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Ouarzazate Arts Populaires L’Ahouach un riche patrimoine à bien sauvegarder.


Samedi 30 Août 2014

Selon le chercheur Ahmed Choukri «Ahouach désignait un type de patrimoine local avec des belles paroles et des danses rythmées à Ouarzazate. Le terme Ahouach est issu du mot «haouach» désignant «grouper» ou «rassembler», en référence au rôle de cet art qui rassemble les habitants.



 
  Selon le chercheur Ahmed Choukri «Ahouach désignait un type de patrimoine local avec des belles paroles et des danses rythmées à Ouarzazate. Le terme Ahouach est issu du mot «haouach» désignant «grouper» ou «rassembler», en référence au rôle de cet art qui rassemble les habitants.
 
  Malgré les transformations qu’il a connues aux niveaux de la forme et du contenu, Ahouach reste l’une des formes de la culture orale populaire, l’une des voix de la créativité artistique collective et individuelle, par laquelle les habitants chleuhs expriment leurs joies et leurs malheurs, leurs souffrances et leurs espérances. C’est aussi un art qui comporte des valeurs sociales de solidarité et de coopération.
 
  Si les générations actuelles et les touristes ne voient dans cet art expressif qu’une musique à trois dimensions (le rythme, le mouvement et la voix), puisque Ahwach n’a préservé que sa forme artistique, il était dans le passé un vecteur de valeurs éthiques et l’un des moyens de communication par excellence, précise le chercheur. Il est à noter que la femme amazigh a joué un rôle majeur dans la préservation de ce patrimoine culturel et sa transmission aux générations durant des décennies, ajoute le chercheur.
 
   De nos jours Ahouach est passé d’un patrimoine artistique  traditionnel à un simple folklore sorti de son contexte socioculturel pour devenir une animation durant les fêtes, les festivals et pour divertir des touristes. Cela se passe un peu partout dans le monde où les arts populaires sont mis en avant lors des spectacles et des cérémonies officielles. Sauf que dans plusieurs pays, ce patrimoine immatériel des arts populaires, est bien conservé, sauvegardé, étudié, mis en valeur et respecté.

  Ce n’est malheureusement pas le cas chez nous. Malgré la plus grande richesse du patrimoine aussi bien  national que régional des arts populaires, il n’existe aucun établissement de formation des jeunes pour perpétuer, cette richesse artistique, symbole civilisationnel de valeur historique et humaine, diversifié et bien particulier, voire inégalable dans le Maghreb. La grande responsabilité de la conservation de ce patrimoine qui revient de fait au gouvernement et non uniquement au ministère de la culture. Dans un sens plus large aux Pouvoirs Publics.

  En effet, à l’instar du développement de la formation dans de nombreux domaines, le patrimoine des arts populaires mérite amplement d’être l’objet d’un égard particulier à travers les formations adéquates qu’il mérite afin de lui permettre d’être plus vivant, mieux sauvegardé et bien transmissible aux générations à venir. Le cas de Ouarzazate et de la région est un cas bien particulier à ce sujet. Il est grand temps de réaliser un institut de formation et de sauvegarde des arts populaires dans la région Sud Est du pays.

  Cela ne doit pas concerner que l’Ahouach mais tous les types d’expression artistique relatives aux arts populaires aussi bien à Zagora, Errachidia, Tinghir et le Tensift… Une institution de formation doit également voir le jour à Agadir pour les arts populaires du Souss de Haha et du grand sud marocain : Tata, Guelmim, Tan Tan …). Dans l’Est marocain, Oujda doit abriter également une institution similaire de formation et de sauvegarde ; c’est le cas également pour le Nord à Tétouan etc…
  Il est grand temps que la jeunesse reprenne la relève avec une formation et une connaissance de ce patrimoine qu’on ne doit plus laisser à l’abandon car il finira pas disparaître avec les personnes âgées qui le pratiquent de nos jours et qui par la force de l’âge meurent de plus en plus, laissant ainsi un grand vide en matière de transmission (de savoir pratique) relative à tous les arts populaires dans le pays. Toute valorisation commence d’abord par une bonne conservation dans les règles de l’art, conjuguant à la fois l’aspect culturel, social, artistique et patrimonial.
  En fait, il faut faire sortir le registre des arts populaires des clichés carte postale pour consommation touristique pure. Lorsqu’on assiste aux divers spectacles présentés lors du Festival National des arts Populaires de Marrakech, on est émerveillé par la richesse, la beauté, la particularité de ce patrimoine qui couvre tout le territoire national. Hélas sans aucune valorisation à long terme à travers une formation des jeunes pour perpétuer un savoir faire et un savoir être artistique qui est entrain de disparaître à petit feu.
  Il est indiscutable qu’on ne sauvegarde pas un patrimoine immatériel par des festivals, comme le disent à chaque fois des ministres de la culture et autres responsables, ici et là, lors des ouvertures officielles, ne tient nullement la route. Ce n’est à travers des institutions de formation et de sauvegarde qu’on peut le faire et ce dans toutes les régions du Royaume et non uniquement dans deux ou trois villes, vu l’extraordinaire richesse d’un tel patrimoine populaire et culturel dans le sens noble du terme.
 
  En tout cas plus on tarde à la faire, plus le temps joue contre nous, car ces traditions culturelles pratiques, risquent de disparaître à jamais, ce qui est malheureusement le cas pour un certain nombre de savoir faire en la matière et en matière d’artisanat, aussi.
A bon entendeur, salut.

Mohamed RIAL

Mohamed Rial



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