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Tourisme : les 10 commandements de l’ANIT


Mercredi 6 Juin 2012

A l’heure où la Vision 2020 affiche de plus en plus de retard dans son exécution, l’Association Nationale des Investisseurs Touristiques (ANIT) prend les devants en présentant ses propositions pour améliorer cette Vision et sortir le secteur touristique de la crise dans laquelle il s’enfonce.



Karim Belmaachi, président de l 'ANIT
Karim Belmaachi, président de l 'ANIT

 A l’heure où la Vision 2020 affiche de plus en plus de retard dans son exécution, l’Association Nationale des Investisseurs Touristiques (ANIT) prend les devants en présentant ses propositions pour améliorer cette Vision et sortir le secteur touristique de la crise dans laquelle il s’enfonce.

 

 

Et si tous les investissements touristiques à Marrakech étaient gelés à partir de fin 2012, que se passerait-il ? «Marrakech pourrait atteindre un taux d’occupation de 63% à l’horizon 2021 à condition que le rythme des arrivées reste au moins similaire à celui de ces dix dernières années», avance Salma Benaddou, Founder & Managing Partner chez Burj Finance, cabinet commandité par l’ANIT pour évaluer la Vision 2010.

 

 La ville ocre a besoin de neuf ans pour retrouver, et même dépasser, le niveau du taux d’occupation du début des années 2000 qui était aux alentours de 52%. En effet, «le taux d’occupation a enregistré une baisse considérable de douze points par rapport à 2000. C’est un niveau en dessous du seuil minimum de rentabilité qui est de 60 %», s’alarme Karim Belmaachi, président de l’ANIT. Comment explique-t-on que l’un des plus importants indicateurs de rentabilité de l’industrie touristique puisse s’effriter de 52% à 40% en dix ans sans que les professionnels et la tutelle ne s’alarment?
 

Quand la gouvernance fait défaut !

«Les deux conditions nécessaires à la réussite d’une stratégie n’ont pas été disponibles, à savoir le pilote et les tableaux de bord», explique Salma Benaddou. Autrement dit, il n’y avait aucun organisme qui gardait à l’oeil les indicateurs du secteur. Pis encore, tous les regards se tournaient seulement vers les grands objectifs de la Vision, à savoir les dix millions de touristes et la capacité litière à créer, sans se soucier de coordonner ces deux objectifs avec le reste de ceux de la Vision, dont un très important : la diversification de la capacité litière.

 

En effet, la Vision 2010 cherchait à inverser la tendance selon laquelle la capacité litière de l’offre culturelle dépassait celle de l’offre balnéaire. En chiffres, à fin 2010, le Maroc devait avoir une capacité de 71% pour le balnéaire contre 29% pour le culturel. Cependant, «tout ce qui a été réalisé n’a fait que renforcer le mix initial en mettant plus d’offres dans le culturel et moins dans le balnéaire», s’insurge, Salma Benaddou. Les investisseurs ont été livrés à eux-mêmes. Ils se sont donc tous rués vers les destinations en vogue, à l’exemple de Marrakech, en délaissant les autres régions. Résultat des courses, le renforcement des capacités litières s’est fait d’une manière déséquilibrée, sans être corrélé aux besoins réels du marché. Sans oublier, bien évidemment, l’échec du Plan Azur qui n’a pas manqué d’avoir d’énormes répercussions sur les réalisations de la Vision 2010.

 

Des séjours qui s’écourtent…

Entre- temps, la durée moyenne du séjour, qui est un autre indicateur important du secteur, s’est petit à petit réduite comme une peau de chagrin. Le nombre total de nuitées n’arrivait pas à amorcer la vitesse de croisière pour atteindre l’objectif fixé dans la Vision 2010 qui était de l’ordre de 50 millions de nuitées. Le bilan, au bout de dix ans, ne met en avant que 18 millions de nuitées réalisées avec une durée moyenne de séjour de 3,4 jours contre un objectif escompté de 6,5 jours. Ce qui n’a fait qu’enfoncer davantage le secteur touristique.

