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Ouarzazate / Tourisme Une destination sinistrée. A quand un désenclavement aérien et routier ?


Dimanche 5 Février 2012

Tout visiteur qui arrive à Ouarzazate tombe sous le charme d’une ville de grand air, sympathique, spacieuse aux habitants chaleureux et au climat sain. Tout cela est vrai, faut-il encore venir à Ouarzazate.



Ouarzazate   / Tourisme Une destination  sinistrée.  A quand un désenclavement aérien et routier ?


   En effet, la ville, ses habitants, ses élus, ses responsables et ses promoteurs et professionnels du tourisme, en premier lieu, ne cessent de réclamer depuis longtemps un désenclavement aérien et un désenclavement routier, qui ne viennent pas toujours et qui ont trop tardé à venir. Ces dernières années, le tourisme à Ouarzazate a connu de graves difficultés. Hélas lors du dernier semestre 2011, et en ce début de l’année 2012, la situation a empiré. Du jamais, une situation bien dramatique.

 

   Ouarzazate est actuellement une destination touristique sinistrée. Il ne s’agit pas là d’une ou deux établissements hôteliers qui accusent des baisses en matière de remplissage, mais de tous les établissements sans exception. Ajoutez y les agences de voyages, les restaurants, les locations de voitures, entre autres, dont l’activité avoisine le zéro depuis des mois, et vous aurez un tableau bien noir. La destination est vraiment touchée et n’arrive pas à sortir de cette situation alarmante, arrivée à son paroxysme ces derniers mois.

 

  On savait que nombreux sont les hôtels qui étaient en difficultés financières depuis des années,  ceux fermés pour manque d’activité ou pour grève illimitée du personnel, ceux en liquidation judiciaire, ceux qui n’arrivent plus à faire face à leurs charges à commencer par celle de la masse salariale, dettes, fournisseurs, électricité… Bref, la situation est vraiment dramatique et personne ne bouge le petit doigt pour faire quelque chose de positif.

   Les opérateurs et les professionnels du tourisme vivent l’amertume d’être livrés à eux- mêmes, or ils sont handicapés et ne peuvent rien faire. La balle est dans le camp des Pouvoirs Publics, avec les différents départements ministériels compétents : finances, tourisme, intérieur, équipement et transport, entre autres, mais aussi ONNT, ONDA etc… La situation ne date pas d’aujourd’hui, à croire que l’esprit d’un Maroc, utile et d’un Maroc inutile subsiste encore, c’est le sentiment qui se dégage des discussions avec la population et les opérateurs économiques.

    Il est clair que lorsque le tourisme va, tout va à Ouarzazate. Malheureusement ce n’est plus le cas ces dernières années. Lorsque de grands tournages cinématographiques se font cela fait bouger positivement l’économie locale, ce n’est plus le cas ces dernières années aussi. Les handicaps concernant l’enclavement aérien et routier n’ont que trop duré. Cela fait des années qu’on attend ce fameux tunnel, entre Marrakech et Ouarzazate qui ne vient pas. L’aérien, seul moyen qui peut drainer des clients sur Ouarzazate est quasi inexistant, sauf les fameux vols, comptés sur le doigt d’une seule main, de la compagnie nationale avec des horaires impossibles qui ne favorisent nullement la promotion et le développement touristique de la destination.

 

    Il est indiscutable que sans un bon désenclavement aérien et routier, jamais le tourisme et l’économie de Ouarzazate, ne décolleront. Dans les deux cas, c’est Marrakech qui va fournir les clients à Ouarzazate, d’abord, vu la proximité aérienne, à peine 40 mn de vol et 2H 3à avec une bonne liaison routière qui exclue le passage par Tizin  Tichka. Or c’est deux solutions réclament une politique d’intervention pratique et efficace de la part des Pouvoirs Publics. Il reste évidemment la meilleure solution qui est celle de subvention des vols en provenance directs et point à point des villes européens vers Ouarzazate.

 

    Bientôt les travaux du grand chantier de l’énergie solaire vont débuter. Se posera toujours le problème de bonnes liaisons routières et aériennes. Le projet solaire en lui –même peut servir, une fois réalisé, de bonne attraction touristique vu sa consistance, sa particularité et sa portée sur l’Environnement. Mais d’ici là, le nécessaire doit être fait, d’abord. Il est à savoir que la rayonnement touristique de Ouarzazate est de portée régionale avec des incidences positives sur Zagora (l’autre province bien enclavée également), sur Arfoud, Tinghir et Errachidia.

