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Tourisme Gouvernance : le tourisme national a connu 32 ministres en 56 ans. L'école des néophytes


Jeudi 5 Juillet 2012

Depuis le premier gouvernement d'après l'indépendance nommé le 7 décembre 1955 par feu le roi Mohammed V, 32 ministres se sont succédés à la tête du département chargé du tourisme.



Tourisme Gouvernance : le tourisme national a connu 32 ministres en 56 ans. L'école des néophytes
Depuis le premier gouvernement d'après l'indépendance nommé le 7 décembre 1955 par feu le roi Mohammed V, 32 ministres se sont succédés à la tête du département chargé du tourisme.
 
 C'est un record par rapport à la cadence des changements des autres ministères puisque au tourisme un ministre change en moyenne tous les18 mois. Sachant que certains responsables n'ont passé que quelques mois à la tête de ce département comme Mohamed Laghzaoui qui a battu le record de la plus courte durée en 1965 avec seulement 3 mois d'exercice. Tout comme Abdelkamel Reghaye qui a résisté pendant 9mois (4 aout 1971-5 avril 1972) ou Abderrahmane Cohen qui n'a pas dépassé 7 mois (12 avril 1972-20 novembre1972).
 
 Mais il faut préciser toutefois que ce dernier avait déjà dirigé ce ministère et qu'il est le seul, d'ailleurs, à avoir repris les rênes de ce département plusieurs années après son premier passage ((1965- 1967). L'inévitable Driss Benhima aurait passé 8 mois à la tête d'un ministère où le tourisme était noyé dans des départements comme le transport, la marine marchande, l'énergie et les mines. Un cocktail d'une incroyable incohérence. Mais tout le monde sait que même si Monsieur « Echec » aurait passé des années à la tète du seul ministère du tourisme, il aurait fait ce qu'il a fait à la RAM, à l'ONE et autres : casser la baraque.
 
Ces changements effrénés des ministres du tourisme ne peuvent s'expliquer que par le peu de cas que l'on donnait à l'époque à ce secteur qui était souvent noyé dans des ministères comme le commerce, les mines , la marine marchande, l'urbanisme, voire l'économie et les finances avec Fathallah Oualalou.
 
 Pis encore, deux ans après l'indépendance, il n'y avait pas de ministère chargé du département de tourisme dans deux gouvernements successifs du 12 mai 1958 au 21 mai 1968. Autant dire que les responsables de ce département étaient aussi volatiles que l'industrie touristique, elle-même, qui faisait alors ses premiers pas. Pourtant des commis d'Etat de haut rang ont dirigé ce ministère comme Reda Guedira, Ahmed Lyazidi, Haddou Chiguer et autres mais il faut l'avouer peu ont réussi leur examen de passage.
 
A part, bien sûr, l'incomparable Moulay Ahmed Alaoui qui est le ministre qui s'est succédé à lui-même 5 fois de suite dans cinq gouvernements (de 27 mai 1960 au 8 novembre 1965). Un homme de terrain connu par son franc parler et qui faisait, lui-même, le tour des hôtels, pour contrôler la qualité de services et autres. L'autre ministre qui a brillé dans ce secteur n'est autre que Azzeddine Guessous (4 ans dans deux gouvernements de 1981 à 1985) un bosseur qui se fait discret mais qui a laissé des empreintes indélébiles sur le tourisme national.
 
Il en est de même pour Mohammed Alaoui M'hammdi (3 ans de 1995 à 1998) et Hassan Sebbar (1998-2000) qui ont mis le tourisme sur l'orbite du plan Azur. On sait qu'après, le jeune et dynamique Adil Douiri a repris le flambeau pour mener à bien la conquête de l'espace « Vision 2010 ». Il y a eu certes quelques incidents techniques comme cela se passe dans tout vol vers l'espace, mais Douiri a démontré qu'il est un excellent commandant dans la gestion comme il continue à le faire aujourd'hui dans le monde des affaires et des finances.
 
Autant dire que ces quatre bonhommes ont donné au tourisme national les lettres de noblesse qu'il arbore aujourd'hui avec fierté et qui lui permettent de résister tant bien que mal face la grave crise économique que connait le monde aujourd'hui.
 
Quant aux autres ministres, la plupart d'entre eux sont des néophytes en la matière qui ignorent tout du tourisme avec ses dogmes et ses paramètres. Un parachutage avec les yeux fermés sur un secteur aussi névralgique où il faut ouvrir les yeux à tous les moments pour pouvoir suivre un plan de vol qui change tout le temps.
 
Le comble, c'est que les dits ministres passent leur temps à vouloir se former ou plutôt se mal former tandis que notre tourisme perdait du terrain et naviguait à vue faute de pilotes. Ce ne sont pas des enseignants ou autres fonctionnaires qui pouvaient élaborer une stratégie, étudier les marchés et négocier avec les tours operateurs. Normal qu'ils aient passé leur temps à commander des études bidon et gérer les affaires courantes sans esquisser le moindre contour d'une stratégie à court, moyen et long terme.
 
Le comble, c'est qu'en plus de leur inutilité, sinon de leur nuisibilité, ils recrutaient à tort et à travers leurs copains tout aussi ignorants qu'eux pour faire du surbooking dans un personnel inadéquat. Des fonctionnaires que le tourisme traine jusqu'au jour d'aujourd'hui avec leur lot de salaires exorbitants, de leurs folies dépensières et d'une incompétence de plus en plus criante.
 
Face à cette gabegie et quand notre journal appelait les ministres l'ordre, ils nous attaquaient dans les tribunaux avec l'argent des contribuables alors que ce sont eux qui devraient être jugés. Pas essentiellement devant un tribunal mais devant un système de contrôle qui dénonce les carences et les objectifs non atteints pour que ledit responsable soit déchargé de ses fonctions. On appelle ça aujourd'hui la bonne gouvernance. Notre journal, quant à lui, continue son bout de chemin depuis…1966 malgré l'ignorance des uns et la mauvaise foi des autres.
 
 La Vie Touristique N°910 du 01 juillet 2012

Mohamed Rial




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