thrmagazine

UMA L'Union maghrébine : vers une sortie de l'impasse ?


Jeudi 16 Février 2012

Le ballet diplomatique entre les différents pays du Maghreb ces derniers temps laisse présager une sortie de l'impasse de l'Union du Maghreb Arabe. Mais peut-on pour autant espérer la relance d'une organisation qui n'a véritablement jamais décollé? Décryptage.



UMA    L'Union maghrébine : vers une sortie de l'impasse ?

 

     A sa création en 1989, l'Union du Maghreb arabe (UMA) a suscité l'euphorie générale des peuples de la région qui y voyaient la concrétisation d'un rêve maghrébin légitime et nécessaire. Un rêve qui a trouvé sa plus belle illustration dans la photo légendaire ayant fait à l'époque le tour du monde, montrant les chefs des cinq pays membres, qui venaient de signer le traité de Marrakech fondant l'UMA, main dans la main symbolisant la fraternité et la solidarité maghrébines sous leur plus beau jour.

 

    Mis à l'épreuve du terrain, l'ambitieux projet du grand Maghreb, destiné à devenir une puissance politique et économique régionale, n'a pas réussi à atteindre les objectifs initialement tracés, malgré les bonnes volontés affichées de part et d'autre.

L'UMA en état de mort clinique...

 

   Peu importent les causes, les faits sont là, têtus: abstraction faite d'une cinquantaine de conventions signées dans divers domaines de partenariat, de manifestations scientifiques et culturelles organisées ça et là, et de visites de travail diplomatiques, l'UMA se trouve en état de mort clinique depuis une quinzaine d'années déjà.

 

   Il semble que la donne est en train de changer à la faveur des derniers développements intervenus sur la scène maghrébine, qui ont apporté la démocratie en Tunisie et en Libye et consolidé le processus de démocratisation déjà enclenché au Maroc.

Selon Mohamed Zakaria Abouddahab, professeur des relations internationales à l'Université Mohammed V Agdal de Rabat, l'UMA en tant qu'organisation subrégionale ne saurait rester insensible au nouveau contexte géopolitique dans la région.

 

   “La quête de démocratisation en cours dans plusieurs pays du Maghreb implique qu'on donne la parole aux peuples de la région qui ont été jusque-là écartés du projet de construction du grand Maghreb. Cela laisse espérer une prochaine reconstruction de l'UMA sur des bases plus démocratiques.”

 

   Zakaria Abouddahab, professeur de relations internationales

En effet, les déclarations des nouveaux dirigeants de la Tunisie et de la Libye exprimant leur attachement indéfectible à l'Union maghrébine et leur engagement à œuvrer à son développement, sont de bon augure.

 

  Un Parlement commun

Lors de sa première visite officielle au Maroc en tant que président de la Tunisie (du 8 au 10 février), Moncef Marzouki a ainsi exprimé son souhait d'organiser un sommet maghrébin dans les plus brefs délais, en vue de remettre l'Union du Maghreb sur les rails.

 

   Le président tunisien, qui effectuait une tournée dans la région, a suggéré l'adoption d'une politique sécuritaire, étrangère et de défense commune entre les pays de l'UMA, ainsi que la mise en place d'un Parlement maghrébin, et ce dans le cadre d'une Union où chaque pays garde son indépendance.

 

   Auparavant, la visite à Alger du ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Saâd Dine El Otmani, les 23 et 24 janvier, avait permis le rapprochement des points de vue entre le Maroc et l'Algérie concernant la relance de l'UMA. La question a occupé, en effet, une place centrale dans les discussions entre M. El Otmani et les responsables algériens qui l'ont assuré de leur disposition à “amorcer une nouvelle étape d'action intermaghrébine”.

 

   En effet, le principal blocage de l'UMA reste la question du Sahara qui oppose le Maroc à l'Algérie et la fermeture des frontières entre les deux pays depuis 1994. Mais pour le politologue Mohamed Tozy, qui réagissait dans nos colonnes, la veille de la visite de Moncef Marzouki au Maroc, “le facteur bloquant le plus important pour la relance de l’Union du Maghreb Arabe, c’est le problème du Sahara certes mais, je pense qu’il y a un moment où les pays l’ont mis de côté. Avant 1994, année de la fermeture des frontières entre le Maroc et l’Algérie, il y avait une volonté politique très forte.”

 

   Que le gouvernement algérien soit maintenant disposé à coopérer avec le Maroc dans ce sens, c'est de bon augure car pour Mohamed Tozy, c'est le “régime (algérien) qui est moins disposé à l’ouverture”. Maintenant, la voie à suivre est clairement tracée: “c’est ouvrir les frontières d’abord, et ensuite et surtout dépasser la méfiance réciproque, parce qu’il s’agit plus d’une question de confiance entre pays”, conclut le politologue.

 

   Réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UMA

Le Maroc a confirmé mardi qu'une réunion des ministres des Affaires étrangères des cinq pays de l'Union du Maghreb arabe (UMA) se tiendrait samedi à Rabat en vue de relancer le processus d'intégration socio-économique de ce groupement. “Dans le cadre du dialogue politique intermaghrébin, les cinq pays doivent examiner le 18 février à Rabat les réalisations accomplies et les perspectives d'avenir de l'UMA”, a déclaré à l'AFP une source gouvernementale.

 

                                                                                                                  Aufait / MAP


Mohamed Rial




Recherche

Météo Agadir

Facebook







Partager ce site


Galerie
THR-Jan_Fev_2016_Magazine1-1
THR-NOV_DEC_2015_Magazine1-1-1
C1_Aout_Sep_15 (2)
Couverture_THR_Nov_Dec_2014 (2)
THR_Couv_01_Sep_Oct
THR-Juillet_Aout_2014_On_Line-1




Galerie
020
019
018
016
017
015
014
013
012
011
005
bateaux