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Souss Massa Chtouka Ait Baha / Agriculture Dessalement d’eau de mer. Un grand projet unique en Afrique. Au service de l’irrigation agricole et de l’eau potable. Une première mondiale.


Vendredi 5 Janvier 2018

La nappe de Chtouka par sa surexploitation accuse un déficit d’environ 60 à 80 millions de m3 par an, calculé comme la différence entre le volume renouvelable de la nappe et les prélèvements effectués sur cette dernière. Ceci crée un risque majeur pour la poursuite de l’activité agricole dans la région. Cette surexploitation de la nappe entraîne également une avancée du biseau salé dans les terres, détériorant fortement la qualité de l’eau pompée et mettant en cause plus de 3 milliards de DH d’investissements agricoles ; avec un risque alarmant et imminent de l’infiltration de l’eau de mer dans la nappe. Résultat une catastrophe en vue si rien n’est fait dans l’immédiat pour remédier cette situation dramatique.



 
  La nappe de Chtouka par sa surexploitation accuse un déficit d’environ 60 à 80 millions de m3 par an, calculé comme la différence entre le volume renouvelable de la nappe et les prélèvements  effectués sur cette dernière. Ceci crée un risque majeur pour la poursuite de l’activité agricole dans la région. Cette surexploitation de la nappe entraîne également une avancée du biseau salé dans les terres, détériorant fortement la qualité de l’eau pompée et mettant en cause plus de 3 milliards de DH d’investissements agricoles ; avec un risque alarmant et imminent de l’infiltration de l’eau de mer dans la nappe. Résultat une catastrophe en vue si rien n’est fait dans l’immédiat pour remédier cette situation dramatique.
   La plaine de Chtouka, étalée sur 1600 km2 relève de la région Souss Massa. Elle dépend administrativement de la province Chtouka Ait Baha dont la population est de 371 102 habitants avec 25 7571 70% ruraux et 11 3531 urbains (30%) selon le RGPH de 2014 (HCP). La plaine de Chtouka se caractérise par une activité agricole particulièrement bien développée et constitue même la première région primeuriste du pays. Les tomates de Chtouka - Aït Baha et les agrumes de qualité supérieure, sont le résultat d’une agriculture moderne qui n’a cessé de s’imposer sur le plan international. C’est une agriculture orientée vers l’exportation et qui fait de la région Souss-Massa une région compétitive ouverte sur le reste du monde.  Des exportations vers l’Union Européenne, l’Amérique du Nord et la Russie entre autres, la province dispose de stations d’emballage de primeurs de premier plan.  La région exporte 97/% de la tomate marocaine.
  L’agriculture moderne au niveau de cette plaine qui génère des entrées considérables en devises, occupe une main d’œuvre importante et permet le développement de l’industrie agroalimentaire. On estime ainsi que 100 000 emplois sont concernés. Les activités agricoles intenses dans cette zone nécessitent des ressources considérables en eau au regard du climat semi-aride à subdésertique qui caractérise la zone, connait des précipitations annuelles faibles et irrégulières (20 à 30 j/an), atteignant en moyenne 140 à 200 mm/an. C’est un climat qui favorise la mise en valeur agricole dans la région mais qui nécessite des ressources hydriques conséquentes. Aujourd’hui, cette zone souffre d’un manque d’eau récurrent et d’une nappe phréatique surexploitée qui atteint ses limites
 C’est dans ce contexte alarmant que le projet Chtouka initié par le ministère de l’Agriculture, des Pêches Maritimes, du Développement Rural et des Eaux et Forêts à la demande des agriculteurs et de leurs associations, est composé de deux piliers interdépendants : la sauvegarde de la nappe par la mise en place du Décret, et la production d’eau dessalée pour l’irrigation du périmètre irrigué, en substitution des volumes sur-prélevés sur la nappe. A ce sujet, un point de presse tenu à ce sujet, avec brio et des explications techniques et agricoles professionnelles de valeur, ont été délivrés au représentants des médias  par Hrou Abro, Directeur de l’ORMVA Souss Massa, accompagne de Nourreddine Kessa Chef de Département Equipement  Hydrauagicole, Responsable de suivi du projet de dessalement de chtouka, en présence  de Aissaoui Driss, chargé de communication du projet.
 
