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Tourisme Gouvernance : HAT & ADT L’implication des professionnels est garante de la réussite du processus.


Lundi 1 Octobre 2012

Au sein de l’administration, le facteur temps n’est pas conçu, malheureusement, de la même manière que chez le Privé. Pour ce dernier le temps c’est de l’argent. C’est ce qui fait la grande différence entre une gestion faite pas des fonctionnaires et une gestion faite par des privés. L’autre tare de l’administration est la lenteur dans la prise de décision et la non réactivité. Dans le Privé, la réactivité et la prise de décision immédiate sont le cœur d’un bon management. Du pain quotidien sans lequel la machine est grippée.



Huit Nouveaux Territoires Touristiques
Huit Nouveaux Territoires Touristiques
 
 
   Au sein de l’administration, le facteur temps n’est pas conçu, malheureusement, de la même manière que chez le Privé. Pour ce dernier le temps c’est de l’argent. C’est ce qui fait la grande différence entre une gestion faite pas des fonctionnaires et une gestion faite par des privés. L’autre tare de l’administration est la lenteur dans la prise de décision et la non réactivité. Dans le Privé, la réactivité et la prise de décision immédiate sont le cœur d’un bon management. Du pain quotidien sans lequel la machine est grippée.
   Dans le cadre de la nouvelle gouvernance conçue par le département ministériel du tourisme, relative à la mise en œuvre de la Vision 2020, figure deux grandes nouveautés : la création de la Haute Autorité du Tourisme ( HAT) et la création de huit Territoires touristiques qui seront dirigées par les ADT ( Agences de Développement Touristique. Pour la HAT, aucune date de création n’est encore avancée par le ministère du tourisme. Pour les ADT, le calendrier ministériel précise l’année 2014, pour la sortir de l’ADT de Marrakech et celle d’Agadir.
   Oui, mais d’ici là, que fait-on pour palier à la conjoncture défavorable que vit le secteur du tourisme, actuellement ? Que fait le ministère de tutelle pour résoudre le grand handicap de l’aérien qui bloque le développement touristique du pays. Entre la vision des professionnels de terrain et celle du ministère il y a un gouffre. La gestion du quotidien avec le remplissage des établissements d’hébergement, le règlement des charges fixes et autres, le remboursement des crédits, la recherche de la meilleure promotion pour faire venir des clients, entre autres, sont des soucis de tous les jours, vécus par les professionnels de tout bord. Les fonctionnaires prennent tout le temps pour « réfléchir » et trouver des solutions qui sont la plupart du temps en déphasage complet avec la réalité, avec la profession, tout court, dans ses différentes composantes.
   La preuve à titre d’exemple : les contrats de commercialisation avec les TO et les compagnies aériennes se font toujours deux ans à l’avance. Cela ne se fait pas du jour au lendemain. Si on rate la signature en 2012 pour 2014, il ne faut pas croire qu’on va se rattraper au courant de l’année. Cette notion de la gestion du facteur temps, n’est pas l’apanage de l’administration et des fonctionnaires. Au sein du ministère du tourisme, cela dure  depuis des années malheureusement, on n’a pas compris que le tourisme est une activé commerçante. Que c’est une industrie à plusieurs variantes, déterminée par  plusieurs facteurs, et que c’est l’affaire de tous les jours. Il s’agit de vendre des prestations (liées à de la satisfaction) qui doivent être de bonne qualité avec le bon prix et durant toute l’année.
 
  Les professionnels de terrain détestent les discours. Ils leur préfèrent des engagements et des actes. Ils cherchent de l’efficacité et de la rentabilité. L’administration se la coule douce car elle n’est pas tenue à rendre compte de ses décisions et des erreurs. La preuve encore, parmi les six nouvelles destinations balnéaires conçues par le Plan Azur, aucune ne marche convenablement (le mot est vraiment gentil). Saädia : deux hôtels et une station qui tourne trois mois par an. Mazagan : un hôtel qui tourne au quart. Idem pour Essaouira Mogador : un hôtel. Taghazout n’a pas démarré du tout depuis 10 ans. La Plage Blanche non plus. Luxus connaît un bon retard. Si les professionnels et les connaisseurs avaient été consultés, ils en serait autrement…
  Dans l’industrie touristique qui se respecte, le cas des Canaries, ou de la Turquie (Antalya), en Egypte ( Ourgada ou Charm Cheikh) les stations balnéaires se font avec des hôtels d’abord, puis des résidences privées après. C’est l’hôtellerie qui est à la base du tourisme, de la création d’emplois, du rapatriement des devises et de la dynamique économique et sociale locale. Le mot d’ordre des TO a été toujours, et le reste par ailleurs, donnez-nous de la capacité hôtelière ; de la bonne capacité hôtelière commercialisable et de bonne facture. Et c’est ainsi que ça marche, aux Canaries, en Turquie, en Egypte ou en Tunisie, sans parler des Baléares ou les autres destinations du pacifique.
   L’autre élément fondamental dans cette équation est bien sûr l’aérien. Sans aérien point de tourisme. L’aérien cela veut dire des vols de pointe à pointe. En faisant de Casablanca son hub obligé, la compagnie nationale aérienne RAM, ne favorise nullement le développement du tourisme. L’escale de Casa a toujours fait du tort et continue à le faire au tourisme. Le grand point fort des low cost reste par ailleurs le point à point. Les clients, qui sont des vacanciers, n’ont pas envie d’être malmenés dans les aéroports et les escales à ne pas en finir, avec soucis de perte de bagages, retards imprévus etc…