 

«Le Maroc est très sensible à la durée de séjour», explique Burj Finance. Pour le démontrer, celui-ci effectue une simulation en prenant comme exemple la ville de Casablanca. Si la durée moyenne du séjour augmente d’une nuitée, l’effet sur le taux d’occupation est saisissant. Il passera à 57%. Pour deux nuitées supplémentaires, il atteint 70%. C’est dire l’importante corrélation entre ces deux indicateurs et leur fort impact sur la rentabilité du secteur dans sa globalité.

 

La crise est là !

Donc, la crise est là et bien là ! Le cumul entre les ratés de la Vision 2010 et le contexte structurel et conjoncturel du tourisme mondial ont fait chavirer le secteur. Mais tout n’est pas perdu. «La crise que nous vivons est alarmante, mais nous continuons à croire au potentiel du secteur», affirme Karim Belmaachi, président de l’ANIT. C’est le message que les investisseurs touristiques marocains veulent absolument faire passer aux opérateurs et acteurs du secteur. Pour cela, leur association a émis une liste de recommandations à apporter à la Vision 2020 pour éviter les erreurs passées.

 

Les dix recommandations portées par l’ANIT ont été livrées au ministère de tutelle. Actuellement, «des commissions bipartites sont en train d’étudier la faisabilité de ces recommandations et leur mise en oeuvre», confie Karim Belmaachi. L’association, qui vient de régler ses différends avec la Fédération Nationale de Tourisme à laquelle elle est désormais affiliée, insiste sur le point de la gouvernance comme début de toute réforme ou réflexion. Il s’agit notamment de la mise en place effective, dès 2012, de la Haute Autorité du Tourisme et des agences de développement touristique. Il est aussi préconisé par l’Association, de finaliser les stations Azur, quitte même à geler dans un premier temps tous les autres projets nouveaux ou annoncés et non encore démarrés.

 

Par ailleurs, le Fonds Marocain pour le Développement Touristique et le Fonds Wessal font l’objet d’une réflexion de la part de l’Association des Investisseurs Touristiques. «Nous demandons la clarification du rôle de ces fonds qui présente une certaine opacité», avance Karim Belmaachi. Il s’agit pour l’ANIT de clarifier le rôle, les moyens et le mode d’intervention de ces deux instruments financiers.

 

L’Association a aussi évoqué le budget de promotion qui nécessite une réelle réévaluation. «Doubler le budget tout en diversifiant les sources de financement», lancent les investisseurs touristiques. La diversification du Mix client, l’encouragement de la rénovation du parc existant, le soutien de l’aérien, la refonte des modes d’investissement touristiques, l’autorisation de nouveaux outils de financement… , sont tout autant de volets évoqués par le président de l’ANIT.

 

Ce dernier va même jusqu’à appeler à une refonte globale de la charte de la fiscalité du secteur. Certaines demandes sont du domaine du possible, d’autres le sont moins ! Mais ce qui est certain, c’est que si changement il y a, ce sera pour 2013 ! D’ici là, les investisseurs touristiques tentent de faire passer ces recommandations sans lesquelles, la Vision 2020 risque d’être une Vision 2010 bis ! 

 

Les 10 recommandations de l’ANIT

1. Mettre en place les organes de gouvernance.

2. Finaliser les stations Azur quitte à geler les projets annoncés, non encore démarrés.

3. Augmenter le budget de promotion.

4. Clarifier le rôle du FMDT.

5. Diversifier le mix client.

6. Rénover le parc hôtelier existant

7. Soutenir l’aérien.

8. Refondre l’investissement touristique.

9. Activer les SIIC (Sociétés d’Investissement Immobilier cotées) et OPCI (Organismes de Placements collectifs en Immobilier) comme nouveau mode de financement.

10. Clarifier le rôle des banques dans le financement du secteur.

 

 Source : Challenge   Hayat Gharbaoui


Mohamed Rial




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