  En effet, l’initiative de mise en place d’un décret de sauvegarde de la nappe de Chtouka, déclarant l’état de pénurie de celle-ci, est née pour juguler les menaces qui pèsent sur la poursuite du système actuel d’exploitation de la nappe phréatique de la région. On estime aujourd’hui la superficie irriguée à partir de la nappe à environ 18 000 Ha.
  Premier projet de cette nature en Afrique, il s’inscrit dans le cadre d’un partenariat public-privé entre le MAPMDREF et un délégataire privé, la société Aman El Baraka. En outre, l’ensemble des acteurs de la région sont parties prenantes de sa réussite. En parallèle, l’Etat mettra en œuvre des programmes visant à accompagner les autres exploitants agricoles pour économiser l’eau d’irrigation et mieux la valoriser à travers une conversion aux cultures d’exportation sous serre.
 Une campagne de souscription est lancée en vue de faire adhérer le maximum d’agriculteurs et d’ajuster à la marge les spécifications techniques et les modalités financières sans pour autant les remettre en cause substantiellement. Ce projet vise à atteindre de nombreux objectifs durables, dont le premier est la préservation de la nappe phréatique de Chtouka, dont le déficit  hydraulique est estimé à plus de 60 millions de m3 annuellement.
  L’idée du projet trouve son origine dans l’étude de préfaisabilité, réalisée par le département de l’Agriculture avec le soutien de la FAO, complétée par celle effectuée par l’Agence du Bassin Hydraulique du Souss-Massa. Ces études ont mis en exergue le fait que le projet d’irrigation dans la zone de Chtouka à partir d’une ressource en eau non conventionnelle, à savoir l’eau de mer dessalée, est indispensable en parallèle de réelles mesures de contrôle des prélèvements sur la nappe. Cette nouvelle ressource vient en substitution partielle ou totale de l’eau prélevée dans la nappe et en complément de celle du barrage Youssef Ben Tachfine  pour les exploitations du périmètre public du Massa.
   L’agriculture moderne au niveau de cette plaine qui génère des entrées considérables en devises, occupe une main d’œuvre importante et permet le développement de l’industrie agroalimentaire. On estime ainsi que 100 000 emplois sont concernés. Les activités agricoles intenses dans cette zone nécessitent des ressources considérables en eau au regard du climat semi-aride à subdésertique qui caractérise la zone, connait des précipitations annuelles faibles et irrégulières (20 à 30 j/an), atteignant en moyenne 140 à 200 mm/an. C’est un climat qui favorise la mise en valeur agricole dans la région mais qui nécessite des ressources hydriques conséquentes. Aujourd’hui, cette zone souffre d’un manque d’eau récurrent et d’une nappe phréatique surexploitée qui atteint ses limites.
  La succession de périodes sévères de sécheresse, conjuguées à la pollution et la surexploitation des ressources en eau, risquent à terme de poser de sérieux problèmes à ce territoire, si des mesures concrètes ne sont pas prises. La gestion de la demande en eau est donc considérée comme une action prioritaire pour garantir un développement durable à cette région. Les apports annuels renouvelables de la nappe de Chtouka sont estimés à 26 Mm3.Or, le bilan au niveau de cette nappe présente un déficit récurrent (au minimum 60 Mm3/an).
 C’est ainsi que la concrétisation du projet de construction d’une unité de dessalement de l’eau de mer et la rationalisation de l’exploitation de la nappe phréatique pour maintenir et pérenniser la place de l’agriculture dans l’économie de la région permet d’envisager l’avenir avec plus de sérénité. L’une des réformes importantes adoptées par le Plan Maroc Vert est la promotion du Partenariat Public-Privé (PPP) pour la construction et/ou la gestion des infrastructures d’irrigation dans les périmètres d’irrigation.  Le coût global du projet de l’unité de dessalement de l’eau de mer, pour l’agriculture et l’eau potable est partage à hauteur de 56% par l’Etat, 39% par le Privé ( société ABENGOA), suite à un appel d’offre internationale, quant aux agriculteurs, ils représentent 5%.
 Dans ce cadre, le Ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts a initié un programme de PPP qui concerne les grands périmètres irrigués et la réalisation de nouveaux projets d’irrigation. Ce programme vise : une modernisation des périmètres d’irrigation Une meilleure efficacité hydraulique et énergétique ;
