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Tourisme : La capacité litière : grand défi à l’échelon national.


Dimanche 5 Janvier 2014

Le secteur du tourisme et des voyages, connaît dans le monde entier, un développement progressif. Le tourisme reste par ailleurs la première industrie mondiale grâce à son effet multiplicateur de services, donc d’emplois et de dynamique économique. De nouveaux produits touristiques émergent un peu partout, d’année en année. Le client international n’a désormais qu’un vrai embarras de choix concernant les nouvelles destinations et les produits de niche…



La démocratisation du tourisme, à travers les voyages à crédit, l’avènement des low cost et la multiplicité des destinations offertes au grand public, font que le tourisme a encore de belles années devant lui. En 2012, le tourisme mondial  a enregistré 1 200 000 arrivées touristiques, à travers le monde.
  C’est dans ce contexte que le tourisme de masse s’est développé, se développe toujours et de développera encore plus, renforcé par les voyages à forfaits, les niches touristiques qui encouragent les jeunes, adultes, familles et séniors à faire des voyages, parfois les plus exotiques et les excentriques possible. L’avènement d’internet est aussi une grande révolution dans le domaine des  voyages et du tourisme, à tel point que les clients achètent directement le séjour en ligne et peuvent même confectionner les vacances à leur gré grâce au packaging dynamique.
  Les grands pays touristiques profitent de cette manne touristique mondiale grâce à une très bonne capacité en lits et une diversité de stations touristiques (principalement balnéaire). C’est le cas pour l’Espagne, la Tunisie, la Turquie et nos concurrents directs la Tunisie et l’Egypte. Au moment où les pays à vocation touristique ouvraient des stations balnéaires entières, le Maroc ouvre des hôtels par et par là. Le grand handicap du développement de notre tourisme reste celui du manque de capacité en lits et de manque de stations balnéaires.

   Le fameux plan Azur qui devrait régler, en partie cet handicap, est un échec avoué. La station Taghazout, réduite à une capacité en lits, trop limité non encore opérationnelle, quoique programmée depuis des années. Saïdia ratée depuis le départ et toujours en difficulté de remplissage pour une activité de trois mois par an. La Plage Blanche existante sur le papier, pas plus. Luxus ne pourra jamais dépassé une activité de quatre mois au maximum. Mazagan avec un seul hôtel et Mogador de même. Bref, pas de quoi être fier du tout, en la matière…
  Il est à signaler qu’à cause de ce manque de capacité en lits que le Maroc rate actuellement bien de clients européens (et bien d’arrivées et nuitées touristiques donc), qui devraient partir en Egypte et en Tunisie mais qui ne le font pas à cause des difficultés politiques actuelles dans ces deux pays concurrents du Maroc. En effet, les grands TO habitués à envoyer des clients en masse dans ces pays ne peuvent les transférer au Maroc, à défaut de capacité litière suffisante. Résultat, le pays ne reçoit que des miettes et ne travaillent qu’avec les petits et moyens TO.
   Il est à remarquer que pour l’année 2014, 2015 voire 2016, et tant que les conflits politiques persistent en Tunisie et en Egypte, la demande restera forte sur le Maroc, à tel point qu’on a revu des TO reprogrammé, récemment le Maroc et d’autres TO programmer la destination pour la première fois. Hélas, la grande majorité des demandes des TO ne pourra jamais être satisfaite, faute de lits. Ainsi le tourisme laisse passer un manque à gagner important car il n’a jamais été dirigé par de vrais professionnels.
  Alors que le secteur du tourisme a été décrété priorité économique nationale, depuis 2010, sur le terrain le secteur on patauge toujours et comble de l’absurde le budget 2014 a amputé le budget de l’ONMT, outil de promotion nationale. Une coupure budgétaire faite par myopie de gestion économique car le secteur du tourisme rapporte 4 DH pour un 1 DH dépensé dans la promotion. Non seulement le secteur est un grand pourvoyeur de devises, donc devant jouir des encouragements adéquats, mais il est également un grand employeur du fait de ses incidences économiques multisectorielles.
  A qui le dire ? On se le demande bien. Car au vu de ce qui se passe sur le terrain et au vu d’une gestion touristique défaillante, en l’absence d’une réelle politique touristique efficace, réalisée en bonne concertation, coordination et exécution avec les professionnels, le constat est vraiment amère. La destination Maroc pourrait faire beaucoup mieux, beaucoup mieux, avec le potentiel et les atouts touristiques dont elle dispose.
  40 ans d’histoire touristique et le Maroc  ne dispose que d’une seule grande destination culture, Marrakech et une seule grande destination balnéaire, Agadir.  On est tenté de dire heureusement que ces deux destinations existent. Heureusement que se sont les professionnels de terrain, promoteurs et opérateurs, qui font avancer le secteur, quoique non soutenus par les Pouvoirs Publics et les méandres du département de tutelle qui cherche à briller par n’importe quel moyen, voire n’importe quel « superfuge », notamment concernant les statistiques et les fameuses augmentations de la capacité en lits.
 En effet, Il n’a de pires aveugles que ceux qui ne veulent pas voir la réalité en face. La situation du tourisme appelle une réelle concertation entre les différents intervenants concernant la promotion l’aérien, la formation professionnelle, la qualité de service etc… c’est un  travail en profondeur qui ne peut se faire avec des discours pompeux mais avec des actes sur le terrain, loin de toute politique politicienne et toute démagogie électoraliste…
 
Mohamed RIAL



Mohamed Rial




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