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Marché russe Le Maroc à la traine. Manque de stratégie claire et mauvaise implication de l’ONMT.


Jeudi 22 Mars 2018

Le marché russe a généré 21 millions, de voyages à l’étranger en 2017. Ce n’est pas un petit marché. Pourtant le Maroc arrive à peine à enregistré 42 000 pax en 2017, contre 50 000 en 2016. Au lieu de progresser, on régresse. Par contre la Tunisie à enregistrer 550.000 arrivées en 2016. Quant au géant turc, il cartonne avec 3.700.000 clients.



 
  Le marché russe a généré 21 millions, de voyages à l’étranger en 2017. Ce n’est pas un petit marché. Pourtant le Maroc arrive à peine à enregistré 42 000 pax en 2017, contre 50 000 en 2016. Au lieu de progresser, on régresse. Par contre la Tunisie à enregistrer 550.000 arrivées en 2016. Quant au géant turc, il cartonne avec 3.700.000 clients.  Lors du salon international du tourisme MITT Moscou 2018, en trois jours plus de 23 00 visiteurs, ont découvert les produits de 1 900 exposants venus de 187 pays ; preuve que le marché russe revêt une importance place dans l’échiquier du tourisme international.
 
  IL est évident que la question qui se pose est pourquoi la Maroc traine les pays envers un grand marché ; alors que le marché a été lancé à d’Agadir, en 2000. Tout simplement par l’absence d’une stratégie claire, bien définie et bien exécutée sur le terrain. Ajouter à ceci la mauvaise implication de l’ONMT, dans le volet promotion intelligente, durable et efficace. Le volet de l’aérien est primordial dans le cadre du développement du marché du marché russe, notamment en comparaison avec la Turquie et la Tunisie.
 
 Quatre heures de vol pour la Tunisie, trois heures de vols pour la Turquie, six heures pour le Maroc. La différence est importante et fait le poids dans la négociation des tarifs et des partenariats avec les TO russes émetteurs de touristes. Il est à savoir que les plus grands TO russes, sont la propriété des Turcs : dont Coral Voyage ; Anex Tourism Group… Seule donc une stratégie à long terme qui prend en compte ce facteur aérien, peut appuyer au développement du marché russe à destination du Maroc. En fait à destination d’Agadir et de Marrakech ; les deux destinations qui reçoivent plus de 90% des touristes russes.
 
  En parallèle de l’aérien, il y a du travail sérieux à faire en matière de produit touristique adapté au marché russe : hôtels pieds dans l’eau, All Inclusive de qualité, qualité /prix, qualité de service à l’instar de la concurrence, un produit de famille avec enfants, (donc avec une animation de qualité)… Et non des moindres la langue russe qui doit être utilisée dans les établissements hôteliers et lors des excursions, comme est le cas en Turquie et en Tunisie. Lorsque vous ajoutez à cela un réseau propre de vente Turc en Russie, une gestion turque de 65% de l’aérien en Russie, on comprend beaucoup mieux pourquoi le Maroc est à la traine…
 
  La comparaison avec la Turquie et le Maroc,  permet de mieux comprendre le bien fondé du développement du marché russe ; sinon la comparaison entre le produit touristique turc et le produit marocain est du domaine de l’absurde. En effet, comment comparer une voiture de formule 1 avec une vulgaire voiture de monsieur tout le monde. Rien que la destination balnéaire Antalya englobe 500.000 lits, avec des établissements de haut de gamme, des villages de Vacances de dernières générations et des palaces de premier choix. Antalya englobe plus de 160 hôtels 5 étoiles palaces. Des golfs partout, des hôtels avec leurs propres terrains de foot ball pour la concertation des équipes de foot, en hiver…
 
  Alors que notre fameux ONMT, outil étatique chargé de la promotion touristique est en panne depuis plus de trois mois à cause du poste vacant du DG ; un poste vacant du Secrétaire Général du ministère du tourisme ; des délégués de l’ONMT à l’étranger qui pataugent dans des problèmes financiers vis à vis de leurs partenaires, les Turcs sont présents en force sur le terrain et déboursent ce qu’il faut débourser en matière de soutien à l’aérien, dans les délais. Ils organisent les eductours et des voyages de presse nombreux qu’il faut, usent des moyens de communication les plus diversifiés et les plus efficaces… Bref, le sérieux paie. La non implication de nos responsables et l’étroitesse de leur vision du développement du tourisme en dehors d’une réelle concertation avec les professionnels du tourisme, porte beaucoup de tort à notre tourisme.
 
  Moralité le manque de stratégie claire, bien coordonnée, bien conduite, à la fois en matière de valorisation du produit touristique dans toutes ses composantes, en matière de l’aérien, en matière de la promotion, principalement, ne touche pas uniquement le marché russe, mais également le marché scandinave, le marché allemand, le marché britannique etc…
 
 Alors que les autres gèrent leur tourisme avec professionnalisme ; chez nous le tourisme est encore géré avec un esprit d’amateurs. La donne se complique à chaque fois avec des décideurs, qui prennent la gestion du secteur auquel ils ne comprennent pas grand chose et qui se croient plus forts et plus intelligents que leurs prédécesseurs ne faisant que compliquer la machine touristique et faire revenir le secteur en arrière. Et dire le secteur du tourisme a été adopté il y a des années en tant que secteur économique prioritaire. Sur le papier, oui. La réalité est tout autre, malheureusement.
 
Mohamed RIAL
 






Mohamed Rial