une optimisation des coûts d’exploitation et de maintenance ; l’amélioration des performances du service de l’eau ;la pérennité de l’irrigation.
  Par ailleurs, l’alimentation en eau potable du Grand Agadir en eau potable est assurée actuellement à partir des eaux souterraines de la nappe du Souss et des eaux de surface régulées par les barrages Abdelmoumen et Moulay Abdellah. Ainsi, faute de possibilité de mobiliser des ressources conventionnelles supplémentaires, le recours au dessalement d’eau de mer s’avère une solution incontournable pour faire face à la demande sans cesse croissante de la région, tant en eau potable qu’en eau d’irrigation.
  Dans ce contexte, l’ONEE avait initialement envisagé de réaliser une unité de dessalement d’eau de mer pour une capacité de production d’eau dessalée de cent mille (100.000) m3/j (1150 l/s) extensible à deux cent mille (200.000) m3/j (2300 l/s), et ce, pour couvrir les besoins en eau potable de la région jusqu’à l’horizon 2030. Il s’agit du Projet «Agadir».
   Afin  de mettre en œuvre le Projet Agadir, l’ONEE et la SEDA (Société d’Eau Dessalée d’Agadir : le partenaire privé sélectionné, filiale du Groupe ABENGOA) ont signé le 30 mai 2014, en vue du financement, de la conception, de la construction, de l’exploitation, de la maintenance et du renouvellement d’une unité de dessalement de l’eau de mer, via la technologie d’osmose inverse, une concernées, d’œuvrer pour la réalisation d’une unité de dessalement mutualisée qui se situerait dans la commune rurale de Inchaden (sud de la ville d’Agadir), dans le Parc Naturel du Souss-Massa en vue de répondre aux besoins d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation.
    La station de dessalement (technologie d’osmose inverse) sera située à 300 m de la côte et à +44m d’altitude, dans la commune d’Inchaden, au sein du Parc National du Souss Massa. Son installation sera soumise à un strict respect de l’environnement et de la biodiversité du Parc, conformément à la législation en vigueur et aux directives du Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte contre la Désertification.
  La capacité de production initiale est de deux cents soixante-quinze mille (275.000) m3/j à raison d’un débit de cent cinquante mille (150.000) m3/j pour satisfaire les besoins en eau potable, et d’un débit de cent vingt- cinq mille (125.000) m3/j pour satisfaire les besoins en eau d’irrigation. La réalisation du Projet de Mutualisation et du Système d’Irrigation atteint environ 3.837.000.000 MAD, réparti comme suit : 1.971.000.000 MAD pour la réalisation de la composante irrigation de l’Ouvrage et le Système d’Irrigation ; et 1.866.000.000 MAD pour la réalisation de la composante eau potable de l’Ouvrage. Afin de financer les investissements ci- dessus, les Parties ont fait appel aux sources suivantes:
  Une Contribution Publique à concurrence de 1.858.000.000 MAD ; Des fonds propres de 399.000.000 MAD des Actionnaires Initiaux des partenaires privés ; Participation des agriculteurs à concurrence de 88.000.000 MAD (10 000 /ha). Un financement bancaire à concurrence de 1.497.000.000 MAD. Quant au tarif d’eau sont taxé à 5 dhs HT et 5,4 dhs TTC le m3 rendu à la borne, soit 19 440 dhs par an et par ha souscrit. La durée du partenariat sera de 30 ans, dont 2 ans et 8 mois ans pour la conception et la réalisation (études et construction) des ouvrages et 27 ans et 4 mois pour leur exploitation.
   S’agissant de la rémunération des partenaires privés, Aman El Baraka sera rémunéré par une redevance d’irrigation recouvrée auprès des agriculteurs sur la base des quantités d’eau qu’ils consomment à un tarif fixé par l’Etat valant 5 dhs HT et 5,4 dhs TTC. Ce tarif est indexé sur l’évolution du niveau général des prix dans le pays. La société SEDA sera rémunérée par une redevance d’eau potable recouvrée auprès de l’ONEE à la sortie de l’unité de dessalement. Reste à savoir que la station de dessalement sera réalisée sur 20 ha, pour une un démarrage prévu en 2021 et une extension prévue dans l’avenir à 100% d’eau salée.
Pour en savoir plus sur ce projet unique en son genre au Maroc et en Afrique consulter : www.sauvonschtouka.ma
 
Mohamed RIAL
 





Mohamed Rial