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Les nouveaux nomades


Jeudi 27 Octobre 2011

On les voit de plus en plus au long des routes Marocaines, sur les plages, dans les coins calmes et sympa… Ces camions, de toutes sortes, immatriculés en Europe et aménagés pour y vivre, avec plus ou moins de confort et de goût, selon les moyens… Mais qui sont ces nouveaux nomades…



Les nouveaux nomades

Ils ont entre 20 et 50 ans, ils viennent de tous les pays d’Europe, mais principalement de France. De Bretagne, d’Angers, du Pas-de-Calais, de l’Oise,… Ils ont choisis une vie différente, une vie faite de liberté, une vie de nomade… Quand un coin leur plait ils s’arrêtent pour quelques temps. Roulant souvent en convois, se retrouvant pour partager les plus beaux endroits de campement. Que font-ils au Maroc ? Ils fuient le mauvais temps, descendent dans le Sud pour y retrouver le soleil et aussi la vie moins chère qu’en Europe.

 

Dans une moindre mesure, mais qui a aussi son importance, la recherche de libertés perdues en France ! Les autorités nous pourchassent, on ne peut plus camper, on nous oblige à aller dans des campings pour mobilhomes (qui sont très cher), on se sent surveillés, épiés, malvenus,… Or, le Maroc c’est tout le contraire ! Nous sommes accueillis dans les régions rurales, la population nous apprécie, on nous laisse camper presque partout,… Le Maroc pour nous c’est le pays de la liberté, nous confie Yann, 50 ans, de l’Oise, qui voyage dans une grosse camionnette aménagée.


Les nouveaux nomades

Yann est photographe free lance. Cela fait plus de 30 ans qu’il sillonne le monde avec son appareil photo à la main. Il a découvert l’univers des camions nomades il y a quelques années. Depuis, il sillonne l’Europe et l’Afrique, y fait des reportages photos, puis organise des expositions en France durant les quelles il vend ses photos et collabore avec différents magazines. Son univers photographique est vaste, mais il se concentre surtout maintenant sur les rencontres avec les gens. Il adore photographier la vie quotidienne dans les endroits reculés. Parfois il fait des petits jobs, comme la cueillette des fruits en saison ou les vendanges en France.

 

Ce qu’il apprécie dans ce mode de vie ? On est libre, on vit de peu de choses, on fait des rencontres, on va où l’on a envie d’aller. Quand un coin ne nous plait plus, on va un peu plus loin… Puis on découvre d’autres cultures, on partage beaucoup, on fait même de l’humanitaire ! Quand on descend, on prend en France des vêtements, des vélos, des fournitures scolaires, que l’on distribue aux familles que l’on rencontre, aux enfants,… On fait plaisir, on partage, on aide… En retour, nous sommes accueillis, on nous offre le thé, le tajine, le couscous…


Les nouveaux nomades

Avant on descendait plus au Sud, le Sahara, la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, le Burkina Fasso, mais pour l’instant, vu l’instabilité de ces régions et pays, nous restons au Maroc. Nous avons traversé le pays du Nord vers le sud. On a fait un arrêt à Agadir pour effectuer des réparations et améliorations sur les camions. De la pose de panneaux solaires, au remplacement d’une porte, voir pour certains camions, la réfection complète de la carrosserie, l’extension des parties d’habitation et la peinture extérieure des camions, les artisans Gadiris ont effectué un travail remarquable.

 

Il ne faut pas négliger le fait que les voyageurs en camion représentent une certaine économie. Certes, ce n’est pas du tourisme de masse, mais en général ils dépensent leur argent dans les petits commerces et chez les petits artisans. Certains du groupe de Yann ont dépensé jusque 8000 euros en frais de carrosserie ! Et pour vivre, ils dépensent entre 500 et 1000 euro par mois, pour la nourriture, le carburant et les dépenses « touristiques ». Quand on voit le nombre de camions circulant au Maroc, cela fait directement de sérieux budgets.


Les nouveaux nomades

Derrière leurs apparences d’originaux, chevelus, mal rasés et mal habillés, vivant dans des camions aux décorations farfelues, se cachent des gens très respectueux de la nature et des lieux qu’ils visitent. Nous ne jetons pas nos détritus, nous ne salissons pas les endroits où l’on campe, nous respectons la nature, les propriétés privées et les lois du pays qui nous accueille… Nous vivons de près avec les populations, nous allons au hammam du quartier, nous essayons de comprendre la culture des gens que l’on rencontre.

 

Ainsi, Samir, 26 ans, du Pas-de Calais, s’est installé pour plusieurs semaines dans un quartier populaire d’Agadir, en face de la maison de l’artisan qui répare et améliore son camion. Les réparations sont conséquentes et cela prend du temps. Bien entendu le camion ne peut pas bouger, donc Samir est contraint de partager la vie du quartier. Il a très vite été adopté par les familles alentours. Il nous confie que le dernier vendredi, il a été invité à manger trois fois le couscous, dans des maisons différentes… Une fois son camion terminé, il remonte dans l’ouest de la France pour la cueillette des asperges. Mais, tombé amoureux du Maroc, il pense déjà à y revenir.


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Pendant ce temps, ses amis : Yann, Nelly, Angelino,… sont descendus sur Tafraoute, puis visiterons Ouarzazate et iront à Zagora pour assister à un festival de musique. Ensuite eux aussi remonteront vers le Nord. Nous parions qu’ils attendront, avec impatience, la fin de la saison d’été pour revenir passer quelques mois au Maroc…

 

Texte et photos : Marc d’Haenen.


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Marc D'Haenen




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