thrmagazine

Maroc - Prisons 65 000 prisonniers au Maroc, alors que la capacité réelle des prisons est de 30 000 !


Mardi 24 Juillet 2012

Le ministre de la Justice et des libertés, Mustapha Ramid a affirmé, hier, que ce problème est dû principalement à l'accroissement relatif de la criminalité et l'absence d'un code pénal moderne.



Maroc - Prisons 65 000 prisonniers au Maroc, alors que la capacité réelle des prisons est de 30 000 !
Le ministre de la Justice et des libertés, Mustapha Ramid a affirmé, hier, que ce problème est dû principalement à l'accroissement relatif de la criminalité et l'absence d'un code pénal moderne.
 
Le ministre de la Justice et des libertés, Mustapha Ramid a affirmé, lundi, que la population carcérale au Maroc dépasse de 100% la capacité d'accueil des prisons, notant que les établissements pénitentiaires hébergent actuellement environ 65 mille prisonniers, au moment où leur capacité réelle est de près de 30 mille.

En réponse à une question orale du groupe du Progrès démocratique à la Chambre des représentants sur "le phénomène du surpeuplement des établissements pénitentiaires au Maroc", M. Ramid a relevé que ce problème est dû principalement à l'accroissement relatif de la criminalité et l'absence d'un code pénal moderne proposant d'autres alternatives à la détention préventive et aux peines en vigueur.

Il a également évoqué la problématique du pouvoir discrétionnaire des parties ayant le droit d'ordonner la détention, le parquet général et le juge d'instruction, sachant qu'une telle décision s'avère, dans la plupart des cas, "inappropriée". A ceci, a-t-il relevé, s'ajoute le non recours à d'autres alternatives comme le versement d'une caution, le contrôle judiciaire, ou encore le retard dans l'émission des jugements à l'encontre des détenus, ce qui, par conséquent, accroît le nombre des détenus préventifs.

Cette situation requiert un ensemble de mesures sur le plan législatif où financier, a souligné le ministre, indiquant, dans ce sens que la question de la politique pénale, notamment ce qui a trait à la détention préventive, sera à l'ordre du jour lors de deux séminaires prévus dans le cadre du dialogue national sur la réforme globale et profonde de la justice.

Plusieurs suggestions, à cet égard, font l'objet d'une réflexion en vue de les intégrer dans le système pénal après le dialogue national, dont les peines alternatives telles que le travail d'intérêt général en faveur d'une personne morale publique ou une association d'intérêt général, le système du Jour-amende qui consiste à verser une somme pour chaque jour d'incarcération, la possibilité pour le tribunal de suspendre partiellement les peines privatives de liberté dont la durée ne dépasse pas 10 ans ainsi que la réduction automatique de la peine.
 
MAP

Mohamed Rial