  SI nos décideurs touristiques ne prennent pas la peine de résoudre dans l’immédiat, avec la réactivité nécessaire, avec les décisions judicieuses et avec l’implication des professionnels, le problème de l’aérien, parler de gouvernance et de création de la HAT et des ADT, n’apportera pas grand chose au développement du tourisme national. Pour faire venir des clients il faut des avions, donc commençons par trouver les bonnes solutions pour mettre à disposer des clients, des To et autres partenaires, les sièges suffisants pour venir les clients au Maroc. Remplissons bien l’existant. Assurons d’abord une bonne rentabilité de ce qui est fait et se fait. HAT et ADT, oui mais allons d’abord au plus urgent.
  D’ailleurs, c’est mal parti pour la création de la HAT et des ADT, dans la mesure où les professionnels n’ont pas été associés à la réflexion et à la prise de décision, de ce processus. Or sans implication véridique des professionnels à la fois dans la prise de décision et de gestion, les nouvelles structures n’accompliront pas correctement leur mission. Ceux qui font le tourisme au quotidien, ce sont les professionnels de terrain : hôteliers, voyagistes, restaurateurs, transporteurs touristiques, guides etc… et non les fonctionnaires et l’administration. Les professionnels sont en première loge, au front, les premiers sur le terrain, ils doivent être écoutés, bien écoutés par la force de la maîtrise du terrain. Ce sont eux les vrais opérateurs, non les fonctionnaires et employés de l’ONMT ou de la SMIT…
  Lors du salon Top Resa, des hôteliers de Ouarzazate ont payé 7 000 DH, chacun, le billet d’avion, pour assister au salon et faire la promotion de leurs unités respectifs. Ni le ministre du tourisme ni le DG de l’ONMT, n’ont pu dégager un moment de leur temps précieux pour venir les saluer, les écoutés prendre actes de leurs doléances. Et Dieu sait que Ouarzazate est dans une situation touristique alarmante. C’est l’administration qui doit être à l’écoute des professionnels et non l’inverse. Si l’administration dure et perdure c’est parce qu’il y a des professionnels de terrain qui font du tourisme leur souci quotidien. Une bonne administration doit être au service de ces opérateurs de terrain et ne pas dicter des décisions sans leur participation et sans leur implication.
  Depuis plus de 20 mois, le ministère du tourisme «  travaille » sur la création des ADT , de la HAT et des nouveaux outils de gouvernance, sans prendre l’avis des professionnels, sans les consulter et encore mois les tenir au courant de ce qui se passe. Il prend juste la peine de les informer, en réunion restreinte pour leur demander d’approuver. C’est tout de même grave. C’est prendre les professionnels pour des incapables, des gens irresponsables. C’est vraiment une injure à leur intelligence. C’est de l’inacceptable tout court et on ose parler de gouvernance. Quelle gouvernance en l’absence des intéressés ?
  Le pays se préparer à une régionalisation avancée, le ministère du tourisme veut rester le seul interlocuteur central, l’unique décideur, celui qui fait tout  avec un représentant direct du nom du secrétaire Général de l’ADT, à la tête du Territoire Touristique. En bref, cela résume la situation à la création d’une délégation régionale agrandie, dirigée par un fonctionnaire, nommé par un ministre et sous sa tutelle directe, selon des critères  personnelles, alors qu’il s’agit de la gestion de la chose touristique à l’échelon d’un territoire touristique avec ses diverses composantes locales et régionales spécifiques.
 
  Jamais un fonctionnaire ne pourra se mettre dans la peau d’un gestionnaire privée. Jamais un fonctionnaire ne sera disponible à l’instar d’un privé, présent sur le terrain à tout moment. Jamais un fonctionnaire ne saura être un bon commercial car il n’a pas le souci de la rentabilité et celui la maîtrise des coûts. Jamais un fonctionnaire ne sera réactif et disponible comme l’est un privé. Jamais un fonctionnaire ne saure être réactif, prenant les décisions qu’il faut quand il le fait ; il doit toujours se référer à son supérieur et attendre. Le tourisme est une activité qui se gère à l’heure qui suit, dans des cas précis, hébergement, restauration ou transport, dans la minute qui suit. Mettre un fonctionnaire aussi brillant soit il, pour diriger l’ ADT, sans implication et sans garde fous effectués par les professionnels, c’est reculer au lieu d’avancer, incontestablement.
 
  Mohamed RIAL .
A suivre «  de l’analyse critique de la HAT et des ADT »

Mohamed Rial




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