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Didier Benguigui, «Le Mal Voyant des Sables», en escale à Agadir…


Mardi 6 Août 2013

Une maladie orpheline prive progressivement Didier de la vue. Ne voulant pas devenir un handicapé malheureux, Didier décide de consacrer sa vie à la course à pieds. Et pas n’importe quelle course ! Il est devenu accro aux Marathons et Ultra-Marathons. Son palmarès : plus de 100 marathons courus, dont dix fois le mythique Marathon des Sables… Cet été, Didier a posé ses baskets pour quelques jours de détente à Agadir.



Didier Benguigui et son guide Gilles, au Marathon des Sables
Didier Benguigui et son guide Gilles, au Marathon des Sables

Didier s’est fait tatouer le logo du Marathon des Sables sur l’épaule. Ce logo est entouré de dix étoiles, symbolisant ses dix participations à ce Marathon de l’extrême. Comment imaginer l’exploit pour un malvoyant de participer à cette course déjà terrible pour une personne normale !

 

Didier nous confie : « Mon entrainement est aussi dur que celui de Mohamad Ahansal (le vainqueur de la dernière édition), mais pour viser la dernière place. Un an de préparation est nécessaire pour y arriver. Mon seul objectif est de finir la course. En dix participations je n’ai jamais abandonné. Cette année j’ai du me battre contre les barrières horaires, gêné par une blessure au ménisque. J’y suis tout juste arrivé. »


Pourquoi avoir choisi Agadir comme lieu de vacances ?

Didier au Palais des Roses à Agadir
Didier au Palais des Roses à Agadir

Je connais bien le Maroc, j’y viens trois ou quatre fois par an pour participer à des courses. Outre le Marathon des Sables, je participe aussi à l’Extrême Marathon de Zagora, Au Marathon de Tafraout,… Au fil des ans je suis devenu ami avec les frères Ahansal, les frères Akhdar, Rachid El Morabity,… J’adore la compagnie de ces grands champions. Après le Marathon de Zagora nous sommes partis pour un trekking d’une semaine dans le désert avec Lahcen Ahansal. C’était un moment magique.

 

Cet été j’avais besoin de me ressourcer et de me consacrer à la guérison de ma blessure au genou. Agadir bénéficie d’un climat très favorable, ni trop chaud, ni trop froids. J’ai reçu une invitation à découvrir la Thalasso de l’hôtel « Le Palais des Roses », l’une des plus grandes d’Agadir. C’est un endroit fantastique pour un sportif en phase d’entrainement, d’acclimatation, de préparation, ou à l’inverse de récupération après une course ou de revalidation après une blessure. Les piscines d’eau de mer chauffée, avec leurs jets d’eau, sont magnifiques. La salle de sport est parfaitement équipée. Les zones de repos et de détente sont superbes. La gamme de massages et de soins proposée est très complète. Ajoutons à cela un jardin et des piscines extérieures magnifiques et une plage privée sur la baie, tout est fait pour s’y sentir bien.

 

Je me suis entraîné tous les jours dans la salle de sport, surtout le haut du corps et les abdos. J’ai profité des bains de mer. Je me suis détendu sur la plage. Bref, de vraies vacances.

 

J’ai eu un seul regret : de ne pas pouvoir courir pour le moment et profiter d’un super jogging le long des vagues de l’atlantique. Mais ce n’est que partie remise…

 

J’ai vraiment passé de bons moments, avec un clin d’œil pour le magnifique repas chez « Mimi La Brochette » sur la corniche d’Agadir et la soirée musicale au Sofitel avec des chanteurs Américains.


Que représente le Marathon des Sables pour un mal voyant ?

Didier dans la salle de sport du Palais des Roses
Didier dans la salle de sport du Palais des Roses

La difficulté vient de la nature du terrain, bien que s’appelant le Marathon des Sables, on y trouve au moins 80% de cailloux ! Je cour avec un guide, qui doit me prévenir de tous les obstacles. Ca fait quelques millions de cailloux à éviter, à escalader, à esquiver, avec de nombreuses chutes… Les Jebels sont très longs à monter et parfois encore plus longs à descendre… Je mets beaucoup plus de temps qu’un coureur normal. Par contre, je ne bénéficie d’aucun traitement de faveur par rapport aux autres participants. Le règlement est le même pour tous.


Et comment se passe la vie au bivouac ?

Didier dans la salle de sport du Palais des Roses
Didier dans la salle de sport du Palais des Roses

Je dois être aidé pour tout, pour préparer mes repas, pour faire chauffer mon eau, pour me laver, pour aller aux toilettes,… Chez moi, dans mon appartement je suis autonome, mais au milieu du désert, tout seul, je suis perdu ! Heureusement, encore une fois j’ai mon guide et sur les bivouacs j’ai les amis de la tente. Nous logeons à 8 par tente et tous sont des amis de longue date. Je sais que je peux compter sur eux pour soulager mon guide qui a déjà tant à faire la journée sur la course.


Quel est ton plus beau souvenir du Marathon des Sables ?

Une soirée sympa chez Mimi La Brochette
Une soirée sympa chez Mimi La Brochette

Les arrivées d’étapes, quand tout le monde est là sur la ligne d’arrivée pour nous acclamer. Cette année, mon guide Gilles et moi avons reçu la plus belle acclamation sur le passage final de la ligne. Tous les véhicules des docteurs et des commissaires de courses nous suivaient en claxonant, près de 1500 personnes étaient là, organisation, concurrents, pour une formidable haie d’honneur. Je me suis excusé auprès de Patrick Bauer, l’organisateur, car je l’ai fait attendre un bon moment sur la ligne d’arrivée pour la remise de la médaille. Il y avait tellement de monde que je ne pouvais pas me frayer un chemin ! Des moments pareils ne s’oublient jamais.


Et quel est ton plus beau souvenir de course ?

Au Sofitel Agadir Thalassa Sea & Spa
Au Sofitel Agadir Thalassa Sea & Spa

Sans hésiter, ma participation à l’Ultra Trail du Mont Blanc. J’ai fait la course de la CCC, qui pour moi à été d’une extrême difficulté. Surtout à cause du dénivelé important et des barrières horaires très serrées. Je me suis sans cesse battu contre le chrono. 


Comment se présente l’avenir ?

Didier et Gilles à l'arrivée du Marathon des Sables
Didier et Gilles à l'arrivée du Marathon des Sables

Tant que je peux courir je continuerai. J’ai la chance d’avoir un sponsor (les mutualités Humanis) qui me suit sur tous les évènements. Ils prennent en charge mes frais d’inscription et ceux de mon guide. Je suis un exemple pour bon nombre de personnes souffrant d’un handicap. Je peux leur dire qu’il y a moyen de se dépasser, de vivre ses passions,… Tant que je peux le faire je ne m’arrêterai pas… La course à pieds me permet d’être un handicapé heureux !


Marc D'Haenen



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