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Essaouira Festival des Andalousies Atlantiques Les souiris à la reconquête de leur patrimoine et de toutes leurs musiques...


Mercredi 15 Octobre 2014

« Les Musiciens Juifs de Mogador », cette toile emblématique du début du 19ème siècle d’Eugène Delacroix disait déjà au monde la singularité de notre pays et la richesse de sa diversité. Mais Delacroix n’étant jamais venu à Mogador, pourquoi a-t-il posé son regard et ses pinceaux sur nos musiciens. La réponse, consignée dans ses carnets de voyage, tient en une phrase « c’est ce qu’il y a de mieux dans notre Empire » lui aurait dit le Sultan Moulay Abd Er Rahman qui pour honorer la délégation française qu’il recevait en son Palais Royal de Meknès, avait fait venir de Mogador un orchestre judéo-musulman qu’il considérait comme le meilleur du Maroc.



 
 « Les Musiciens Juifs de Mogador », cette toile emblématique du début du 19ème siècle d’Eugène Delacroix  disait déjà au monde la singularité de notre pays et la richesse de sa diversité.  Mais Delacroix n’étant jamais venu à Mogador, pourquoi a-t-il posé son regard et ses pinceaux sur nos musiciens. La réponse, consignée dans ses carnets de voyage, tient en une phrase « c’est ce qu’il y a de mieux dans notre Empire » lui aurait dit le Sultan Moulay Abd Er Rahman qui  pour honorer la délégation française qu’il recevait en son Palais Royal de Meknès, avait fait venir de Mogador un orchestre judéo-musulman qu’il considérait comme le meilleur du Maroc.
 
  Magnifique histoire qui nous confirme la profondeur, la qualité et la légitimité de l’école souirie de musique andalouse. Histoire qui nous dit aussi la symbiose
judéo-musulmane qui faisait la spécificité d’Essaouira.
Cette histoire ne s’écrit pas seulement au passé puisque depuis plus de 10 ans la Cité
des Alizés offre aux mélomanes, un festival, le seul au monde dont la scène est
exclusivement dédiée aux poètes, chanteurs et musiciens, Musulmans et Juifs, qui
nous disent à leur façon l’art de vivre ensemble, le talent de partager et de donner à la
musique et à la culture ses plus belles couleurs, celles du sens et de la résistance au
repli à l’oubli ou à la fracture.
 
Pour que la fête soit complète, ce sont des jeunes chercheurs et musiciens souiris,
sous la houlette d’Abdessamad Amara, le directeur du conservatoire de musique
d’Essaouira, qui ont réussi, après de longs mois de travail, l’exploit de
reconstituer et de retranscrire la partition, les paroles et l’orchestration de la
pièce musicale jouée devant le Sultan Moulay Abd Er Rahman en 1832, avec la
contribution de Moulay Abdelghani El Kettani, un des rares maîtres à l'avoir
enseignée à Essaouira.
Cette pièce mythique connue sous le nom de « Lqoddam Jdid Saouiri » n’avait jamais
été retrouvée et encore moins retranscrite ou interprétée depuis le début du 19ème
siècle. Cet exploit, qui sera au cœur de la programmation de l’édition 2014 de notre
festival, ce sont des Souiris qui l’ont réussi et je veux ici leur rendre hommage car ils
donnent avec éclat et dignité toute sa légitimité et toute sa force aux valeurs auxquelles
Essaouira-Mogador a fait le choix d’identifier sa renaissance et sa destinée.
Ce sont donc des moments d’exception que nous allons partager à partir du 30 octobre
à Dar Souiri et sur la grande scène du Festival. Deux scènes qui vont accueillir le
grand orchestre de Tétouan sous la direction du maître Mohamed Amin El Akrami
avec lequel se produiront notamment le Rabbin Haïm Louk, Abderrahim Souiri et
Benjamin Bouzaglo.
 
Au programme également toutes ces femmes qui depuis des années s’investissent
dans la reconquête du patrimoine chgouri, dans toutes les facettes du répertoire
judéo-arabe, malhoun, chaabi et andalou. Sont invitées cette année à Essaouira Sanae
Marahati, Neta El Kayam, Abir El Abed, Zainab Afailal, Fatine Garti, le chœur
féminin d’Essaouira, l’école flamenca de Séville etc….
Les hommes ne seront pas en reste et feront cette année une part belle aux talents
souiris qui émergent et s’imposent sur la scène nationale avec Hicham Dinar, Rachid
Ouchehad et Abdelmajid Souiri, mémoire vivante de tout ce que Mogador-Essaouira a
su apporter et donner au répertoire national de l’école du Samaa et de la musique
andalouse.
 
Répertoires que l’on retrouvera tous les après-midi et « au-delà de minuit »  à Dar
Souiri pour ces moments précieux où alterneront les confréries d’Essaouira, Darkaoua,
Aissaoua, Tijania et toutes ces formations souiries qui sont le fondement et le socle des
écoles musicales nourries et dirigées notamment par Hajj Marina, Hajj El Hellab,
Hamza Jorti et beaucoup d’autres.
 
A ne pas manquer donc une édition 2014, du 30 octobre au 2 novembre qui sera probablement l’une des plus profondément ancrée dans la mémoire, l’histoire et la tradition de Mogador- Essaouira.
 
Une édition dont la programmation, la cohérence et la créativité ont été finement
ciselées et mises en perspective avec talent par Françoise Atlan, Directrice Artistique
du Festival, qui chaque année réussit la performance rare de nous faire vivre des
moments musicaux d’anthologie sans qu’à aucun instant ne s'éloignent ou ne
s'estompent l’émotion et le sens que nous voulons donner à toutes les musiques quand
elles sont invitées à Essaouira.
 
Direction et Organisation : Tarik OTTMANI / t.ottmani@essaouiramogador.org
Direction Artistique : Françoise ATLAN / francoiseatlan@yahoo.fr
Presse et Communication : Kaoutar CHAKIR / k.chakir@essaouiramogador.org
 


Mohamed Rial



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