 

   Le ministère du tourisme doit activer  et commencer par ces régions touristiquement sinistrées plus que les autres, pour le lancement de l’Agence de  développement Touristique (ADT) et du Territoire Touristique Régional, en attendant la création de la nouvelle configuration régionale qui fera sûrement de Ouarzazate une ville chef lieu d’une nouvelle région qui englobera la province de Zagora, celle de Tinghir et Errachidia. L’actuel découpage régional n’a rien rapporté à Ouarzazate, ni à Errachidia non plus et n’a nullement servi la cause de leur développement.

 

  L’on sait bien que dans toutes ces provinces, c’est le tourisme qui fait vivre de milliers de personnes et crée des emplois directs et indirects plus que d’autres secteurs (dont l’agriculture traditionnelle dans  les oasis). Avec le tourisme exotique, celui du désert et des dunes ( Marzouga et M’Hamid Al Ghizlane), des kasbah, des randonnés typiques en pleine nature, des caravanes chamelières, des sports mécaniques ( Raids et Ralleys), le potentiel est énorme, encore fait il bien le promouvoir et le mettre en valeur.

 

    En tant qu’activité principale dans toutes ces provinces, le tourisme doit jouir de la priorité qui lui revient pour une bonne participation au développement socio-économique, à la fois local et régional. Les conflits sociaux, récupérés par certains syndicats à la recherche de plus d’adhérents et de plus de présence sur le terrain, viennent du fait d’un manque d’activité touristique, de rentabilité dans les différentes branches du secteur du tourisme et ne font que compliquer les choses encore plus.

 

    Il est certain que si les hôtels ne tournent pas bien les syndicats ont beau demander des augmentations de salaires et des avantages sociaux, qu’ils n’auront jamais, créant par là une situation de conflit permanente et bloquante entre le personnel et les propriétaires des établissements hôteliers. Par contre si la machine touristique et hôtelière tournent bien, des doléances sérieuses seront toujours satisfaites, à court et moyen terme. Hélas la situation dramatique actuelle complique les choses. On aura vu ces derniers mois, des hôtels avec quatre clients, parfois zéro client par semaine. Allez y gérer une telle situation avec toutes les charges qui tombent chaque mois. C’est impossible et économiquement handicapant et décevant.

     Moralité, il est urgent que les Pouvoirs Publics, se mobilisent comme un seul homme pour venir au secours de Ouarzazate en prenant les décisions courages et responsables qu’il faut car ni les élus, les opérateurs, encore les Autorités n’ont les moyens de le faire. La fameuse grève de trois semaines des petits taxés a démontré la fragilité de la situation due à une économie qui ne tourne pas et une absence des Autorités à travers le dialogue qu’il faut. Après le départ de Abdeslam Bekrate, pour raison de santé, on a bien senti un laisser aller dans la gestion de la chose publique.

 

  Dernièrement, le jeune Karim Kassi Lahlou, ex gouverneur de la province d’Ifrane. où il avait fait un excellent travail laissant un écho exceptionnel chez la population et les élus. Son départ était vivement regretté par tous, vu l’excellent élan de développement lancé au niveau de toute la province d’Ifrane.  Karim Kassi Lahlou a été dépêché dernièrement à Ouarzazate, pour calmer les esprits, entamer les dialogues fructueux qu’il faut et apporter son savoir faire dans le dénouement de la situation sociale, économique non réjouissantes que connaît le tourisme à Ouarzazate.

 

     Il faut reconnaître que Karim Lahlou (qui avait dirigé durant de bonnes nées le CRI d’Agadir) est connu par son esprit d’analyse, de synthèse  d’évaluation des situations critiques emprunt de la faculté et la perspicacité de proposer des solutions adéquates qu’il faut. Il saura user de sa passion dans le travail, son savoir faire cumulé sur le terrain et sa fervente volonté de servir son pays, pour mettre le doigt sur les maux qui rangent Ouarzazate, ce qui est utile et nécessaire. Il reste à accorder l’écho favorable à tout travail d’évaluation  de la situation et surtout accorder les moyens nécessaires qu’il faut.

 

   Il est certain que la cause en vaut bien la peine et Ouarzazate mérites bien les égards à plusieurs raisons dont celui qu’offre Ouarzazate avec des possibilités et potentialités touristiques formidables, à travers le ciné-tourisme, pour la concrétisation d’un vrai levier de développement socio- économique, local et régional, bien attendu, par tous, depuis des années. Avec le nouveau gouvernement politique de Benkirane, il est grand temps de passer à l’action, dans les meilleurs délais et sauver la destination de ce sinistré touristique qui la range.

                               Mohamed RIAL


Ouarzazate   / Tourisme Une destination  sinistrée.  A quand un désenclavement aérien et routier ?

A. Bekrate, à droite
A. Bekrate, à droite

Benamor au centre
Benamor au centre

Professionnels ouarzazis au Salon Top Resa Paris
Professionnels ouarzazis au Salon Top Resa Paris

Karim Kassi Lahlou
Karim Kassi Lahlou

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