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Tourisme Vision 2020 : les professionnels du tourisme ne veulent plus jouer les figurants.


Lundi 7 Janvier 2013

Ils déplorent la lenteur des chantiers de la stratégie touristique. Un million de touristes potentiels perdus en raison de l'insuffisance des lignes aériennes. Les opérateurs réclament davantage de représentativité dans les instances de gouvernance de la Vision 2020.



Tourisme  Vision 2020 : les professionnels du tourisme ne veulent plus jouer les figurants.
 
Les bilans de l’année de 2012 se mettent à tomber. Mais entre les annonces et la réalité, le gap est loin d’être ténu. Le ministère du tourisme, le contraire serait surprenant, ne cache pas sa satisfaction sur les investissements touristiques conventionnés qui ont totalisé, selon la Société marocaine de l’ingénierie touristique (SMIT), 14 milliards de DH. Une vraie prouesse en ces temps de crise qui permet au ministre Lahcen Haddad de déclarer que les objectifs chiffrés à 15 milliards de DH ont été atteints à hauteur de 90%.
 
 Ces engagements se traduiront par la construction de plus de 10 000 lits additionnels qui vont générer plus de 5 000 emplois directs. La SMIT précise par ailleurs que ces projets conventionnés, dont 7 qui totalisent 8,27 milliards de DH ont été approuvés lors de la réunion de la commission interministérielle des investissements, tenue le 28 décembre 2012, seront réalisés dans les régions de Casablanca, Bouznika, Marrakech et Tétouan. Encore faut-il que ces investissements soient réalisés.

La contribution de l’ONDA au développement du secteur jugée insuffisante

L’année 2012 se serait aussi «distinguée par la finalisation des concertations pour l’élaboration des Contrats programmes régionaux (CPR) qui ont toutes été validées par les parties prenantes». Une déclaration qui en a étonné plus d’un dans les milieux professionnels puisqu’il est de notoriété publique que les Assises du tourisme, arrêt obligé pour faire le point sur l’état d’avancement des chantiers de la stratégie touristique, qui étaient prévues pour le début du mois de décembre, ont été reportées à une date inconnue en raison du refus signifié discrètement par des professionnels de Marrakech et d’Agadir de signer leurs contrats programmes régionaux.

L’appréciation des professionnels du secteur est à rebours du satisfecit du ministère dont nous n’avons pas pu obtenir les commentaires malgré nos demandes réitérées. Ils font remarquer que la plupart des chantiers de la Vision 2020 annoncé, il y a de cela 2 ans, n’avancent pas du tout, y compris celui de l’investissement qui marque le pas. Une rencontre a d’ailleurs eu lieu le 21 décembre 2012 entre Lahcen Haddad et les professionnels du secteur, représentés par la Fédération Nationale du Tourisme (FNT) en la personne de son président Ali Ghannam, accompagné des représentants de la Fédération des agences de voyages (FNAVM), de celle des hôteliers (FNIH), de l’Association des investisseurs touristiques (ANIT) et des présidents des Conseils régionaux du tourisme (CRT) de Marrakech et d’Agadir. A l’ordre du jour, figuraient trois points essentiels, en l’occurrence l’aérien, la gouvernance dans le cadre de la Vision 2020 (Haute autorité du tourisme, Agences de développement touristiques et contrats programmes régionaux) et celle de la qualité.

Le bilan dressé par les professionnels sur ces trois points n’est pas du tout réjouissant. Ils ont, selon la FNT, «rappelé au ministre leur crainte de voir la situation du transport aérien amplifier les effets de la crise que le secteur vit depuis deux ans, et devenir un véritable frein au développement des arrivées et des nuitées touristiques». La situation, qualifiée par eux d’«alarmante», est illustrée par une baisse des dessertes aériennes de 22% durant la saison d’été 2012 par rapport à 2011, et de 16% pour la saison d’hiver 2012.
 
  Cette baisse s’est traduite par un manque à gagner de l’ordre d’un million de touristes dont la moitié est à imputer au pavillon national et l’autre moitié à la désertion des compagnies low-cost. Et de conclure sur cette question qu’«il appartient aujourd’hui au gouvernement de prendre les décisions et mettre en place les leviers identifiés pour renforcer l’offre touristique nationale, en impliquant la compagnie nationale et les compagnies qui opèrent au Maroc ainsi que l’ONDA dont la contribution au développement du secteur n’est pas actuellement à la dimension des attentes des opérateurs».

Les professionnels ne sont pas non plus tendres sur la gouvernance. Ils ont exprimé à cet égard leur insatisfaction quant à leur niveau de représentativité au niveau de la Haute Autorité et des Agences de développement touristique. De même qu’ils ont demandé que cette représentativité soit renforcée au niveau du conseil d’administration des autres instances tel que l’ONMT à travers la cooptation de nouveaux administrateurs, ne serait-ce qu’en qualité d’observateurs (ils citent les CRT de Marrakech et d’Agadir) en attendant une réforme des statuts de l’office qui devrait permettre une meilleure représentativité des professionnels au niveau des régions. Ceci est d’autant plus souhaitable, selon les dires de la FNT, que la restructuration des instances patronales entamée par la fédération a bien avancé.

Sur la qualité, un chantier à la traîne depuis le lancement de la Vision 2010, l’échange avec le ministre a porté sur la réglementation et le soutien aux entreprises touristiques. Ainsi, les professionnels ont rappelé l’urgence de faire aboutir le texte de loi sur la normalisation des établissements hôteliers et la refonte de la loi 61-00 relatifs aux agences de voyages, sans oublier celui de l’immobilier locatif à vocation touristique (ILVT), etc.

Le volet des  ressources humaines n’est pas en reste. Les professionnels se prévalent aujourd’hui d’avoir signé des protocoles d’accord avec certains syndicats pour l’adoption de conventions collectives et en premier lieu celle relative au secteur hôtelier.

L’année 2013 promet d’être agitée pour le secteur du tourisme, car on sent bien que les professionnels ne veulent plus se contenter de jouer le rôle de figurants dans une conjoncture qui demeure incertaine.
 
Source : La Vie éco. Mohamed Moujahid

Mohamed Rial




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