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Ouarzazate, capitale mondiale de l’énergie verte Le complexe solaire : Un pas de géant dans la maîtrise de la production d’énergie à grande échelle


Vendredi 29 Juin 2012

Ville qui s’est hissée au rang des grandes destinations captant les flux du tourisme mondial grâce à ses potentialités naturelles que sont son site, son climat et son soleil, Ouarzazate s’élève, aujourd’hui, au niveau jamais atteint de capitale mondiale de l’énergie propre, captant les rayons de ce soleil et mettant en oeuvre ces mêmes potentialités dans la durabilité et la préservation de l’environnement.



Ouarzazate, capitale mondiale de l’énergie verte Le complexe solaire : Un pas de géant dans la maîtrise de la production d’énergie à grande échelle
Cette ville à vocation multiple est aujourd’hui le centre d’intérêt de la communauté financière internationale et des scientifiques qui suivent de près la réalisation du projet de centrale solaire sur son site. Parmi les premiers, la BAD (Banque Africaine de Développement) vient de consentir un prêt de 400 millions de dollars pour ce projet qui, utilisant une technologie nouvelle de production d’énergie d’origine solaire, est objet d’un grand intérêt de la part des seconds.

Le Projet de Centrale Solaire de Ouarzazate – Phase I fait partie du Plan solaire marocain qui a été élaboré dans le cadre de la stratégie énergétique du Maroc. A une échelle plus large, il s’insère dans le Plan d’Investissement pour l’énergie solaire concentrée (CSP) de la Région Moyen Orient et Afrique du Nord (MENA). Ce Plan d’investissement a été préparé avec les pays de la région sous l’égide de la BAD et de la Banque Mondiale. Il permettra aux pays participants de profiter de leurs ressources solaires pour contribuer à la lutte globale contre les effets du changement climatique tout en augmentant sensiblement la capacité mondiale de CSP installée.
 
 La réalisation de ce projet est un pas important vers la concrétisation de l’ambition clairement exprimée du Maroc de maîtriser la production à grande échelle de l’énergie solaire en vue de diversifier ses sources d’énergie, de contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de créer une industrie locale capable d’offrir au programme solaire des intrants manufacturés localement. Il est attendu du programme solaire marocain qu’il crée des emplois domestiques. A terme, il permettrait au Maroc de vendre à l’Europe de l’énergie « verte » à des tarifs rémunérateurs et en devises ; ce qui aura des conséquences positives sur sa balance commerciale.

Le royaume du Maroc a adopté en 2009 une nouvelle stratégie énergétique dont l’un des piliers est de développer le potentiel national d’énergies renouvelables en portant la part de celles-ci dans son mix énergétique de 33% en 2009 à 42% en 2020. Par ailleurs, le Maroc est caractérisé par une évolution moyenne de la demande en énergie électrique de 6% par an. Cette évolution est le fait de la croissance démographique et des besoins de développement économique du pays. Il s’y ajoute aussi l’engagement du Royaume à atteindre le taux d’électrification universel.

La Banque Africaine de Développement a assisté le Maroc depuis 2009 dans la formulation de son plan d’investissement sous le Fond pour les Technologies Propres (FTP) avec un accent particulier sur la vision ambitieuse du Maroc d’installer 2000 MW de solaire à l’horizon 2020. La Banque a ainsi la responsabilité de canaliser une partie des fonds « climat » concessionnels destinés au plan solaire marocain. Le comité du FTP a approuvé en juin 2011, un financement de 197 millions USD pour ce projet dont 100 millions USD à travers la BAD.
 
Ce projet permet à la Banque de renforcer son rôle d’acteur majeur dans le secteur d’énergie en général et de l’énergie renouvelable en particulier au Maroc et d’accompagner la croissance verte de l’économie du Royaume. Le projet figure parmi les projets innovants, destinés à appuyer des initiatives d’envergure de production d’énergie propre et ayant un effet transformateur sur les économies des pays membres régionaux bénéficiaires. Les connaissances acquises dans ce projet aideront à accélérer l’exécution de la vision marocaine de croissance verte, mais également ouvriront des opportunités de réplication dans plusieurs pays Africains. Il s’inscrit ainsi dans la vision stratégique de la Banque pour le développement du secteur énergétique africain à travers la promotion de l’accès universel selon une trajectoire de croissance faible en carbone. Enfin, ce projet fait partie des livrables du plan d’actions de la Banque pour les changements climatiques.

Le projet, la stratégie et les objectifs

Le Maroc a connu en novembre 2011 des élections législatives qui ont débouché sur la nomination d’un nouveau Gouvernement. A l’image de son prédécesseur, ce gouvernement a maintenu les mêmes axes stratégiques, définis dans son programme de développement économique et social qui repose sur la mise en oeuvre de vastes réformes stratégiques et de politiques sectorielles centrées autour de grands projets d’infrastructures. Ce programme vise à relever le défi de la compétitivité et à préserver la viabilité macroéconomique du Maroc afin de générer une croissance soutenue, apte à améliorer durablement les conditions de vie des populations.
 
