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Agadir Tourisme Le All Inclusive « nous a tuer ».


Dimanche 11 Mars 2012

Le secteur touristique et balnéaire draine en principe toute une activité économique importante, l’une des plus importantes voire une activité essentielle à Agadir. Ces dernières années activités liés directement au secteur du tourisme, (bazars, restaurants, animation…) souffrent de la formule Tout Compris en disant, au point où des opérateurs s’acclament « le All Inclusive nous a tuer ».



Agadir  Tourisme     Le All  Inclusive « nous a tuer ».

   En effet, il ne se passe plus une année, sans que ce nouveau mode  de commercialisation en hôtellerie ne fasse des victimes au niveau du secteur.  Les touristes sont cloîtrés, pour ne pas dire volontairement séquestrés, dans  les hôtels, en grande majorité des villages club, sans sortir, nuit et jour.  Evidemment il y en a qui sortent, malheureusement, ils restent une très fine  minorité.

 

         Nombreux seront ces touristes qui sont venus passer une semaine à Agadir  sans connaître de la ville que la  plage et l’hôtel. Non seulement des activités économiques parallèle au secteur en  souffre sérieusement ( des commerces qui ferment, des bazars qui font faillite, des restaurants qui veulent tous se transformer en cabaret, quand ils ne sont  pas en vente, des taxis dont le chiffre affaires a baissé effroyablement etc.

 

   Dans cette formule, il y a tout de même un gagnant, bien sûr est les Tour  Operateurs, qui imposent leur loi. En des moments de crise, ils le font avec force encore face à des hôteliers en « otage » qui ne cherchent que le remplissage des établissements, à n’importe quel prix. Evidement, cela se fait au détriment des prestations et des tarifs, souvent bas voir incroyables dans certains cas où des hôtels,  vendant la chambre en all inclusive à 220 DH

 

         Pour un hôtel, qui vend le alla inclusive à de tel tarif, avoir l’établissement plein à 80% ne peut pas dire forcément  faire un bon chiffre d’affaires et  encore moins un bénéfice. Lorsqu’un hôtel quatre étoiles, pied dans l’eau  vend le All Inclusive (qui permet au client de boire et de manger  non stop de 6 heures du matin à minuit, autant qu’il le désire) à 210  euros la semaine, soit 30 euros par jour, on  se demande comment il fait pour s’en sortir.

 

  On se demande  aussi, comment il fait pour « satisfaire ses  clients, » payer ses fournisseurs, ses employés, ses taxes et impôts, et  essayer de gagner de l’argent. Bref, il ne s’agit pas uniquement de bradage de  pris mais également de bradage des prestations et du service. Et par ricochet,  cela nuit la renommée de la station, notamment avec la formule bâtarde  (All Inclusive ; BB ; demi-pension)  dans le même établissement.

 

          Ce qui est important à savoir dans cette situation  touristique particulière relevant du All Incusive qui fait un vrai ravage dans la  destination, est que cette formule a été inventée par les TO pour être  appliquée dans des destinations touristiques se trouvant dans des îles, hors de  toute zone urbaine. Dans ces îles, le client n’a pas où aller, ne peut rien  acheter, ni rien voir non plus. On lui amène donc tout le nécessaire dont  il a besoin, cher lui dans l’établissement de séjour. Une bonne formule All  Inclusive offre au client manger, boissons alcoolisées et autres, animation, à  volonté, y compris cigarettes et cigares.

 

          Agadir étant une destination balnéaire urbaine, se situant en plein  centre ville, le All Inclusive  n’a nullement sa place. Agadir ne peut être  comparée à des destinations touristiques tunisiennes, turques, ou égyptiennes se trouvant hors des zones urbaines, dans des stations purement balnéaires loin des agglomérations urbaines. Il est intéressant de rappeler que partout au Maroc, le tourisme  est  abord urbain. Nous avons un tourisme de ville. Marrakech qui vient d’être rattrapé par le all Inclusive, en est un cas vraiment flagrant.

 

  La vie dans nos villes  intègre également la composante touristique et inversement : c’est le cas  de Fès, Meknès, Marrakech, comme est le cas d’Agadir. Cette particularité du tourisme marocain est justement une spécificité bien apprécié par les visiteurs tourisme chez nous. Marrakech en tant que destination culturelle par excellence illustre bien ce fait touristique. La combinaison du tourisme urbain fait que le touriste vit des  moments de plaisirs, de bons souvenirs, vit également des échanges avec la

population locale, des découvertes. La rencontre avec autres mentalités, d’autres habitudes, ce qui rend son séjour plus riche et plus humain. 

 

  Quant à enfermer des touristes 7/7 dans des hôtels, c’est faire tout sauf du  tourisme basé d’abord sur le contact entre visiteur et population d’accueil. Que les responsables du secteur, les professionnels, les Autorités, les élus et autres intervenants étatiques, réagissent  intelligemment et énergiquement pour mettre fin à ce phénomène tentaculaire qui  est entrain de ravager toute la destination. Des solutions existent, il suffit d’y prêter toute l’intention et la réflexion qu’il faut. Cela exige bien des solutions politiques à court, moyen et long terme.

 

   Le All Inclusive n’a pas une fatalité contre laquelle on ne peut rien. Tout est corrigible, lorsque la volonté et la conjugaison des efforts y est, dans un bon esprit de concertation et de responsabilité partagée, entre les différents intervenants.

 

                                           Mohamed Rial


Agadir  Tourisme     Le All  Inclusive « nous a tuer ».

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