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Essaouira collectionne les crimes écologiques : L’embouchure d’Oued L’ksob transformée en égout à ciel ouvert.


Mardi 22 Mai 2012

Visiblement, Essaouira ne cesse de collectionner les crimes écologiques. D’abord, on avait massacré la forêt, déstabilisé l’écosystème de Mogador et causé l’ensablement d’une grande partie de la ville.



Essaouira   collectionne les crimes écologiques : L’embouchure d’Oued L’ksob transformée en égout à ciel ouvert.
 
  Visiblement, Essaouira ne cesse de collectionner les crimes écologiques. D’abord, on avait massacré la forêt, déstabilisé l’écosystème de Mogador  et causé l’ensablement d’une grande partie de la ville.
 
  Puis, on a commencé à raser les dunes phénoménales qui recèlent une biodiversité singulière pour céder la place au ciment et au béton, et ainsi sacrifier plusieurs dizaines d’années d’efforts fournis par les ingénieurs et les agents du service des eaux et forêts qui ont procédé à la fixation de dunes grâce à la technique de branchage qui a permis la stabilisation d’une zone dunaire constituant une ceinture de sécurité assurant la pérennité d’une civilisation menacée par la désertification.
 
 Aujourd’hui encore, nous assistons à un nouveau scandale, une horreur même : l’embouchure d’Oued L’ksob, patrimoine écologique répertorié Ramsar, s’est transformée en égout à ciel ouvert et décharge des gravats.
« C’est scandaleux, les eaux polluées provenant d’El Ghazoua se déversent sur l’embouchure d’Oued L’ksob, alors qu’il y a des jeunes et des enfants qui y passent  plusieurs heures, et des familles qui en dépendent encore !», s’indigne un résidant français.  
 
Les images parlent d’elles-mêmes, un nouveau crime écologique est en train de se produire sur un site censé jouir d’un intérêt spécial de la part des décideurs et des acteurs locaux.

Mais d’où proviennent
les eaux usées ?
Au niveau des services municipaux, on soupçonne le projet immobilier Essaouira-El Jadida d’en être le responsable vu qu’il  n’est pas encore branché au réseau public d’assainissement liquide. D’après la version de ces derniers,  une fois les fosses septiques saturées, on commence à dégager les eaux polluées vers l’embouchure d’Oued L’ksob.  
 
« C’est un problème qui remonte à deux ans maintenant, on avait élaboré un rapport détaillé définissant les responsabilités. Chaabi Lil Iskane s’était engagée à stopper le déversement des eaux usées vers l’Oued tout en entamant les travaux de réalisation d’une station d’épuration au niveau d’Essaouira-El Jadida. Malheureusement, cela reprend encore une fois ! », nous a affirmé une source concordante.

Contactée par « Libé », Chaabi Lil Iskane a démenti ces propos qu’elle considère infondés. Selon la version de l’opérateur immobilier, l’assainissement liquide au niveau d’Essaouira-El Jadida fonctionne normalement par le biais de deux fosses septiques qui ne souffrent d’aucune fuite, et sont sous le contrôle de l’Office national de l’eau potable.
 
Ce problème, précise un responsable représentant l’opérateur, devait être débattu lors de deux réunions organisées par le caid d’El Ghazoua, auxquelles Chaabi Lil Iskane avait répondu présente, tandis que d’autres intervenants avaient brillé par leur absence. D’autre part, l’opérateur assure que les travaux de réalisation de la station d’épuration ont été déjà entamés pour résoudre définitivement ce problème. Une information confirmée par les autorités locales qui assurent que les travaux ont déjà atteint un kilomètre de forage,  tout en assurant qu’une commission multipartite effectuera une visite sur les lieux, la semaine prochaine, pour définir l’origine du problème. 
 
Outre ce problème, nous avons soulevé une autre pratique aussi scandaleuse : des centaines de tonnes de gravats déchargés sur les bordures de l’Oued démolissant ainsi toute une biodiversité, et portant atteinte à un paysage naturel extraordinaire. Contactées par « Libé »,  les autorités locales ont affirmé qu’il s’agit d’une pratique perpétrée la nuit par les chauffeurs des camions qui choisissent  cette zone pour des raisons de proximité, alors qu’il y a une décharge de gravats autorisée et gérée dans les normes au niveau du Douar Laareb.
 
Elles affirment que leurs efforts  n’ont pas encore  permis l’éradication de cette pratique illégale qui nécessite la mobilisation de moyens humains et logistiques jour et nuit. Sur la route reliant Essaouira à Ghazoua, on peut lire des panneaux incitant les citoyens à s’abstenir à décharger leurs gravats sur la forêt  ou l’embouchure de l’Oued, un moyen de sensibilisation qui est loin d’apporter ses fruits puisque cette image de désolation est concrétisée au quotidien par des camionneurs cupides et sans scrupule.
 
Que deviendra Essaouira après vingt ans si on continue à traiter son patrimoine de cette manière ? Aucun aspect de son héritage n’est actuellement épargné, y compris le patrimoine architectural massacré au quotidien par les siens ! 
 
 Libération  Abdelali Khallad

Mohamed Rial



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