La ligne directrice de ce programme repose sur les cinq piliers, suivants, en se basant sur une approche participative, intégrée et sur la corrélation entre la responsabilité et la recevabilité : accélération de la croissance à 5,5% ; faire du Maroc une plateforme d’investissement et d’exportation ; améliorer la gouvernance visant à lutter contre la corruption et l’économie de rente ; faire de la régionalisation un vecteur du développement ; et instaurer la solidarité intergénérationnelle pour la soutenabilité du développement.

Le Document de Stratégie Pays 2012-2016 prévoit, comme un des domaines de concentration, le soutien au développement des infrastructures « vertes ». Le soutien à la mise en oeuvre de la stratégie de l’énergie constitue une des activités principales.
Le projet s’inscrit donc dans ce domaine de concentration dans la mesure où il contribue à faire face à la demande croissante en énergie électrique tout en contribuant à la préservation de l’environnement et à l’atténuation du changement climatique. Sa réalisation permettra le développement des infrastructures énergétiques et soutiendra la création de nouvelles industries, notamment celles dites « vertes ».

Le projet s’inscrit également dans la mise en oeuvre de la Stratégie énergétique du Royaume, adoptée en 2009. Cette stratégie est axée sur l’amélioration de la sécurité énergétique et l’atténuation des effets sur le changement climatique tout en assurant un accès à l’énergie pour tous. Pour relever le défi de la sécurité énergétique, du développement durable et de la compétitivité, le gouvernement marocain a formulé une nouvelle stratégie énergétique axée sur 5 piliers. Les objectifs de cette stratégie sont :

- la sécurité énergétique;
- la disponibilité de l’électricité à moindre coût pour tous les ménages et toutes les entreprises ;
- la gestion de la demande d’électricité ;
-la promotion de l’expertise nationale et le développement d’un savoir-faire technologique ;
- la protection environnementale et l’atténuation du changement climatique. Pour atteindre ces objectifs, la stratégie est formulée autour des éléments clés suivants :
- diversifier et optimiser le mix énergétique autour d’une technologie compétitive et éprouvée afin de réduire la facture pétrolière de 40% d’ici 2030,
- développer le potentiel d’énergie renouvelable national,
- déclarer les améliorations de l’efficacité priorité nationale,
- explorer les ressources énergétiques en intensifiant les activités d’exploration d’hydrocarbures et développer des sources pétrolières conventionnelles et non conventionnelles,
- intégrer le marché régional de l’énergie à travers une coopération et un échange accrus avec l’UE et les autres pays maghrébins.
La mise en oeuvre de la stratégie est accompagnée de mesures organisationnelles et réglementaires permettant de donner la visibilité nécessaire à tous les opérateurs du secteur public et privé.

L’un des cinq complexes du Plan solaire

Le Projet de Centrale Solaire de Ouarzazate 1 fait partie du Plan solaire marocain élaboré dans le cadre plus vaste du Plan d’Investissement pour l’énergie solaire concentrée (CSP) de la Région MENA. Ce Plan d’investissement a été préparé sous l’égide de la BAD et de la Banque Mondiale et approuvé.

Ce plan solaire marocain, estimé à USD 9 milliards, vise à réaliser 5 complexes solaires entre 2015 et 2020 pour une capacité totale de 2000 MW. Le Maroc compte bien capitaliser sur cette expérience et réaliser ses objectifs de croissance, de réduction du chômage et de développement durable. Ce plan est renforcé par des mesures institutionnelles du gouvernement, notamment par un nouveau cadre réglementaire approprié et une transformation des acteurs du secteur électrique.

Suite à l’approbation par le Comité exécutif du FTP du projet de centrale solaire de Ouarzazate 1, en juin 2011, la Banque a la responsabilité de canaliser une partie des fonds « climat » concessionnels destinés au plan solaire marocain, soit 100 millions USD.
Le projet est cofinancé par le Fonds pour les Technologies Propres, la Banque Mondiale, l’Agence française de développement (AFD), la Banque européenne d’investissement (BEI), la Coopération allemande (KFW) et potentiellement d’autres banques commerciales et des partenaires privés. La participation de la Banque au financement du projet constitue une continuité de ses interventions dans le cadre d’opérations cofinancées avec les autres bailleurs pour supporter le secteur de l’énergie au Maroc.
Le Maroc a un avantage comparatif unique grâce à sa proximité avec les marchés ayant un fort appétit pour l’électricité verte et son interconnexion électrique avec les pays européens.

Toutefois, le projet présenté au financement de la Banque est une première phase qui n’est pas destinée à l’exportation.
Le projet revêt une importance stratégique dans le processus de dialogue sur le financement du changement climatique post Copenhague, Cancun et Durban. Il servira de pilote pour la mobilisation de financements concessionnels en partenariat avec les institutions multilatérales et bilatérales, y compris les fonds spécialisés dans le financement de la lutte contre les effets du changement climatique. La Banque est en train d’apporter toute l’assistance technique nécessaire au Maroc dans le cadre du Mécanisme pour un Développement Propre (MDP) par la CCNUCC.
 
Source  L’ OPINION

Mohamed Rial



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