principe, ont le premier contact avec l’ambassade du Maroc, dans leurs pays. L’ambassadeur est donc un acteur dynamique qui doit défendre la cause du tourisme, par les propositions qu’il faut mais également par les actions sur place qu’il faut. Cela ne peut se faire que si son ministre figure dans la HAT et s’il lui donne les instructions dans ce sens.
  L’autre cas est celui de l’oubli du ministre de la Jeunesse et Sports, qui est flagrant à plusieurs raisons. Le tourisme est lié à beaucoup d’activités sportives. Le sport est un créneau qui apporte énormément à un pays touristique grâce à une valeur ajoutée qui dépasse de loin, celle du tourisme balnéaire de masse. C’est le cas pour le golf, pour les Ralleys autos et motos, c’est le cas pour les sports extrêmes, c’est le cas pour les sports nautiques (surf, kite surf, voile etc…). Le ministère de la Jeunesse et sports doit figurer en première place dans la liste des ministères qui composent la HAT. Nombreux sont les touristes qui ne connaissent le Maroc  qu’à travers leurs activités et leurs passions sportives ( trekking, randonnées en montagnes, spéléologies, chasse et pêche et autre). La présence de ce ministère n’est pas superflux du tout ; elle est nécessaire  d’autant plus que les sports sont de bons facteurs de promotion touristique.
  Venons en maintenant à l’oubli du ministre de la Justice. La justice concerne tout le monde, nationaux, comme étrangers touristes de passages ou résidants. Les litiges concernant les investisseurs touristiques étrangers sont nombreux chez nous. Des blocages monstrueux des investissements touristiques (hôtels et projets d’animation, entre autres) prévus par des nationaux et des étrangers sont nombreux. Seul le ministre de la Justice peut faire avancer et activer les procédures pour un vrai développement touristique. Rappelons qu’à Agadir, capitale du tourisme balnéaire national, des projets hôteliers ont bloqués depuis des années, dans l’attente de jugement définitif. La présence du ministre de la Justice dans la composition de la HAT, n’est pas vaine du tout, elle est par contre nécessaire, car capable de résoudre de nombreuses complications dues à la lenteur des jugements voire à des jugements inappropriées, du fait que les juges ne sont pas de bons connaisseurs des tenants et aboutissants du secteur du tourisme.
  Il est évident que la composition de la HAT, doit se faire avec un nombre suffisant de professionnels de terrain, représentants leurs associations respectives car ce sont eux qui gèrent au quotidien le tourisme du fait qu’il sont confrontés à résoudre les problèmes et problématiques touristiques, qui malheureusement sont bien nombreuses. Il n’est pas inutile d’associer les présidents de Régions à la composition de la HAT, pour concrétiser l’approche de gestion régionale, prévue par la constitution. Il est important également que la HAT tienne des réunions périodiques bien définies, pour assurer le bon suivi du développement touristique. L’idéal serait une réunion élargie tous les mois, en présence d’experts selon l’ordre du jour, sinon au grand minimum tous les deux mois.
   Il est plus judicieux encore que la HAT tienne ses réunions officielles, hors de Rabat, dans les principales destinations touristiques : Marrakech, Agadir, Fès, Tanger, Ouarzazate, pour voir sur le terrain de quoi souffre et notre tourisme et les professionnels de terrain. Il faut jouer la carte de la proximité et de détacher de la centralité que forme Rabat. L’approche de la HAT doit être une approche citoyenne à la fois responsable, participative et dynamique. Le tourisme ne doit plus rester un slogan de priorité économique nationale. Cela doit être concrétisé par des actes, par de la vraie écoute et par une participation effective des professionnels de terrain.
  Les professionnels du tourisme sont les vrais praticiens qui savent où se trouve le mal, qui savent faire le bon diagnostic et qui savent quels sont les bons remèdes à adopter. Les gouvernements avec les ministres de tourisme passent, les hommes de terrain que sont les professionnels, continuent de militer le jour au jour pour le développement du tourisme. Ils ont droit à l’écoute attentive, à la participation active de la gestion touristique et au respect qu’ils méritent.
  Depuis  son indépendance le Maroc, a connu pas moins de 35 ministres du tourisme. Certains professionnels et opérateurs touristiques sont sur le terrain depuis 40 ans. Malgré leur santé, leur âge, ils continuent à croire au développement touristique, ils continuent à s’investir et investir ; ils préparent la relève pour que le secteur se développe comme il se doit. Ces professionnels  ont le droit, en première loge, à la fois dans la composition de la HAT et des ADT. Le vrai développement du tourisme se fera avec leur implication ou ne se fera pas. La preuve en est la manière avec laquelle est généré le secteur en dehors de tout professionnalisme.
  Il ne peut y avoir désormais une administration qui décide toute seule de l’avenir du secteur et des professionnels largués à eux mêmes faisant de la figuration lors des réunions officielles. Le combat de développement du tourisme doit être commun dans lequel chacun apporte sa participation, basée sur la concertation et la conviction de réussir et d’aller en avant.
 
  Mohamed RIAL
 A suivre  4 ème partie : «  Professionnalisme, Compétence, Coordination, Communication et Efficacité … » Des mots d’ordre pour les ADT.

Mohamed Rial




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